dimanche 27 janvier 2013

Mulholland Dr


2001 
Alias: Mulholland Drive

Cinéaste: David Lynch
Comédiens: Naomi Watts - Laura Harring

Notice Cinéprofil
Notice SC
Notice Imdb

Vu en blu ray



Tout d'abord, petit préambule sur la médiocre qualité du blu-ray Studio Canal, infoutu d'offrir les détails et contrastes qu'on est en droit d'attendre d'un format pareil. Grosses déception : c'est assez rare pour le signaler. Ici le blu ray est au mieux au niveau d'un dvd de qualité un peu plus que moyenne. Par conséquent, difficile d'apprécier visuellement le film, d'autant plus que la photographie de Peter Deming est souvent baveuse, veloutée. La démesure des halos nocturnes en est l'illustration la plus frappante. Aussi ce genre de photo ne souffre-t-elle guère l'approximation, ce qui est malheureusement le cas avec ce Studio Canal. On est loin de la rigueur et du travail d'orfèvre des derniers blu-ray Criterion ou Carlotta que j'ai vus récemment. Passons au film.



Je ne l'avais jamais vu. Je ne suis pas adepte de David Lynch. Sans y être non plus réfractaire. Je ne suis juste pas attiré, cependant, difficile d'échapper aux discours la plupart dithyrambiques des cinéphiles à son sujet et plus particulièrement à propos de ce film-là. De ce que j'avais retenu entre autres, c'est le fait que le film n'était pas facilement compréhensible qui avait notablement retenu mon attention. Et vous savez comment fonctionne notre entendement : "pas facilement compréhensible" se confond alors avec "imbitable". Ce qui est parfaitement con. Je m'attendais donc à quelque chose de confus, d'inepte. Allai-je être confronté à  un film aussi désorienté qu'Holy Motors? Point du tout. Bien au contraire! Mulholland Dr. me parait très lisible. Certes, la construction narrative sur la fin change de point de vue à plusieurs reprises. En effet, cette histoire reste bien mystérieuse une très longue partie du film, mais à la fin, tous les éléments un peu nébuleux retrouvent places et sens de façon pour le moins évidente. Tout devient logique et cohérent. Rien à voir avec Holy Motors donc. Mulholland Dr. n'est en aucun cas un objet foutraque, sans queue ni tête, ni même un truc difficile d'accès. Si l'on prend bien soin de voir le film de bout en bout, on n'aura pas de soucis de compréhension.



Le fait est que beaucoup de cinéphiles adorent ce film et que j'aurais pour le moment du mal à en faire partie. J'ai aimé le film, mais sans parvenir à ressentir le grand frisson esthétique, intellectuel ni même émotionnel.


J'ai trouvé le récit de cette histoire d'amour contrarié, de jalousie et de folie très astucieusement mené. C'est un fait : réussir à décrire ce rêve et la manière dont il se fracasse au réveil, de façon aussi limpide est en soi un exploit spectaculaire. David Lynch parvient avec une belle aisance à mettre clairement son récit en image. Sur ce point c'est plutôt bluffant.


Cependant, j'ai ressenti non pas des longueurs à proprement parler, mais j'ai cru sentir que certains mouvements de caméra ou certaines séquences avec des répétitions s'étiraient un peu trop. Un montage un peu plus resserré n'aurait pas été de refus. Je sais bien que Lynch attendait de son montage qu'il créât une sorte de suspension du temps, mais je me demande s'il ne pouvait pas y parvenir sans cela.

C'est d'autant plus vrai que l'excellente musique de Angelo Badalamenti ralentit déjà convenablement l'action. Certes, ce rythme très doux, calme, donne un temps de réflexion au spectateur pour démêler le vrai du faux, apprécier le jeu des actrices... heu, de l'actrice Naomi Watts devrais-je dire, parce que celui de Laura Harring est beaucoup moins flamboyant. Son personnage de paumée ne lui laisse guère d'étendue pour faire la démonstration de sa richesse de jeu. Au contraire, Naomi Watts incarne un personnage de plus en plus compliqué, haut en couleurs, c'est le moins que l'on puisse dire. Quoiqu'il en soit, le scénario leur réserve de quoi prouver la force de leur investissement dans le projet artistique de David Lynch. C'est peut-être là une "réflexion" de non-acteur.


Voilà donc un moment agréable, un parcours curieux et finalement très sensé dans un monde onirique où la douleur des sentiments celle de l'espoir déçu trouvent en la personne de Naomie Watts est une très belle incarnation.


Mini trombi:
Laura Harring:

Naomi Watts:

Justin Theroux:

Dan Hedaya:

Robert Forster et Brent Briscoe:


Chad Everett:

 Jeanne Bates et Dan Birnbaum:

 Patrick Fischler:

Michael J. Anderson et Joseph Kearney:

Monty Montgomery:

Angelo Badalamenti:

Rebekah Del Rio:

Mark Pellegrino:

samedi 26 janvier 2013

Australia


2008

Cinéaste: Baz Luhrmann
Comédiens: Hugh Jackman - Nicole Kidman - David Wenham

Notice Imdb
Notice SC

Vu en blu-ray



Foutre dieu! Cela faisait longtemps que je n'avais vu aussi mauvais film! Une douleur dans l'anus qui n'en finit pratiquement jamais de dégouliner, sirupeuse, grasse et pestilentielle. On a droit à tous ces petits signaux qui clignotent de plus en plus vivement jusqu'à nous aveugler et qui expriment la médiocrité dans tous les domaines. Nous avons là tous les ingrédients du nanar : mieux vaut donc en rire. C'est le parti que j'ai pris. Je parie que beaucoup prendront celui d'arrêter les frais, mais c'est un réflexe que je n'ai plus que pour les bouquins. Je vais toujours au bout des merdes filmiques qu'il m'arrive de me mettre devant les yeux. Celle-ci, je la dois à ma femme qui a ramené cette chose de la médiathèque Fellini. Confiant, je ne pouvais deviner l'horrible calvaire qui allait suivre. Inconscient que j'étais!

Et vlan, d'abord, ce qui m'arrache l’œil, c'est le traitement numérique de l'image, quasi continu que ce soit pour masquer le tournage en studio, les ridules de madame ou cartepostaliser les paysages. Le film est censé magnifier ces derniers, or la plupart des séquences sont tournées en boite devant un fond vert (ou bleu). De plus, on a droit à toute la palette des filtres possibles et imaginables : à croire que tous les évènements qui touchent les personnages ne se déroulent qu'à l'aube ou au crépuscule. Si encore, c'était bien fait, mais les effets spéciaux sont très voyants et par conséquent très rapidement ils deviennent indigestes.

Mais encore, le pire est dans le montage ultra rapide et l'entrecroisement de séquences formant un magma d'images syncopées que j'exècre dès le départ. Tout ça sur... tenez-vous bien... 2h47! Ils sont fous! Un nanar, on peut l'aimer aussi parce que ça s'arrête à un moment raisonnable. Là, non, ça n'en finit pas d'étirer une histoire, d'un mièvre... mamma mia! Barbara Cartland peut aller se rhabiller. Chiantissime et tellement prévisible, on se coltine cette histoire sans qu'il y ait jamais la moindre surprise. Les lieux communs s'alignent sagement, imperturbablement, les uns après les autres et l'on se demande comment ils ont pu oser écrire un truc pareil à notre époque, comment des acteurs ont pu se dire que tout ce fatras scénaristique allait tenir la route. Qu'ont-ils à gagner tous ceux qui ont participé de cette ineptie? Je suis évidemment sur le cul devant l'inanité d'une telle production. C'est tout bêtement incroyable!

La musique de David Hirschfelder est à l'unisson : lénifiante, conventionnelle et d'ores et déjà passée aux oubliettes. Bien entendu, on a prévu de mettre de la culture aborigène, ça fait partie du folklore incontournable, à base de magie, de poésie naturaliste et autres clichetons. C'est bien simple, l'impression d'être devant une carte postale de l'Australie avec tout ce que cela comporte d'aspect promotionnel, de catalogage, de fausseté en somme, cette impression s'impose en continu et emporte tout possibilité de sauvetage.


Les acteurs sont des stéréotypes sur pattes. Les pauvres, ils sont sûrement les plus à plaindre! La botoxée Nicole Kidman 

(dieu que cette femme était belle et aurait pu être merveilleusement ridée! Quel gâchis bistourique!) est boursouflée d'émotions. Proche de l'hystérie. Quant àHugh Jackman,
pâle imitation de Crocodile Dundee et de Clint Eastwood, il joue au cow-boy sur fond vert, avec tout ce que cela a de pitoyable en fin de compte. Avec deux expressions constipées de tout le film, David Wenham 
n'a pas l'heur de nous offrir une prestation bien plus stimulante. En méchant basique, au contraire, il nous ennuie à mourir. Les acteurs ne parviennent donc pas à dégager une émotion réelle, toute simple, trop chargés qu'ils sont par la pompe de la mise en scène qui les submerge.

On en sourit, mais au fond, tout cela débouche sur quelque chose d'assez triste. L'absence de talent manifeste de bout en bout est éreintante. C'est officiel, le cachet de la poste faisant foi : Baz Luhrmann fait des films insupportables. J'avais déjà essayé "Moulin rouge", mais je n'avais pas eu le courage d'aller au delà de la demi-heure de ce dégueulement de brouhahas (avec je ne sais plus quel Rivette, ce sont là les deux films que je n'ai pas vu jusqu'au bout). Bref, ce cinéaste fait un cinéma lourd, empesé. Je crois bien qu'il fait partie de mon panthéon de cinéastes honnis, naturellement, comme si mon instinct de survie m'indiquait dans le creux de l'oreille que tout cela n'était pas bon pour ma santé cinéphile. Beuark.

Mini trombi:
Bryan Brown:

David Gulpilil:

Jack Thompson:
Brandon Walters:

Ursula Yovich:

samedi 19 janvier 2013

Panelkapcsolat


1982
Alias: Rapports préfabriqués
Alias: The prefab people

Cinéaste: Béla Tarr
Comédiens: Judit Pogány - Róbert Koltai

Notice Imdb
Notice Cinéprofil
Notice SC

Vu en dvd






Très vite, on rentre dans le lard du sujet : un couple se sépare. Dans un noir et blanc très sombre -je ne sais si c'est ma vieille téloche ou l'édition ou la compression qui déconne... plus sûrement une option cinématographique du cinéaste- Béla Tarr pose le spectateur dans le fauteuil du témoin. Témoins nous sommes de petites scénettes en flash-back des petites crises qui éclatent avant la rupture totale. Explosions qui évoquent Cassavetes, j'ai pensé à ce cinéma tout de suite : la caméra est proche des protagonistes, ils se parlent beaucoup, se crient dessus, cherchent, peinent, pleurent, se regardent... Elle déplore beaucoup, lui semble déjà construire son départ sans s'y résigner. Tout fait défaut à ce couple qui a perdu quelque chose en route. Elle ne le voit pas. Lui non plus. Nous voyons tout.
La réalisation frôle le documentaire par moments. Le bal notamment parait avoir été tourné dans une vraie soirée. Les visages respirent l'authenticité.
Les comédiens sont tout simplement formidables. Ce Róbert Koltai, je le connaissais déjà l'ayant découvert récemment dans l'Egészséges erotika de Timar, mais j'ai la nette conviction que je re-découvre effectivement, puisque ici on change totalement de registre, à l'évidence. Tout en justesse, à l'économie, loin du délire comique du film de Timar.
Elle, Judit Pogány m'a époustouflé. Les longs plans dont est friand Tarr sur ce film permettent de prendre la mesure de cette comédienne, de son sens du rythme, de son haletante prestation.
La longueur de certains plans est on ne peut plus justifiée. C'est en grande partie ces longueurs qui reflètent la lente érosion des sentiments de ce couple. C'est finement observé, finement écrit, soit finement filmé.

Un court mais bon film.