lundi 1 juin 2009

Diamonds Are Forever



alias : Les diamants sont éternels
1971

Cinéaste : Guy Hamilton
Comédiens: Desmond Llewelyn - Bernard Lee - Sean Connery - Jill St. John - Charles Gray - Lana Wood - Jimmy Dean - Bruce Cabot - Putter Smith - Bruce Glover - Lois Maxwell



Quelle drôle de sensation. Jusqu'à cette revoyure, ce James Bond était l'un de mes -si ce n'est "mon"- préférés. Je le sirotais volontiers comme un bonbon doux, sucré, festif, plein de saveurs colorées, un joyeux mélange entre rigueur et virilité connerienne et humour gadgétoïde moorien, une sorte d'adieu en beauté pour le grand échalas d'Ecosse et ouverture à la nouvelle génération.
Or, il se trouve que j'ai été déçu, le trouvant même plat par moments. L'ai-je trop reluqué, ce film? Cette histoire me parait plus invraisemblable. Bordel, depuis quand un James Bond doit être vraisemblable? Qu'est-ce qui m'arrive? Est-ce la médiocrité de la copie qui m'a accroché l'oeil et restreint le plaisir tout con de l'enfant? Probable.



Ce crû est pourtant doté d'éléments plein de grâce : d'une part une Shirley Bassey qui entonne un entrainant Diamonds are forever qui restera un des tous meilleurs airs de la franchise (franchement!) et d'autre part un Ken Adam aux décors aussi bandants que farfelus.
Ce type là a installé son style si particulier qu'il semble intrinsèquement lié au genre. Le film d'action-espionnage doit beaucoup à l'école Adam. Mike Myers ne s'y est pas trompé quand il s'est agi de concocter un style de décor parodique : le futurisme improbable, les bases souterraines et néanmoins ultramodernes, en plastiques et métaux rutilants, où gadgets et décoration pop cultivent l'extravagance inquiétante du SPECTRE. La construction graphique de cette terrifiante démesure appartient totalement à Ken Adam. Ces diamonds m'auront permis d'hurler mon admiration pour cet artiste.

Le casting me paraissait plus flamboyant. Pourquoi un tel désamour? Etrange. Charles Gray campait dans mes souvenirs un Blofeld ambigu à souhait, avec une affirmation homosexuelle qu se révèle aujourd'hui un peu factice, et surtout un peu ridicule, voire grossière (scène travestie, à l'humour un poil homophobe), en tout cas, très vieillie.

Ce même humour prévaut dans la caractérisation du couple meurtrier mister Kidd (Putter Smith) et mister Wint (Bruce Glover). Pourtant en ce qui les concerne, ils me paraissent plutôt bien écrits. Incohérence de ma part, j'en conviens. Des deux acteurs, seul Putting Smith joue bien. Il donne tout le sel à la complicité amoureuse du couple. Glover se contente malheureusement de répondre.

Des James Bond Girls, Lana Wood a certainement l'une des plus belles poitrines de l'histoire de la série, mais son rôle reste anecdotique, son apparition ne se remarque qu'à peine.

Jill St John est très belle, mais son personnage perd en densité au fur et à mesure que le personnage que joue James Bond prend du galon à ses yeux. Il me semblait là encore que cette louve apprivoisée suscitait de bien plus humides émois. Il lui manque quelque chose. Difficle d'identifier vraiment ce manque.


Du reste, il n'y a pas qu'elle que j'ai du mal à analyser. Léger éloignement pour mon ancien James Bond favori.

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