mardi 29 mai 2012

The thing



1982

Alias: L'effroyable chose

Alias: La chose

Cinéaste:
John Carpenter
Comédiens:
Kurt Russell -Wilford Brimley -Keith David -T.K. Carter -Richard Dysart -Richard Masur

Notice Abordages
Notice Imdb
Notice Cinéprofil
Vu en dvd


Dans la filmographie rock'n'roll de John Carpenter, souvent rutilante et chromée, à la noirceur urbaine et métallique, cette "chose" vient vraiment d'un autre monde. Dans les blanches horizontales de cette banquise, il s'avère plus difficile de distinguer les habituels repères que le maître a su poser jusque là pour marquer son territoire d'un style tellement reconnaissable qu'aux premières mesures d'un synthétiseur ou bien avec ces délicats travellings cinémascopés, on sait de suite qu’il est aux manettes.


Quelques plans d'expositions, sans humanité visible dans la base scientifique ou dans ces superbes décors naturels, comme lors de cette virée nocturne dans la ville abandonnée aux brumes maléfiques de "Fog" où seuls quelques néons clignotants assurent un peu de vie.


Puis la cadence d'un son métallique, à la modernité artificielle, bassement matérielle et inquiétante, impose à elle seule un rythme angoissant, une respiration trop espacée pour être humaine mais bel et bien vivante, celle d'un être inconnu, de cette chose multiforme que les effets spéciaux faits mains magnifient. Je ne sais pas quels étaient les termes de la collaboration entre John Carpenter et Ennio Morricone mais la teinte musicale est avant tout carpentienne, ce qui ne laisse pas de m'étonner.

Visuellement, les maquettes sont bien plus belles et efficaces que l'imagerie 3D ; m'est avis que cela donne plus de chair, de matière, de pesanteur aux bébettes, les rend plus effrayantes. Paradoxalement, la rigidité des mouvements, la manque de fluidité des gestes qui sont effectivement bien visibles donnent beaucoup plus de caractère au spectacle formel et en crédibilise davantage l'impact. C'est vraiment étonnant comme ressenti, mais bien entendu, frêlement personnel. D'aucun pourraient arguer du contraire.



Ce qui compte, c'est le plaisir à suivre l'histoire et les personnages, or l'espèce de huis clos que Carpenter met en place dans l'espace restreint de cette base scientifique devient très vite étouffante. En réutilisant les formats paranoïaques des peurs maccarthystes, Carpenter fait appel aux mythiques films SF des années 50 et y agglomère les angoisses des années 80, nées de la crise.

Les personnages à la coolitude rock'n'roll laissent suinter un certain cynisme. Désabusés par le rêve américain, ils n'en sont pas moins des proies coriaces pour le breakfast de l'alien. Leur bon sens pratique lui donne du fil à retordre, car John Carpenter croit dur comme fer que le rock est la solution ultime. Dans le plupart de ses films, le héros rocknrollien parvient à se dépatouiller d'une situation a priori inextricable. MacReady joué par Kurt Russell

ressemble beaucoup à Snake Plissken qu'il avait interprété quelques années auparavant pour le même cinéaste, même attributs individualistes, même sens pratique exacerbé de la survie en milieu hostile, avec la barbe en plus.

Ce "regard", soutenu par le solo d'une gratte furieuse et entrainante, marque le cinéma des années 80. Je suis pratiquement sûr qu'il n'y aurait pas eu de perfecto pour le terminator sans John Carpenter. Ça vous pose un monument, non?

Trombi:
Wilford Brimley:

T.K. Carter:

Keith David:

David Clennon:

Richard Dysart:

Donald Moffat:

Charles Hallahan:

Peter Maloney:

Richard Masur:

Thomas G. Waites :

vendredi 18 mai 2012

Sur la piste du Marsupilami



2012

Cinéaste:Alain Chabat
Comédiens:
Jamel Debbouze -Alain Chabat -Fred Testot -Lambert Wilson -Géraldine Nakache -Liya Kebede

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en salle

Faut-il parler de déception dans la mesure où je peux difficilement dire que j'avais misé énormément sur ce film?

Évidemment que le public visé ne correspond pas trop à ma pomme. C'est un film pour les enfants avant tout.

Toutefois, j'osai espérer peut-être un film plus percutant de la part d'Alain Chabat. Oh, il n'est pas mauvais mais souffre de déséquilibres assez contrariants notamment de préjudiciables baisses de rythme, caractéristiques plutôt inattendues pour l'ancien "Nul".

Un film moyennement maitrisé et doté de quelques scènes hilarantes permet donc de faire passer à un adulte un agréable moment, somme toute. Et puis les gamins adorent et c'est bien là l'essentiel.

On a par conséquent tout intérêt à prendre ce film pour ce qu'il est : un film d'acteurs où Lambert Wilson

fait un numéro exceptionnel, où Jamel Debbouze et Alain Chabat
forment un tandem vraiment succulent et où la face rondo-vicelarde de Patrick Timsit me ravit.

Quel dommage que la comédie s'assoupisse ainsi de temps en temps pour des raisons inconnues! Le film aurait pu être pétaradant et jouissif de bout en bout, il est parfois drôle et parfois très inerte.

Mini trombi:
Géraldine Nakache et Fred Testot:

Liya Kebede (au centre):

mardi 15 mai 2012

Courage fuyons



1979
Alias: Courage - Let's Run


Cinéaste:
Yves Robert
Comédiens:
Jean Rochefort -Catherine Deneuve -Philippe Leroy -Michel Beaune

Notice Abordages
Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu sur le net


J'ai pour Yves Robert plus que de l'affection, une admiration dont les bornes sont un peu floues. Bien entendu, le diptyque quadras de l'éléphant au paradis fait figure d'Everest indépassable, néanmoins j'osai croire que "Courage fuyons" pouvait se faufiler à une belle place dans le classement des films intimes de Robert et je pense ne pas m'être trompé.


Vu quand j'étais marmot, j'en avais pas gardé un souvenir impérissable, si ce n'est ce gag d'un Jean Rochefort faisant de grands gestes menaçants devant un homme à qui il demande un renseignement banal pour faire croire à Catherine Deneuve qu'il le tance comme elle venait de lui en faire la demande. Les premières minutes faisant la présentation du "complexe" de ce personnage lâche, infoutu d'affronter le danger sous toutes ses formes sont hilarantes.

Mais j'ai craint quelques temps que le tableau ne finisse par être trop chargé et les scènes trop répétitives à la longue. La lassitude née de ce mono-gag était un écueil massif que Jean-Loup Dabadie et Yves Robert ont su éviter avec maestria en densifiant davantage les personnages.

Et c'est ce qui me charme le plus dans ce cinéma, cette écriture à la fois drôle et touchante, c'est que le lâche n'est pas seulement comique mais se teinte de tragique, préférant maladivement éluder le conflit jusqu'à ne plus vivre réellement. Quand il feint l'amnésie afin d'éviter sa femme, son désamour, ses colères et la mort, il s'enterre dans une existence tronquée et prend des allures de héros romantique dont le ridicule donne une étrange et poétique couleur. Et pour nous, de découvrir un être inédit, produisant une émotion surprenante, entre rires et larmes.

Mais ces indices de pathos ne dépassent jamais la légèreté de tonalité qu'Yves Robert installe de bout en bout de sa filmographie. Vous noterez en effet que les personnages de ses films s'imaginent toujours victimes d'un monde hostile et se protègent vainement contre des vents qu'ils croient contraires, avec le regard vide des êtres démunis face au sort.

Qui, en France, pouvait mieux que Jean Rochefort
incarner un tel archétype de personnage? Avec son air de cocker triste, cette allure un brin guindée, ces yeux bleus rêveurs?
Face à lui, Catherine Deneuve

joue une femme joliment insaisissable, ce moderne amalgame de femme offensive et fragile, un rôle en chair, bien en chair, délicieuse bourrasque de cheveux blonds.


Pas le meilleur d'Yves Robert mais indiscutablement intelligent, le film fait partie d'une même famille, accueillante, légère et souriante avec ce petit brin de voix mélancolique qui relie à la vraie vie.

Trombi:
Philippe Leroy:

Michel Beaune:

Robert Webber:

Christophe Bourseiller:

Dominique Lavanant:

Michel Aumont:

Eliane Borras:

Christian Charmetant et Nathalie Mazeas?

Janine Souchon:

Gérard Darmon:

Bernard Charlan, Michel Bonnet et Roland Malet?: