jeudi 21 septembre 2017

Mortelle randonnée



1983

Titre original : Mortelle randonnée
Titre anglophone : Deadly circuit

Cinéaste: Claude Miller
Comédiens: Michel Serrault - Isabelle Adjani - Guy Marchand - Stéphane Audran

Notice SC
Notice IMDB

Vu en dvd

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Ancienne critique :


Un film qui m'a décontenancé à plusieurs reprises. Ce n'est pas désagréable d'être bousculé de temps en temps. On peut appeler ça de la surprise aussi. Agréable d'autant qu'on se laisse facilement absorbé par ce récit d'allure ordinaire, mais plein de chausse-trappes. Ici ou là, un mot, un acte, un regard auquel on ne s'attend pas.
Le spectateur est immergé dans un récit marécageux. Comme embourbé plutôt. On s'y déplace avec difficulté, le récit prenant des virages en aiguille sans arrêt. Ça pique. Au final, qu'avons nous vu? Un trajet réel? Un rêve? N'avons-nous pas voyager dans les méandres de la folie du personnage de Serrault? Tout cela n'est-il pas une mascarade? Certains moments le laissent à penser : le barrage forcé, l'espèce de télépathie entre "l’œil" et Catherine. Plus probablement, est-ce à une lente dérive fantasmatique, à un grand délire pathétique de "l’œil" que Miller et la famille Audiard nous invitent avec grâce, subtilité et élégance.
Le scénario est aux petits oignons. Le jeu des comédiens est magnifique. Serrault va même certainement au-delà (une de ses meilleures performances, nul doute).
Certains plans sont magnifiques, étonnent tant la réalisation de Miller semble parfois bien fade. J'aime beaucoup le cadre de présentation de l'hôtel du globe par ex. Les intérieurs rappellent certains plans toc, mais non sans charme 80's, de Garde à vue. Je regrette assez amèrement de l'avoir vu sur Cinépolar qui nous a livré là une copie souvent crasseuse, baveuse.
Outre le jeu des comédiens, c'est donc le flou dans lequel les personnages baignent continuellement qui m'a particulièrement plu.
Je regrette également une bande musicale totalement en décalage, parfois grotesque. Une musique de film comique. On s'attend quasiment à des tagada tsouin tsouins. J'exagère un chouïa. Bref, l'accompagnement musical n'a pas fait son boulot et a dérangé l'imprégnation à laquelle je me laissais aller avec délice. Véritable écharde.
Nouvelle critique :

C’est fou les différences qu’il y a entre ce film et Garde à vue que j’ai revu récemment aussi! Un gouffre!
Mortelle randonnée est déconcertant. On ne sait trop sur quel pied danser entre la diversité de tonalités du film et des personnages. Entre comédie loufoque et road-movie tragique, le scénario ne choisit véritablement jamais. J’ai été plusieurs fois décontenancé. Il y a bien des choses qui m'échappent encore. Je pourrais donner beaucoup d’exemples, mais le plus parlant reste le personnage joué par Stéphane Audran,
quelle drôle d’idée! Quel personnage fantasque! Avoir choisi une des plus belles actrices françaises pour en faire un laideron complexé semble convenir pour une blague de potache, mais l’est-elle pour un film à l’ambition un tant soit peu sérieuse?
Voilà, on retombe sur cette sempiternelle question : quelle est le propos du film? Je le situe mal. Cette incapacité m’indispose légèrement. Elle me sort du film à plusieurs reprises.
Mais dans le même temps, cela colore le film de nuances assez rares. Peut-être que fondamentalement, c’est le trop grand nombre de personnages qui rend l’adhésion à l’ensemble trop compliquée?
Ou alors, peut-être que le duo à distance que nous jouent Isabelle Adjani et Michel Serrault cultive une ambiguïté dérangeante au final ? Je crois que cela vient du jeu d’Isabelle Adjani, un jeu on ne peut plus ampoulé, boursouflé d’effets, d’oeillades, de poses alambiquées et artificielles. Elle joue les petites filles espiègles puis soudain devient mante religieuse au regard vide. Sans doute que le personnage exige cette sorte de parure, mais que la comédienne rend un poil trop grotesque. Entre les deux comédiens, seule la scène à l'hôtel est très belle, poignante. Seulement à ce moment, l’actrice est enfin naturelle et sincère. Son personnage ôte le masque du clown.
video
Le reste du temps, on ne comprend pas si les deux personnages sont connectés. Comment le seraient-ils? Les intentions restent parfois floues pour le personnage de Serrault. Son obsession a bon dos.

J’espère que le roman expose plus nettement le trajet de ces deux personnages parce que dans le film le voyage est difficile à suivre.
Trombi:
Macha Méril:

Guy Marchand:

Geneviève Page:

Sami Frey:

Dominique Frot:

Patrick Bouchitey:

Isabelle Ho:

Michel Such:

Jean-Claude Brialy:

Etienne Chicot:

Philippe Lelièvre:

Charles Gassot:?

François Bernheim:

Jeanne Herviale:

Franca Tamantini:

Rodolfo De Souza:

Serge Berry:

Jean-Paul Comart:

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Les trois sœurs Darnum - Sabarra



1995

Titre original : Les trois soeurs Darnum, tome 1
Autre titre : Les trois soeurs Darnum - Sabarra

Auteur: Ardem (Alain Mounier)
Dessinateur: Ardem (Alain Mounier)

Editeur: Glénat

Notice Bédéthèque
Notice SC
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Les trois sœurs Darnum est la 2e bédé que Ardem sort chez Glénat. Elle date de 1995, c'est à dire en même temps que les premières bédés livrées chez Média 1000, mais le style est tout de même légèrement différent.

Que ce soit pour les personnages ou pour les décors, il me semble que le dessinateur a cherché à peaufiner au maximum les détails, chargeant un peu plus qu'à l'habitude ses cases. Ce n'est pas un reproche, même si j'aime bien la simplicité, l'épure de son style par ailleurs.

Ici le style est plus baroque. Sans doute que le thème s’y prête davantage ? Le monde dans lequel se déroule ce récit est futuriste. Il rappelle par sa fantaisie la vision métallique d’un Blade runner. L’imagination est sollicitée dans l’extravagance comme souvent dans le genre, c’est un risque que courent tous ceux s’imaginent l’avenir sans trop de barrières raisonnables.

Cependant, l’œuvre est tout de même avant tout erotique. Sur ce point, Ardem ne lache curieusement pas trop la bride à son récit comme il le fait d’habitude. Bien sûr, l’humiliation demeure l’essence de son histoire. Mais, si le propos est résolument pornographique, l’auteur ne manie pas non plus son crescendo habituel dans la violence des rapports humains. Certes, les dialogues sont parfois très crus, ne lésinant pas sur l’obscène, mais Ardem a montré une capacité à dessiner bien pire sur d’autres albums.

Ici peut-être que la ligne chez Glénat ne pouvait s’accommoder d’une trop grande dureté de ton. Attention, la montée de tension existe bel et bien dans cet ouvrage, néanmoins elle n’atteint pas les niveaux que l’auteur aime à côtoyer de coutume. Peut-être d’ailleurs que c’est pour cette raison qu’il n’a pas été donné suite à ce premier épisode comme il était semble-t-il prévu, qu’Ardem était déjà allé trop loin ou qu’on ne lui a pas laissé suffisamment de liberté ?

Quoiqu’il en soit, j’ai beaucoup aimé la conduite du récit, alors qu’elle n’est pas aussi franche qu’à l’habitude. Le scénario plus compliqué exige davantage du lecteur. Les allers et venues entre les deux premières sœurs, puis à la fin avec la troisième, bousculent la.cohésion de l’ensemble, rendent difficile l’aération de l’histoire.

Ajoutons à cela un graphisme plus sombre, avec des cases volontiers plus chargées de noir par exemple. Tout cela contribue à faire de la lecture une expérience un peu plus laborieuse, mais l’immersion dans ce monde étrange, à la dépravation opulente reste très agréable. À tel point que l’on regrette que ce premier tome soit encore de nos jours le dernier de la série.