samedi 27 juillet 2013

Californication saison 2


2007
Saison 2, 12 épisodes

Réalisateurs:David Duchovny - David Von Ancken - Michael Lehmann - Jake Kasdan - Daniel Ducovny - Adam Bernstein - Bart Freundlic
Comédiens:David Duchovny- Natascha McElhone - Madeleine Martin

Notice SC
Notice IMDB

Vu en dvd

Critique de Californication saison 3





Dans la première saison, j'avais cru apercevoir ici ou là quelques effluves de puritanisme mal caché, notamment dans le regard posé sur Hank Moody (David Duchovny), écrivain hédoniste malheureux d'être amoureux d'une femme qui ne ne l'aimait plus.

Sur la fin de la saison, je découvrai avec stupeur que Karen (Natascha McElhone), qui se refusait à lui, était capable du pire, à savoir du revirement le plus cruel et le plus puéril qui soit. Or, sur cette 2e saison, son personnage enfonce le clou de l'infantilisme et devient un des plus insupportables personnages qu'il m'ait été de suivre dans une série. Continuellement sur le dos d'Hank, elle abat un boulot monstre à le castrer (et pas seulement sur le plan métaphorique), à le vilipender pour un oui ou un non, à lui faire une morale continue, à l'engueuler, à lui faire des reproches la plupart du temps totalement injustifiés, tout en lui refusant la réciproque, alors qu'elle est manifestement plus immature que lui et d'une malhonnêteté intersidérale. En fait, elle passe son temps à faire une espèce de chantage affectif, à reprendre ce qu'elle lui avait donné, à redonner ce qu'elle va ensuite lui reprendre, et ainsi de suite, comme une petite fille égocentrique à qui l'on a envie de mettre plus d'une fois une bonne paire de claques. De fait, la fin de la saison 2  laisse espérer une saison 3 un peu plus aérée de ce point de vue. Reste qu'on a peine à comprendre ce que Hank peut trouver à cette folle, si tant est que les choses de l'amour puissent être compréhensibles. L'actrice est très belle, mais le personnage est à vomir.

Heureusement, avec cette saison 2, je me rends mieux compte que la série ne repose pas seulement sur ce couple aberrant. Il y a cette très relation fusionnelle entre Hank et sa fille Becca (Madeleine Martin).
La jeune actrice a jeu très particulier. Son allure guindée, un peu rigide ne doit pas empêcher le spectateur d'apprécier sur certaines scènes la précision et la justesse de son jeu. De prime abord, on pourrait la croire malhabile, il n'en est rien. En tout cas, son jeu atypique se révèle parfois remarquable. Cette saison 2 est peut-être un peu moins "parlante" sur cette relation filiale. Il me semble que la 1ère saison l'abordait avec plus de régularité, s'appuyait davantage sur elle pour contre-balancer le dysfonctionnement du couple Hank/Karen.


Mais il y a un autre couple qui me plait bien, c'est celui des amis Marcy (Pamela Adlon)
et Charlie (Evan Handler).
Déjà lors de la saison 1, le marivaudage désastreux de Charlie était l'occasion de sketchs rigolos, plutôt festif dans l'humour. Ce couple là est essentiellement comique, peut-être plus rock'n roll qu'Hank. Dans le sens libertaire anar, il se pose là! Mais dans cette saison 2, le couple est encore plus en vedette, pour le meilleur comme le pire. Dans un premier temps, leur complicité donne lieu à un festival de n'importenaouquerie de la plus belle eau, explosion joyeuse de drôleries conjugales : les répliques de Marcy sont souvent jubilatoires et montrent que les auteurs de la série prennent autant sinon plus de plaisir à lui faire dire des insanités ou des mots d'esprit qu'avec Hank. Elle est le vecteur de saillies verbales qui rappellent la liberté et la percussion des meilleurs. Dans un second temps, leur évolution prend une tournure moins heureuse, mais leur parcours reste attendrissant.

Il y a un personnage qui continue d'être plutôt emmerdant : Mia (Madeline Zima) se révèle sans doute encore plus creuse et chiante que dans la saison 1. Vivement qu'elle grandisse et apporte quelque chose de plus juteux, parce que là encore elle reste invisible.

Petite découverte intéressante, la venue de Lew Ashby (Callum Keith Rennie)
se révèle surprenante. Tout d'abord personnage un peu vain, il apporte une note à la fois humoristique et touchante aussi. Par moments magicien trouble, inquiétant à d'autres, l'acteur joue très bien sur l’ambiguïté du personnage pour composer quelqu'un de solide et bien réel en fin de compte. J'apprécie son jeu et l'évolution du personnage. Bonne surprise!

A part pour Karen qui tend vers des sommets de caricature, la série tient plutôt bien la route cette saison. J'ai eu peur qu'on s’appesantisse sur la relation Karen/Hank, or, ce n'est pas le cas. J'ai bien ri et les personnages deviennent de plus en plus attachants.
Trombi:
Paula Marshall :

Angus Macfadyen:
Zita Vass:

 Michelle Lombardo:
 
 David Fabrizio:

Sheri Moon Zombie:

 Brian Posehn:
Carla Gallo:

Rachel Miner:

Paul Rae:

Alexander Lyras:

Samantha Maloney:

Judy Greer:

 Ezra Miller:

Paul Zies:

Colin Malone:

Meredith Monroe:

Hal Ozsan:

Mädchen Amick:

Carly Pope:

Vincent Angell:

 John Scarangello:

Justine Bateman:

Michaela Watkins:

Paola Turbay:

 Tehmina Sunny:

 Paul Lieber:
Nick Steele:

jeudi 25 juillet 2013

L'inconnu du lac


2013

Cinéaste:Alain Guiraudie
Comédiens:Patrick d'Assumçao - Christophe Paou - Pierre Deladonchamps

Notice SC
Notice Imdb
Notice Cinéprofil

Notice de Jack Sullivan

Vu en salle

 J'ai vu là un film somme toute agréable, mais je m'attendais à bien plus. Je suis allé le voir parce que j'en avais entendu que du bien et parce que des crétins homophobes ou sexophobes en ont fait une publicité énorme. Peut-être aurais-je loupé ce film s'il n'y avait cette superbe promotion en forme de censure sur les affiches.

Les critiques à Cannes évoquaient la beauté du film. Comme je les lis ou les écoute paresseusement, je m'en suis tenu à ce que j'ai cru, qu'il s'agissait de beauté humaine, relationnelle. Or le terme me parait excessif, que ce soit sur le plan des rapports humains, mais même au niveau formel.

Il y a dans ce film des propositions intéressantes qui en font un bon film : un bon scénario, une bonne mise en scène, de bons comédiens, une bonne photo, mais au bout du compte, je ne suis pas spécialement emporté par l'histoire, ce que ne me fera pas dépasser les 7/10.

Le montage est probablement l'élément qui m'a le plus perturbé. Le seul même. A plusieurs reprises, je suis sorti du film ayant compris le sens de la durée de certaines scènes, cette attente qui fait le quotidien des personnages, mais espérant qu'enfin le film passe à autre chose. Certaines séquences s'étirent presque à l'infini, comme le bruit du vent et le chant des cigales qui n'en finissent pas de remplir le film de leurs musiques. D'ailleurs, il n'y a rien d'autre : la nature, les hommes et ce qu'ils ont dans le corps et le cœur. Pas d'autres sons que les mots qu'ils prononcent, le bruissement de l'herbe sous leurs pas, le craquement de galets, les branches sous le vent, le moteur des voitures qui se garent dans le parking sauvage, les halètements de plaisir dans les buissons. Le ronron quotidien de ce bois au bord du lac s'étire comme un long après-midi d'été. Alors, tout à fait logiquement Alain Guiraudie s'appuie sur un montage très large et allonge outre mesure ses séquences pour faire goûter aux spectateurs la lenteur, le laisser-aller de ces journées passées au bord de l'eau. Le farniente n'en est pas réellement un, tout le monde vient avec ses raisons, mais justifie amplement le parti pris du montage. Le résultat est là : je ne peux m'empêcher de voir la démesure de ce rythme et je sors systématiquement du film. Trop souvent. Je finis par m'en irriter quelques fois. Je suis persuadé que c'est la raison essentielle qui explique mon manque d'enthousiasme à la fin.

Car par ailleurs le film est très bien fait. D'abord cette histoire est plutôt bien écrite. La lente mais inéluctable chute du cœur vers l'abîme de l'amour est narrée avec soin et sensibilité. Les scènes de cul sont crues mais bien filmées, et surtout tout à fait légitimes. Elles racontent comment l'abandon au plaisir du corps se fond dans celui du cœur, avec la même volupté.

Quelle est la portée véritable de cette histoire? Se contente-t-elle de raconter cela? Pas sûr. Conte de fée, légende noire, petit chaperon rose, grand méchant loup aux belles bacchantes, l'amour rend aveugle, rite sacrificiel, orgasmes telluriques, allégorie mythologique? Que sais-je encore... En tout cas, la construction du récit en trois actes est bien équilibrée, sollicite l'attention continue, suscitant surprise, inquiétude, puis angoisse et peut-être incompréhension et donc interrogations. L'histoire de cul côtoie l'histoire d'amitié, la contemplation des jeux de l'amour comme ceux de la nature, puis le crime amène un autre type de tension, une autre attente, des mystères, du suspense, une peur réelle, viscérale, l'horreur : l'agneau appelle la bête. On est là potentiellement devant une réflexion philosophique, sur l’extrémisme des sentiments qui peut amener les hommes à ne pas pouvoir s'en détacher, malgré la violence ou la mort.

Guiraudie  utilise de nombreux plans fixes. L'austérité apparente de la mise en image ne doit pas être sous-estimée. D'abord parce qu'elle n'est pas véritablement ressentie comme telle. Le découpage de la plupart des scènes donne beaucoup de vie aux échanges et au récit en général. Le travail sur l'image a dû être difficile par moments : de nombreuses scènes se déroulent entre chiens et loups, la lumière vacille entre ombre et lumière. Et de ce point de vue, la maitrise dont fait preuve Claire Mathon, la directrice photo, donne une autre belle caractéristique à ce film.

L'autre grand atout est la distribution. En dehors de Jérôme Chappatte, flic enquêteur un peu trop artificiellement étrange, l'ensemble du casting est bon, voire très bon. Celui qui rafle la mise sur ce point est sans nul doute permis Patrick d'Assumçao. Très sobre, il donne à son personnage une belle part de mystère. J'aime bien également Christophe Paou.

Un film intéressant, loin d'allumer en moi les petits voyants de l'enthousiasme pétillant, L'inconnu du lac est néanmoins un film qui m'a intrigué, qui est assez bien conçu et réalisé.