dimanche 28 mai 2017

Les voleurs du marsupilami



1952

Titre original: Les voleurs du Marsupilami
Autre titre : Spirou et Fantasio, tome 5

Auteur: André Franquin
Dessinateur: André Franquin
Editeur: Dupuis

Notice SC
Notice Bédéthèque
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Cette cinquième aventure ne m’a pas vraiment enthousiasmé, de façon très surprenante. Elle est plutôt bien fichue pourtant. Mais je la trouve un poil trop ordinaire, pas assez explosive, ni exotique. Il y a pourtant le Marsupilami et un certain suspense. Le comte de Champignac est sollicité une nouvelle fois dans une sorte de caméo, une brève participation. Mais c’est trop court.

Reste que malgré les poursuites et les bastons, l’histoire ne réserve guère de grande surprise. On a quelques jolis cadres, avec des décors bien foutus, bien dans la tradition de ce que Franquin sait admirablement faire, qui décrivent très bien l’époque. J’aime beaucoup son dessin, même s’il n’est pas totalement libéré encore de l’académisme bédé du temps.

Je retiendrais que Franquin s’amuse, semble-t-il, à dessiner une partie de football. On se rappelle avec grand sourire les matchs de Gaston Lagaffe. Décidément, après la course automobile dans Spirou et les héritiers, Franquin aime vraisemblablement à dessiner ses héros dans les sports populaires déjà à l’époque.

Du nord au sud



1972

Titre original: Du nord au sud
Autre titre: Les tuniques bleues, tome 2

Auteur: Raoul Cauvin
Dessinateur: Louis Salvérius
Editeur: Dupuis

Notice SC
Notice Bédéthèque

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Très bon album. Pour la première fois, les tuniques bleues prennent pour cadre la guerre de Sécession. Le premier tome (Un chariot dans l’ouest) prenait celui du Far-West et ses guerres indiennes.  
On fait d’ores et déjà connaissance d’un personnage destiné à perdurer : le capitaine Stark. J’avais oublié qu’il intégrait la série aussi tôt.

Cet album déroule son récit avec habileté, grande facilité et une belle efficacité comique. Le dup Blutch/Chesterfield est redoutable. Le ressort de cette série tient à la complicité et à l’antagonisme de ces deux héros, une sorte de buddy-comic ou buddy-bédé si l’on préfère. Et cela fonctionne bien dès le départ.
 
Ici, l’aventure fait penser au film Le bon, la brute et le truand, plus précisément le passage où le bon et le truand doivent passer un pont en plein milieu d’une bataille de la guerre de Sécession. Avec rondeur, fracas mais sans jamais dépasser les bornes de la bédé pour la jeunesse, le récit emprunte à la grande Histoire sa trame et le fait avec élégance et une légère dérision plutôt intelligente.

samedi 27 mai 2017

Style wars



1983

Titre original : Style wars

Réalisateur: Tony Silver

Notice SC
Notice Imdb

Vu sur le net

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Le mois prochain, cela fera donc un an que j’aurai découvert le monde artistique propre au streetart. Depuis, il a pris une part importante dans ma vie. Avec ma femme, nous avons trouvé là un prétexte à nous balader un peu partout dans la région pour écumer les spots de streetart (Montpellier, Nîmes, Sète, Grau du Roi, Sauve,  etc). Mon compte instagram à 99% consacré au streetart (sebray34) ne désemplit pas de nos découvertes et m’a permis de deviser avec certains artistes locaux, notamment Honck qui, devant mon inculture et mon intérêt pour le streetart m’a conseillé de voir ce documentaire, alors que nous parlions du wild style.

Très bon conseil. Certes, il est question d’esthétique, de parti pris et de l’histoire stylistique du graffiti et du tag, mais bien au delà de ça, le film de Tony Silver évoque le streetart dans sa globalité, comme un fait de société, une histoire de la pratique, de la philosophie des graffeurs new-yorkais de la fin des années 70 au début des années 80.

Il traite des regards divergents, passionnés ou rebutés à l’égard de cette expression, les clivages spatiaux, sociaux, culturels, politiques qui ressortent, les conflits d’intérêts, l’engouement, le rejet viscéral, les concurrences presque tribales, etc. C’est foutrement intéressant.

D’autant plus qu’en France aujourd’hui, on retrouve certaines de ces problématiques, le plus grand écart sera sans doute trouvé dans l’appartenance sociale au quartier, propre aux USA, mais pour le reste, l’acceptation de cette forme d’art de plus en plus développée n’est pas encore tout à fait aboutie. Nombreux sont ceux qui voient dans le graffiti ou le tag une dégradation de l’espace public urbain alors que les autres y voient de l’art, un embellissement évident. Cette fracture est palpable dans le quotidien de nombreux artistes, sur le plan judiciaire notamment.

L’aspect “vandal” est également toujours revendiqué par un grand nombre d’artistes qui y voient là une forme d’expression de leur liberté aussi. Bref, le documentaire a plus de 30 ans et il est encore d’actualité, tant le streetart est devenu un objet de fascination, entre exclusion et embourgeoisement.

Tony Silver interviewe des artistes plus ou moins jeunes, dont certains sont aujourd’hui l’incarnation de l’histoire de cet art (comme Seen par exemple) et ces entretiens dynamiques, simples, intimes et intelligents assurent à la lecture une belle lisibilité. C’est fluide, jamais ennuyeux, superbe, équilibré et structuré par un montage astucieux. J’ai adoré.

vendredi 19 mai 2017

Creatura



1990

Titre francophone: Creatura
Autre titre : Druuna, tome 3

Dessinateur: Paolo Eleuteri Serpieri
Auteur: Paolo Eleuteri Serpieri

Editeur: Bagheera

Isbn: 2-908406-00-4

Notice Bédéthèque
Notice SC

Notice Tome 1 Morbus Gravis
Notice Tome 2 Druuna
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3e tome très surprenant dans la mesure où les ingrédients majeurs des deux précédents, à savoir la violence et l’érotisme sadien passent au second plan, voire au troisième.

Au contraire, Serpieri concentre cette fois son attention sur le récit, sa conduite étant, il est vrai, de plus en plus compliquée. Cette histoire nous fait voyager dans un monde toujours placé sous le signe de la dégénérescence. Mais au départ, l’on suit un groupe d’hommes sur un vaisseau spatial attiré par un bout de caillou bien étrange au fond de l’espace...

Forcément, cette proposition pour traditionnelle qu’elle soit dans la science-fiction n’en évoque pas moins d’autres œuvres du genre. On pense à Alien bien sûr, avec cette exploration d’un astéroïde à l’accueil inquiétant.

Le côté organique des décors ajoute sa petite touche exotique. Avec ces décors grandioses, éclatés, dont la sauvagerie le dispute à l’opulence, l’esthétique dégradée en même temps qu’eschatologique prend le dessus, peut-être sur l’histoire proprement dit. C’est ce que je préfère dans ce troisième tome : cet appétit qu’il a à dévorer pleinement la liberté onirique dans l’espace, aussi bien que dans le style.

L’histoire est plus complexe et rend la lecture sans doute plus périlleuse ou disons moins commode. Avec l’ajout de nombreux personnages, la trame principale que suivaient les premiers épisodes semble elle aussi en retrait. Comme si Serpieri avait ressenti une lassitude sur la première histoire, ou bien avait compris qu’elle était une voie sans issue désormais, qu’elle avait besoin d’un sérieux coup de fouet pour continuer. Serpieri a sans doute eu l’intelligence de sentir qu’il allait tourner en rond. Aussi ce tome 3 est-il le début d’une nouvelle promesse.

jeudi 18 mai 2017

Regarde les hommes tomber



1994

Titre original : Regarde les hommes tomber
Titre anglophone : See how they fall

Cinéaste: Jacques Audiard
Comédiens: Jean-Louis Trintignant - Jean Yanne - Mathieu Kassovitz

Notice Imdb
Notice SC

Vu à la télé

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J'ai un problème avec le cinéma de Jacques Audiard. Je ne parviens pas à l’apprécier, à entrer totalement en résonance avec son propos, sans aucun doute à cause de sa forme.

J’avais oublié que j’avais vu que ce film il y a longtemps. Ce n’est que sur cette revoyure que je réalise cet oubli. D’autant plus dingue qu’il a tout de même de sérieux atouts marquants à faire valoir!

D’abord, le trio d’acteurs est formidable. Mathieu Kassovitz,
 c’est peu dire! Il joue très bien le benêt, le paumé qui s’accroche désespérément à Jean-Louis Trintignant, sans en rajouter dans les effets.

Jean-Louis Trintignant est immense comme d’habitude. Avec un rôle compliqué de râleur, violent, mais qui, peu à peu, se laisse émouvoir et s’attache à son boulet.

Jean Yanne est peut-être celui qui a le rôle le plus simple à jouer. Il garde la sobriété nécessaire pour que son obsession progresse naturellement sans heurt. Très propre. On ne peut qu’applaudir devant cette direction d’acteurs impeccable.

Je me heurte plutôt au traitement esthétique, au montage très elliptique, la façon dont la caméra suit les personnages et enfin, plus généralement, la photographie très humide et froide de Gérard Sterin. L’ensemble formel me rebute. Physiquement, il est beaucoup trop associé à des images réelles de mon enfance, à un passé désagréable : l’humidité et le froid des années 70 de mon enfance. Il y a dans cette photo quelque chose de physiquement qui me dérange.

Mais ce traitement visuel est totalement légitime, j’en suis conscient : il s’agit d’une série noire. Le film a tout intérêt à concrétiser le malaise, l’espèce de précarité psychologique et matérielle des personnages.

C’est bel et bien un écueil personnel, subjectif qui altère mon sentiment à l’égard du film. Difficile pour moi de faire abstraction : le peu que j’arrive à m’imposer me certifie que le film est très bon, bien écrit, bien mis en scène et bien joué, une descente dans les abîmes maîtrisée. Me reste plus qu’à espérer que ça passe avec l’âge.

mercredi 17 mai 2017

Breaking Bad saison 3



2010

Titre original: Breaking bad

Saison 3
13 épisodes

Réalisateurs: Bryan Cranston Adam Bernstein - Michelle MacLaren - Scott Winant - Johan Renck - John Shiban - Colin Bucksey - Michael Slovis - Rian Johnson -  Vince Gilligan
Comédiens: Bryan Cranston - Anna Gunn - Aaron Paul

Notice SC
Notice  Imdb

Vu en VOD

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J’aime bien cette saison ; peut-être même est-elle celle que je préfère jusqu’à maintenant? Cela faisait longtemps que je n’avais pas suivi cette série. Aussi ai-je plaisir à retrouver d’abord les personnages, et ensuite une histoire enthousiasmante, rocambolesque, fascinante par son exubérante imagination, mêlée d’une incroyable capacité à se rendre somme toute crédible. Aussi farfelus soient les détours que prend l’histoire, on a le sentiment que les scénaristes retombent à chaque fois sur leurs pattes, avec une adresse dans l’écriture qui me laisse cette fois encore baba d’admiration.

Je ne sais au juste si c’est l’intervalle asse long que j’ai mis dans ma découverte de la série entre la saison 2 et celle-ci, ou bien si c’est la qualité propre des scénarii de cette saison 3, mais j’ai le sentiment assez net, beaucoup plus précis que la relation père-fils entre Walter White (Bryan Cranston) et Jesse Pinkman (Aaron Paul)
avait pris cette fois un caractère beaucoup plus affectif, mais surtout plus ouvert, obligeant les deux personnages à sacrifier un peu plus de leur intégrité morale pour le bien de l’autre. Logiquement, les événements le prouvent et supposent tout aussi bien que cette saison 3 ne voit que la résultante de la lente progression des sentiments filiaux qu’ils ont jusque là tissé avec plus de retenue et qui aboutit maintenant à des gestes cruciaux, signes évidents d’un point de non-retour à la fois dans leur investissement relationnel mais également de leur implication criminelle, les deux mouvements étant fortement reliés. Ils sont désormais liés. Je ne sais quel sera l’avenir de ces deux hommes dans la saison 4, mais il est clair qu’ils ont dépassé un stade majeur dans leur rapport. On verra bien comment ils vivront ce passage.... c’est en tout cas une promesse bien intrigante.

J’ai beaucoup aimé la manière dont les personnages secondaires sont intégrés à cette trame principale. C’était déjà le cas lors des saisons précédentes. Ça l’est encore. Surtout pour le personnage de Hank Schrader incarné par un toujours surprenant Dean Norris.
Son jeu marqué par un masque de virilité exacerbée et le contraste d’angoisse existentielle que l’expérience mexicaine a provoqué en lui est d’une finesse très étonnante. Sur cette saison, je suis encore plus sous le charme. Il a un rôle complexe et lui insuffle de la vie, de l’incarnation avec une précision de jeu formidable, tout en nuances, malgré les clichés que son personnage trimbale.

Pour le moment, je n’avais été épaté que modérément par les prestations de Aaron Paul.
 Or, sur cette fin de saison, l’acteur me convainc totalement. Son jeu affiche une robustesse qui jusqu’à maintenant m’avait échappé.

Bryan Cranston
 est toujours aussi bon. Il n’y a cette fois aucune surprise : il est excellent, construisant toujours aussi bien les méandres de la psychologie de ce personnage tenaillé par ses obsessions, son ego surdimensionné, ses angoisses, ses attachements sincères ou ceux plus enfouis.

Dans la distribution, mêmes les petits rôles comme celui de Betsy Brandt 
sont dessinés avec assez de précision pour marquer les esprits avec quelques scènes émotionnellement intenses.

Je suis toujours encore un peu réservé avec le comique d’un personnage comme celui de Saul (Bob Odenkirk).

A suivre. Au delà, de toute façon, de ce que peut apporter chacun dans son cadre étroit, individuel et intime, c’est bel et bien l’ensemble de la série qui fait tout exploser, que ce soit dès le scénario, dans la mise en scène, le jeu des acteurs et l’esthétique si singulière qui s’en dégage. Comment ne pas avoir envie de rester dans cette histoire, d’en connaître la suite, de voie évoluer ces personnages, ces situations? Breaking Bad fait partie de ces séries à haut pouvoir addictif.

Trombi:
Anna Gunn;

RJ Mitte;

Giancarlo Esposito:

Jonathan Banks;

Jere Burns:

Julie Dretzin:

Carmen Serano:

Luis Moncada et Daniel Moncada:

?, Tess Harper et Michael Bofshever:

Mark Margolis:

Christopher Cousins:

Javier Grajeda:

Stoney Westmoreland:

Steven Michael Quezada:

Danny Trejo:

Michael Shamus Wiles:

Jolene Purdy:

Jeremiah Bitsui:

Carole Gutierrez:

Charles Baker:

Rodney Rush:

Mark Hanson:

David Costabile;

Matt Jones;

Tom Kiesche:

Jose Avila:

Nate Mooney:

Krysten Ritter:

Emily Rios;

Mike Seal et Antonio Leyba:

Julia Minesci:

Louis Herthum:

James Ning;