mercredi 30 juillet 2014

Le canard à l'orange 1979



1979
Titre: Le canard à l'orange

Auteurs: William Douglas-Home Jean Poiret - Marc-Gilbert Sauvajon
Metteur en scène: Pierre Mondy

Comédiens: Jean Poiret - Corinne Le Poulain - Annick Alane

Notice Imdb

Vu sur le net


J'ai déjà dit tout le grand bien que je pensais du canard à l'orange de 1993 avec Michel Roux. C'est avec ce dernier que j'avais découvert et été séduit par cette pièce, ce personnage et cette écriture stylée, percutante où il est bien difficile de savoir ce que l'on doit à l'auteur originel William Douglas-Home ou bien aux adaptateurs Marc-Gilbert Sauvajon et Jean Poiret. J'ai dit également par ailleurs tout le bien que je pensais de cet homme. J'ai beaucoup d'admiration pour le comédien. Je suis même sans aucun doute un peu fasciné par cet anxieux, son parcours et surtout ce maladif appétit de rire. Aussi, voir cette première version de 1979 est une occasion à ne pas rater, à première vue.

Elle n'est pas déplaisante, loin s'en faut, mais il faut dire qu'elle ne devance aucunement celle de 1993. Par bien des aspects, celle de Michel Roux semble très supérieure. Dans le rythme, dans le jeu, dans le fabuleux équilibre entre pathos et rire.

Celle de Jean Poiret n'est que très rarement émouvante. Jean Poiret ne donne pas trop l'impression d'être ravagé par par la perspective de perdre sa femme.

Du reste, l'émotion a peu de temps pour s'installer, tant le rythme est échevelé. Le texte est dit avec beaucoup trop de rapidité, mais également avec beaucoup moins de force. Le ton est un tant soit peu atténué par un débit trop pressé donc. La version de Michel Roux parait prendre son temps à dire des mots ronds, comme on sirote un bon vieux whisky dans la campagne anglaise. Ici, on a presque l'impression parfois que les comédiens ont un rendez-vous capital après la pièce et se dépêchent de réciter leur texte de peur de louper le dernier métro. Tout cela contribue à saluer par conséquent le travail effectué entre les deux versions par la mise en scène de Pierre Mondy.

Autre bémol, sans doute effet de la mise en scène : il semblerait que les comédiens soient moins bons, moins présents.

A part Annick Alane qui m'a bien plu, j'ai trouvé Christiane Minazzoli
totalement absente, de même que Corrine Le Poulain. Pour cette dernière, il lui manque surtout ce côté ultra sexy que Rachel Genevin avait en 1993. Peut-être que Corinne Le Poulain joue mieux, mais elle dégage paradoxalement moins de sensualité.

Pendant un instant, j'ai songé que la mauvaise qualité sonore et visuelle de la VHS pouvait altérer le jugement ou du moins le rendre plus sévère. Mais Alain Lionel joue dans les deux versions et peut de fait constituer une sorte de point référentiel. Or, il joue de façon totalement identique. La nature des autres comédiens y est pour beaucoup dans la différence d'appréciation, c'est sûr!

Ce parti pris de prendre plus de temps à jouer fait le reste. Alors question : est-ce vraiment délibéré? Y a-t-il une différence d'expérience vis à vis de la pièce? Les captations ont-elles été effectuées avec le même acquis pour les comédiens? J'ai effectivement aussi cette impression que les comédiens de 1993 l'ont mieux en bouche, connaissent mieux la pièce que les comédiens de 1979. Comme s'ils avaient plus de représentations dans les jambes pour s'y appuyer le cas échéant. La force de l'habitude. Ceci pourrait expliquer cela. 

2 commentaires:

  1. Je ne peux pas te détester pour ce que tu dis puisque toi aussi tu sembles adorer cette pièce pourtant ça que tu dis du jeu de Jean Poiret me sidère.
    Son jeu est magistral et extraordinaire.
    De plus tu sais peut-être mieux que moi que Jean Poiret a rajouté beaucoup au texte originel.
    Truc Field trouve Léa Salamé virevoltante et sexy, j'aimerais savoir ce qu'il dirait de Hugh/Jean Preston/Poiret.
    Vraiment je suis perplexe, comment peux-on aimer cette pièce comme tu le fais, c'est palpable, et ne pas adhérer au morceau de bravoure de Jean Poiret ?
    Sans rancune.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne peux pas être plus clair que dans mon texte. Au delà du fait que je ne dis pas que je n'aime pas son jeu mais que je le trouve pas extraordinaire, j'explicite mon ressenti par des arguments. Je ne me contente pas de dire que c'est moins bon que celui de Roux, je dis pourquoi, textuellement. Après, c'est toujours affaire de goût. Quoiqu'il en soit, c'est explicitement décrit. Peux pas faire mieux.

      Supprimer