mercredi 24 juillet 2013

Bringing up baby

1938

Alias: L'impossible monsieur Bébé

Cinéaste: Howard Hawks
Comédiens: Katharine Hepburn - Cary Grant - Charles Ruggles

Notice SC
Notice Imdb
Notice Cinéprofil

Vu en dvd




Ma femme et moi avions emprunté "Un million clé en main" à la médiathèque. Ce soir-là, nous nous apprêtions, tout joyeux et avides de voir un film avec Cary Grant et Myrna Loy, à passer une agréable soirée. Mais v'la-t-il pas que ces crétins (je pourrais être plus grossier tellement ils sont cons) chez Montparnasse ont eu la brillante idée de ne proposer sur leur dvd qu'un audio français. Déjà que ce genre de film ne doit pas se vendre à la pelle, si en plus, ces imbéciles le font comme des gorets en ne proposant pas au public acheteur une version originale... on marche sur la tête parfois. Il y en a comme ça qui ont de la peine à user de leur cervelle.

Bref, frustrés, nous nous sommes rabattus sur ce "Bringing up baby", vu en ce qui me concerne il y a trop longtemps. Il me fallait ma dose de Cary Grant et un Hawks ferait l'affaire, d'évidence. Une grande screw-ball comedy pour se remettre sur les rails du plaisir vieillot : rien de mieux! Rien de plus efficace surtout.

Comme il se doit, le rythme est trépidant. Le débit des dialogues, sans frein apparent, mitraille le récit.

Les acteurs sont tous excellents, des premiers aux seconds rôles. Chez ces derniers, celui qui sort du lot est sans nulle conteste Charles Ruggles avec un adorable petit bonhomme. Je ne saurais dire au juste ce qui me charme chez lui : sa tête d'ahuri, ces airs de gentleman policé mais dont l'assurance est prise au dépourvu devant les incongruités de Cary Grant ou un léopard grognon?

Le jeune Cary Grant est au meilleur de sa forme, devant le cataclysme sur belles gambettes que représente Katharine Hepburn, on se prend de pitié pour lui, puis on l'envie. Avec l'aisance faussement gauche (oui ça se peut) qu'on lui connait, celle allure dégingandée mais follement séduisante, il traine un corps de scientifique aussi myope que niais.

Pauvre petit souris dans les griffes de la formidable Katharine Hepburn.
A priori, comme ça au débotté, si l'on me parle d'elle, je n'ai pas de petite lumière qui s'allume. Je n'ai pas été marqué par un de ses films en particulier. Et là, ce soir, je prends soudain conscience que cette femme a un foutu coffre. Son rôle est très difficile, jonglant avec toutes sortes d'émotions, montant vers des tessitures élevées, jouant les femmes sûres de leur fait, comme les petites filles prises au dépourvu, avec une facilité et une assurance qui forcent les applaudissements. Devant ces prouesses, je suis à la fois ébloui, plein d'admiration et également beaucoup plus enclin à comprendre que le personnage de Cary Grant tombe amoureux d'elle. Il fallait la fougue et l'adresse de cette comédienne pour cette histoire d'amour fonctionne.

Et l'on comprend d'autant plus aisément que cette comédie, parmi tant d'autres, soit connue et reconnue comme une des meilleures. Le rythme est la clé de la mise en scène chez Howard Hawks, une clé vitale pour le genre. Ici grâce à sa direction d'acteurs très précise, grâce à un montage suffisamment serré qui laisse ce qu'il faut aux acteurs pour leurs répliques, grâce enfin à sa réalisation souple, allant au plus simple, Howard Hawks signe un spectacle qui va directement droit sur l'os. Oh, ce n'est pas un scoop évidemment, mais disons qu'il est bon de rappeler les fondamentaux : Hawks fait partie de ces cinéastes "assurance tout risque", vous pouvez prendre n'importe quel film du réalisateur, au hasard, et vous êtes sûr de tomber sur un bon film, bien charpenté, bien filmé, bien mis en scène.

Explosions souriantes, patchwork de loufoqueries, tracasseries des sentiments animent cette splendide comédie romantique qui mérite le regard et les revoyures.

Trombi:
Walter Catlett:


May Robson:
Fritz Feld:

Tala Birell:
Virginia Walker:

Leona Roberts:
Barry Fitzgerald:

George Irving (centre):

 Ward Bond (center):

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