samedi 24 juin 2017

Doctor Strange



2016

Titre original : Doctor Strange

Cinéaste: Scott Derrickson
Comédiens: Benedict Cumberbatch - Chiwetel Ejiofor - Mads Mikkelsen - Tilda Swinton

Notice IMDB
Notice SC

Vu en streaming

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Un film d'effets spéciaux qui ne vaut que pour son acteur principal Benedict Cumberbatch. Cette histoire compliquée mêlant charabia ésotérique, réalités multiples et mysticisme asiatique est un peu embourbée par ces boursouflures. Heureusement Benedict Cumberbatch est doté d’un personnage très pince sans rire, volontiers moqueur et dont l’ironie mordante vient alléger le dispositif sinon empesé et tellement trop sérieux.
Ce scénario est si chargé par ses circonvolutions internes que les personnages secondaires apparaissent un peu vides de sens. Seule Tilda Swinton
enfermée dans un mensonge-dilemme a quelque chose à faire valoir dans cette histoire.
Mais, Mads Mikkelsen par exemple semble dénué d’intérêt alors qu’il joue un traître.
Le côté baroque des effets spéciaux alourdit davantage l’ensemble. Depuis Inception, la mode des environnements se métamorphosant, des réalités parallèles est semble-t-il très en vogue en ce moment. Et Hollywood s’en repaît, mais par pitié, n’en jetez plus, on a compris! Donc le service “Effets spéciaux” s’amuse pendant qu’on s’ennuie devant ces images qu’on a déjà vues de façades mouvantes, de plafonds qui se retournent, etc.

Non, le seul intérêt du film réside dans ce formidable acteur cabotin de l’extrême, qui met toute sa morgue altière et comique à la fois dans un personnage qui se transforme lui aussi, petit à petit. Sans lui, le film aurait été sûrement d’un insupportable ennui.

Mini trombi:
Chiwetel Ejiofor:

Benedict Wong:

vendredi 23 juin 2017

Ambre, le banquet de Crassus



1991

Titre original : Ambre, le banquet de Crassus
Autre titre : Vae Victis tome 01

Auteur: Simon Rocca
Dessinateur : Jean-Yves Mitton

Editeur: Soleil noir

ISBN:2-87764-077-9

Notice SC
Notice Bédéthèque

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Mitton et Rocca se proposent de nous immerger dans l’Histoire antique et plus particulièrement dans les méandres bien compliqués de la guerre des Gaules. L’entreprise est osée tant les données politiques sont rendues compliquées par un grand nombre de peuples gaulois et germains impliqués, aux ambitions parfois diamétralement opposées.
Par conséquent, les Gaules sont un enchevêtrement dense de peuples aux diplomaties très difficiles à comprendre. D’ailleurs, l’album, malgré les efforts évidents concédés à éclaircir ce magma confus d’alliances, peine à trouver une réelle efficacité didactique. Devant ce style de planches très chargées en détails et en texte, comme condensées, le lecteur peut rester en retrait tant certains passages demeurent rébarbatifs.
Mais, a priori, je dirais que l’idée de prendre comme héroïne principale une gauloise et d’en faire le fil conducteur à travers cette histoire alambiquée me séduit d’emblée, prometteuse. Je suppose, vu le grand nombre d’albums à suivre, que la série réussit à asseoir ce personnage et à le mettre suffisamment en bien en scène pour cela perdure.
Le trait de Mitton est un trait ancien, qui rappelle celui qu’on voyait dans les petits formats des années 50 à 70, proche de l’école franco-belge, mais un peu moins rond, plus saillant et vif. On pense à Ric Hochet, à Rahan, etc, si l’on brasse large. J’aime beaucoup ce trait même s’il manque parfois de réalisme curieusement et surtout même s’il est très marqué par son époque. Je crois savoir que Mitton a travaillé dans les petits formats un temps. Rien d’étonnant donc.

Ce premier épisode est très linéaire, se bat continuellement avec ses soucis pédagogiques (si je puis dire) car il entend expliquer ce que sont les enjeux politiques à la veille du déclenchement de la guerre des Gaules. Tâche ingrate, ardue qui pèse d’un trop grand poids sur la lecture. Mais le trait plein de détails, bien que daté, me plait toujours autant.

mercredi 21 juin 2017

Le provincial



1990

Titre original : Le provincial

Cinéaste: Christian Gion
Comédiens: Roland Giraud - Gabrielle Lazure - Michel Galabru

Notice SC
Notice Imdb

Vu à la télé

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Le provincial, comme pratiquement tous les films de Christian Gion, est construit sur l'obsession du rapport à l'autre, de l'étiquette sociale et son corollaire excluant. Abordant ce thème sous ses différentes spécificités tout le long de sa filmographie, Gion oriente son scénario sur la vision condescendante de Paris sur la province, ou plus généralement de la ville sur la campagne.
Pour lui donner plus de poids, Christian Gion, au scénario comme à la mise en scène, s'appuie sur le canevas classique de la comédie romantique. Si par le passé, le cinéaste n’a pas hésité à user d’un comique prononcé, physique avec des gags plus ou moins drôles, ce Provincial fait preuve davantage de retenue, se concentrant sur les enjeux affectifs entre Bernard (Roland Giraud), un célibataire, guide de montagne pyrénéen et Nathalie (Gabrielle Lazure),
pubarde parisienne qui se rencontrent à l’occasion de repérages avant le tournage d’une pub en montagne.
De même, la relation entre Bernard et Ernest Cazavant joué par un très étonnant et toujours excellent Michel Galabru
ne manque pas d’intérêt. Le vieil acteur alterne savamment entre émotion à fleur de peau et grandes gueulantes dont il a le secret. Et au détour d’une scène de restaurant où il se confie à Giraud, il nous prend aux tripes, avec un rien, une voix qui déraille et des yeux qui s’embuent. Chapeau l’artiste!
Le couple Lazure/Giraud fonctionne plutôt bien. Mais je dois avouer que c’est Roland Giraud
qui me fait la plus belle impression. Son jeu est sacrément sûr, sobre comme il faut, projetant une belle sensibilité sur son personnage.
Face à lui, Gabrielle Lazure
a un rôle un brin plus compliqué, celui de la jeune femme altière et guindée, quelque peu froide pour tout dire. Fut un temps où sa blondeur m’émouvait force 6-7 sur l'échelle de Grace Kelly. Et le temps a passé. J’ai l'impression qu'il lui manque un peu de chair, de sensualité, de force de caractère pour créer cette petite étincelle de charme qui nous marque de façon indélébile.
Si, encore une fois avec Christian Gion, on peut déplorer une certaine forme de naïveté dans le fond comme dans la forme, il n’en demeure pas moins vrai que sa tendresse évidente pour ses personnages finit toujours par toucher le spectateur, sauf à y être désespérément insensible. Dans ce Provincial peut-être plus que dans ses autres films, cette démonstration d'affection même pour son personnage principal est plus que manifeste. Roland Giraud n’est jamais pris en défaut face à ses adversaires du moment, des monstres de snobisme qui, opposés à de bien plus grandes forces, révèlent le pire : une lâcheté doublée d’inconsistance qui met d'autant en valeur la constance et la pureté du héros principal.

En outre, Christian Gion donne à sa thèse un écrin qui, à titre personnel, me touche aisément : le Sud-Ouest, les Pyrénées. Entre palombières, match de rugby, paysages, langue et accent, l’environnement m’est tellement familier, je suis naturellement déjà séduit. Aujourd’hui que j’ai migré vers un sud plus méditerranéen, la parfum gascon et les souvenirs de jeunesse viennent chatouiller ma fibre nostalgique, forcément, et rendent le visionnage plus agréable sans doute.
Trombi:
Pierre Maguelon: (gauche, left)
Jean-Marie Galey (left gauche)

Aphrodisia



1997

Titre original : Aphrodisia
Autre titre: Druuna, tome 6

Auteur : Paolo Eleuteri Serpieri
Dessinateur : Paolo Eleuteri Serpieri
Editeur: Bagheera, Glénat

ISBN 2-908406-50-0

Notice SC
Notice Bédéthèque

Critique Tome 1 Morbus Gravis
Critique Tome 2 Druuna
Critique Tome 3 Creatura
Critique Tome 4 Carnivora
Critique Tome 5 Mandragora

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Encore une fois très verbeux, ce 6e album semble compiler ou résumer une bonne partie de l’intrigue. Comme pour y mettre un point final. A la fin de l’aventure, on a l’impression d’avoir bouclé là la boucle, d’en avoir fini avec l’univers onirique de Lewis que mêlait les souvenirs et les tréfonds des âmes de nombreux personnages. Les deux albums qui restent seront-ils toujours aussi confus?
Celui-ci, à force de questionnements déjà posés à plusieurs reprises dans les tomes précédents, interdit une lecture vraiment fluide. Les allers-retours entre réel et rêve sont toujours aussi complexes et n’aident pas vraiment à donner de la cohérence à l’ensemble. Cependant, Serpieri semble avoir alléger les situations, au moins dans le nombre.
Les ingrédients de la recette “Druuna” sont toujours là : sexualité, monstruosité, onirisme, espace et décors grandioses, mondes en perdition. J’ai toutefois le sentiment que l’érotisme est un peu moins sollicité. Il se cantonne à deux ou trois épisodes très localisés dans le récit, particulièrement corsés, j’en conviens, mais la majeure partie de l’ouvrage est bien dévolue aux questions métaphysiques des personnages et à cette errance sans fin.
De grandes cases offrent aux décors de magnifiques écrins qui présentent les situations avec précision et également une poésie de plus en plus désespérée. Le travail sur les couleurs me paraît même encore plus soigneux et maîtrisé, plus sûr. Esthétiquement, peut-être que ce Aphrodisia est l’album le plus convaincant. Le travail de Serpieri est épatant. L’on sent que le dessinateur prend plaisir. La lecture s’en ressent dans la mesure où l’on s’arrête très souvent sur certaines cases pour en admirer la finesse et la richesse du dessin ou de la colorisation.

Visuellement magnifique, ce 6e album paraît confus et les larges bulles explicatives essaient maladroitement d’éclairer le fil narratif. Je préfère tout de même retenir la forme tellement enthousiasmante.