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mardi 25 septembre 2018

Pulsions



1980

Titre original : Dressed to kill
Titre francophone : Pulsions

Cinéaste: Brian de Palma
Comédiens: Nancy Allen - Angie Dickinson - Michael Caine

Notice SC
Notice Imdb

Vu à la télé

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Dans la période fortement, que dis-je, suprêmement hitchcockienne de Brian de Palma, Pulsions était l’un des rares films du cinéaste que je n’avais pas eu l’occasion de voir ou alors que j’avais complètement oublié. Mais j’en doute fort, tant le film recèle de bons petits moments de cinéma et d’hommages appuyés au maître anglais.

Les marottes sexuelles goûtées par les deux réalisateurs sont ici davantage mises en avant, bien évidemment plus assumables dans les années 70. Voyeurisme, violence et frustration sexuelles, fantasmes et libido exacerbée forment un conglomérat explosif surtout dans une société américaine schizophrène baignant dans des eaux contraires, entre corsetage puritain et sur-sexualisation consumériste. Les contours sont flous et les individus en souffrent : quel personnage est véritablement en équilibre dans ce film? Sans doute aucun. Je cherche encore.

Même si le scénario et la mise en scène usent de procédés plutôt massifs pour ne pas dire pachydermique parfois, l’ensemble, le style qui s’en dégage me plaisent beaucoup. Certes l’outrance est de mise avec De Palma, mais justement, cet excès sert le récit et rend le spectacle un poil plus léger. J’entends par là que la mise en scène pompière est presque en trompe l’oeil, ressemblant à celles des films d’horreur, créant une confusion presque comique.

Et progressivement, il apparaît évident que ce que nous conte De Palma est une espèce de farce, porté par un humour caustique, corrosif, déglinguant avec une certaine adresse de funambule les hypocrisies, les contradictions de la société américaine sur les rapports sociaux entre hommes et femmes, de pouvoirs, de statuts, de sexualités.

Je peux comprendre que le cinéma de Brian de Palma soit rejeté : il n’est pas d’accès commode. La caricature rebute nombre de spectateurs, mais pour beaucoup d’autres elle en fait le sel, la particularité unique. Et dans ce sens, la filiation avec Alfred Hitchcock, ici notamment avec Psychose et Fenêtre sur cour surtout, est tout à fait légitime. Elle l’est d’autant plus que le style De Palma reste très fort, dans le fond mais surtout dans la forme, par exemple avec cet usage immodéré de la double focale.

Les acteurs sont formidables également. Comment ne pas applaudir devant l’audace et la courage d’Angie Dickinson

 de jouer une nymphomane fantasmant sur son propre viol? Surtout à un âge où la société relègue les femmes aux rôles de grands mères ou d’épouses rangées des voitures, cela constitue un exploit à saluer. Mais elle le joue bien avec une belle ambiguïté, balançant entre culpabilité et sensualité à une époque où la femme moderne continuait d’être le jouet de questionnements sur la modernité. L’usage de l’imparfait est sans doute ici un peu prématuré, dirons certains. Ce film, en son temps, interrogeait la femme, sa sexualité, ses désirs, et le regard moral qui en découlait charriant encore énormément son lot de culpabilités plus ou moins liées au substrat religieux, chrétiens, qui aujourd’hui encore paralysent un grand nombre d’américains.

La morbidité générée transpire tout le long de ce film. Eros et Thanatos ont toujours fait bon ménage chez les coincés du cul. Et c’est exactement ce genre de charges que porte en elle Angie Dickinson dans un jeu très complexe.

Face à elle, Michael Caine

 offre un miroir plus froid, plus monolithique mais qui sied, bien entendu, au personnage et à la conduite du récit.

L’autre personnage fondamental par sa subtilité et sa richesse est celui qu’incarne Nancy Allen.

 Elle est une sorte de double de celui d’Angie Dickinson. Plus jeune, plus assumée en apparence, elle souffre tout aussi brutalement du regard désapprobateur, réifiant et moralisateur des hommes. Même si elle peut encore, grâce à la jeunesse de sa plastique, jouer des désirs libidineux de la gente masculine, elle n’est pas dupe de la violence qu’elle doit subir.

Je me suis demandé si elle n’était pas ce personnage le plus équilibré d’une certaine manière bien qu’elle soit tout de même obligée de tapiner pour vivre. Mais d’une part, cela sous-entend que la prostitution est liée à une dysfonction psychologique ou affective, ce qui me paraît indéfendable à tout point de vue. D’autre part, cela nierait les explications sociales plus évidentes.

A noter que l’histoire du personnage n’est pas vraiment abordée, ce qui laisse peu de marges pour pouvoir expliquer la situation de l'héroïne. De Palma préfère de toute façon souligner la force de caractère, la pugnacité du personnage. Quoiqu’il en soit, Nancy Allen donne beaucoup de dynamisme à son rôle. Elle est véritablement en phase et donne beaucoup de crédit à un personnage complexe et dangereusement casse-gueule pour la comédienne qui s’en tire au final très bien.

Entre les deux comédiennes principales, la scénario pour le moins torturé et la mise en scène tape à l’oeil, ce film finit par produire un spectacle assez intense et pas trop con. J’aime beaucoup.
Trombi:
Keith Gordon:
Dennis Franz:
David Margulies:
Ken Baker?

jeudi 13 septembre 2018

Bêtes humaines



1991

Titre francophone : Bêtes humaines

Série Verte Elvifrance n°188

Auteur : Carmelo Gozzo
Dessinateurs : Augusto Rizzoli - Santilli

Editeur : Elvifrance

Notice Bédéthèque
Notice SC

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Encore une fois Carmelo Gozzo nous sert une histoire érotico-gore d’extra-terrestres qui violent et dégomment de la terrienne à qui mieux mieux. Quoique, je schématise : ce sont des humains au service de ces aliens ainsi que des animaux et des robots appartenant aux extra-terrestres qui violent et tuent. Mais le scénario reste le même. Les aliens se rendent compte au cour d’un voyage que la viande de donzelle terrestre est un mets succulent. Ils passent marché avec une bande de malfrats pour qu’elle leur livre de la chair fraîche en continu. Des groupes de femmes sont enlevés, puis envoyés dans une prison en plein désert où ces femmes servent de cobayes pour des expériences scientifiques et sexuelles, puis de bêtes à abattre, débiter et à envoyer par paquets sous plis spatiaux. L’une de ces prisonnières tente de se révolter.

Comme toujours avec ces fumetti d’horreur, pas de happy end possible. Histoire noire jusqu’au bout. Les thématiques “éros et thanatos” continuent d’être mises en avant. Le cynisme est l’autre point d’orgue souligné par l’histoire. Vient s’ajouter l’anthropophagie.

Je suis partagé sur la qualité de cette histoire, notamment par rapport aux oeuvres précédentes que j’ai lues de ce scénariste. Il est un auteur qui n’a pas peur des extravagances. Or, ici, son histoire reste malgré tout très linéaire. J’ai presque envie de parler de classicisme. Il y a une bonne assise pour la trame. Toutefois, je regrette un peu la folie et l’humour plus branques dont il a fait preuve sur d’autres oeuvres.

C’est Augusto Rizzoli qui oeuvre ici comme dessinateur principal. Il est épaulé par Santilli. Tous deux proposent un dessin peu exaltant. Figé, très schématique, la pauvreté du trait n’est guère plaisante. Dans les fumetti, il n’est pas rare de voir oeuvrer des artistes au style un peu vieillot. Mais ce style qui commence à se démoder dans les années 80 permet cependant à certains de faire preuve d’inventivité, de grâce, parfois d’une certaine forme de lyrisme. Ici, cela sera difficile de relier le travail de ces deux dessinateurs à ces qualités. Leur dessin au final me parait plus sale que bâclé. On n’y sent pas de l’enthousiasme, de la recherche, du mouvement, quelque chose de dynamique et entraînant. Tout cela manque cruellement.

Pour conclure, ce fumetto n’excite guère l’inspiration, ni ne satisfait l’oeil. C’est une déception dans la mesure où malgré les horreurs décrites, la tension reste mollassonne.

lundi 3 septembre 2018

Les aventures de Cicciolina



1988

Titre francophone : Les aventures de Cicciolina

Auteur: Lucio Filipucci
Dessinateur : Giovanni Romanini

Editeur: Media 1000
Autre Editeur : Dynamite Entertainment

Notice SC
Notice Bédéthèque

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Si le dessin de Giovanni Romanini est assez plaisant pour sa sûreté aussi bien que sa finesse et ses détails très riches, le scénario de Lucio Filipucci est plutôt lamentable.

Il est tellement mal foutu qu’il laisse apparaître toutes les fautes d’écriture et surtout l’idée évidente d’une construction à peine ébauchée. Sans doute qu’il n’y a pas véritablement de trame et que le scénariste essaye juste de relier entre elles, avec à chaque fois des prétextes foireux, des scénettes de cul hétéroclites ?

La seule chose qui semble compter dans le cahier de décharge qu’on a dû assigner à ce scénario, c’est d’aligner les thèmes superficiels et non moins caractéristiques de la belle “fausse italienne” pour appuyer l’image pleine de clichés et d’artifices qui ont fabriqué l’icône qu’est la Cicciolina : liberté sexuelle, vision bisounours et lolitesque de la société, écologie et élan peace and love. Tout cela, toutes ces simagrées en perruque, sous plusieurs couches de maquillage, doit être débité dans un galimatias niais. L’espèce de mythe que Illona Staller a voulu bâtir autour de son personnage de la Cicciolina a donc eu besoin entre autres médias de la bande dessinée bien entendu.

Reste que l’humour au ras des pâquerettes et l’histoire totalement bidon de cette bédé n’apporte absolument rien de drôle, d’intéressant et encore moins d’excitant. Un échec complet !

Julie brûlante Eros Tanga



2003

Titre original : Eros Tanga
Autre titre : Julie brûlante

Auteur: Vinicius
Dessinateur: Vinicius

Editeur : I.P.M. - International Presse Magazine

Notice SC
Notice Bédéthèque

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Le dessinateur et scénariste Vinicius n’est autre que Charles Jarry, auteur belge de bédé d’aventure et de jeunesse tout ce qu’il y a de plus classique et qui s’est essayé avec plus ou moins de bonheur ici à la pornographie.

Car en effet, si le dessin est particulièrement soigné, très détaillé avec une minutie pointilleuse et même parfois très réaliste comme je l’aime habituellement, il faut reconnaître que les dialogues sont d’une bêtise fort affligeante et lassent vite le lecteur.

Le scénario n’est pas non plus des plus subtils, mais l’on pourrait trouver dans le twist final de la dernière partie une trouvaille agréable, même si elle manque de surprise.

Dans l’ensemble, cette histoire un tantinet fantasy de clans barbares aux prises avec des amazones castratrices est l’occasion d’interactions entre personnages singulièrement oiseuses. Comme j’écrivais plus haut, leurs échanges, aussi lestes soient-ils, ne volent pas haut. On est par moments presque choqué par la nullité de ces dialogues. La grossièreté est si outrancière, voire vulgaire qu’elle discrédite toutes les situations, qui elles-mêmes ne sont pas non plus d’une grande originalité. Le sexisme affiché appauvrit l’intensité des rapports érotiques.

Heureusement que le dessin et les cadrages sont plutôt réussis! Mais pour conclure ce n’est pas avec cette “Julie brûlante” ou “Eros Tanga” qu’on trouvera une grande bédé érotique. On comprend que l’auteur n’ait pas poursuivi dans le genre.