samedi 27 avril 2013

Zero Dark Thirty


2012

Cinéaste: Kathryn Bigelow
Comédiens: Jennifer Ehle - Jason Clarke - Jessica Chastain

Notice SC
Notice Imdb
Notice Cinéprofil




J'avais un a priori plutôt négatif quant à une création de Kathryn Bigelow qui touche une nouvelle fois l'Histoire récente. Depuis le "Démineur", un peu creux ou lourdaud (dans mes souvenirs), j'étais dans une position volontiers sceptique. Mais un film ne compte pas et il me fallait continuer à voir des films de cette auteure pour pouvoir m'en faire éventuellement une idée plus précise et légitime.

Or, sans aller jusqu'à l'enthousiasme de beaucoup, j'ai été assez impressionné par la faculté de la cinéaste et de son scénariste Mark Boal à porter un récit avec à la fois beaucoup de lisibilité et une grande aisance narrative. Ils parviennent à vulgariser une histoire complexe, alors que la proximité des évènements devrait rendre la tâche bien difficile. Sans avoir l'opportunité de jouir d'un recul bien souvent nécessaire pour bien raconter une histoire alambiquée, où les informations se bousculent, où les multiples relations entre les personnages s'inter-pénètrent,  le couple Bigelow/Boal nous propose la simplification claire et posée d'une situation politique emberlificotée. Je m'imaginais à la place du scénariste à l'heure d'élaborer sa trame avec le flot d'informations qui ont circulé pour expliquer le processus qui a amené les américains à assassiner Ben Laden. Entre supputations et faits avérés, rumeurs, non-dits, secrets, informations officielles, le fatras incroyable auquel Boal a dû se colleter me parait tellement dense que je ne peux qu'applaudir devant la restitution si fluide.

Techniquement également le film est assez bien fichu. Oh, rien d'extraordinaire non plus, mais on dénote une très bonne tenue sur le plan formel qui ne se dément jamais. On peut parler de belle maitrise sur les cadrages, sur le montage, ainsi que sur le travail photographique de Greig Fraser. Le rythme est équilibré, avec les temps de respiration agréables, avec un tempo vif mais toujours garant d'une très bonne lisibilité. J'ai envie de parler de sobriété. Je ne sais pas pourquoi (sans doute des souvenirs de soleils couchants, de ralentis sur Démineur?) mais je craignais une forme un peu trop voyante, pour ne pas dire clipesque. Or, non, on reste sur un visuel proche du documentaire, mais avec cette dose d'intimité qui appartient au cinéma de fiction et de comédiens. Sans excès. Sobre, oui.

De même les comédiens n'en font pas trop des tonnes. Si, il y en a une qui abuse un peu à mon goût de ses poses et ses gestuelles si peu naturelles, c'est Jennifer Ehle :
elle a des airs qui m'ont vite monté sur la choucroute. Jessica Chastain en espionne acharnée réussit à donner à sa détermination un aspect pourtant très humain.

Dans le match qui opposait "Argo" à "Zero Dark Thirty" dernièrement, même si ce dernier n'est pas un film gigantesque, force est de constater que le jury des Oscars a de la merde dans les yeux. Allons, y a pas photo.

Trombi:
Jason Clarke:

 Reda Kateb:

Kyle Chandler:

Harold Perrineau:

Fares Fares:

Homayoun Ershadi:
Yoav Levi:

Mark Strong:

Jessica Collins:
Fredric Lehne:

Édgar Ramírez:

Daniel Lapaine?

James Gandolfini:

Stephen Dillane:

Callan Mulvey:

Joel Edgerton:

Chris Pratt?

vendredi 26 avril 2013

Jackson county jail


1976
Alias: La prison du viol

Cinéaste: Michael Miller
Comédiens: Yvette Mimieux - Tommy Lee Jones

Notice SC
Notice Imdb
Notice Cinéprofil

Vu en dvd



Produit par Roger Corman, ce film d'une noirceur très étonnante, clame bien fort que "America is dead".

Flirtant avec un certain anti-américanisme, le scénario est virulent : il fait subir à la pauvre Yvette Mimieux
un véritable calvaire, une descente en enfer dans l'Amérique profonde. De la première scène où elle se fait engueuler au boulot par un client irrité, jusqu'à la dernière, elle passe tout le film à en prendre plein la gueule. Film sadien par excellence, cette "Justine" découvre la face morbide des États-Unis, l'arriérisme, la misère sexuelle, la violence ou la malhonnêteté. Avec pour seule bouée de sauvetage un criminel joué par le très juvénile Tommy Lee Jones, elle passe de Charybde en Scylla, se faisant manipuler, détrousser, violer, accuser, emprisonner, etc.

La tonne d'emmerdes qui n'en finit pas de dégringoler s'accumule et livre un portrait au vitriol de la culture américaine. Les personnages apparaissent soit faux, soit tordus. Quelques-uns, apparaissent ici ou là comme des fantômes souriants, inaccessibles, jamais là quand il faut.

Quand je parle de "culture", il faut prendre cela au sens très général, j'hésite pourtant à parler de "civilisation", c'est tentant tout de même. Tous les éléments de la société américaine se liguent contre Dinah Hunter, le personnage de Mimieux. La relation entre elle et Coley (Tommy Lee Jones) permet d'en dire long sur la déchéance du pays. Dinah veut toujours croire malgré tout qu'il y a moyen pour elle et la société de revenir à la raison, mais tout est si pourri jusqu'à l'os, que le pays comme les personnages sont dans une sorte d'impasse. Coley est dans le caca américain depuis belle lurette et ne se berce par conséquent pas de ces illusions. Au moment de se séparer, elle lui demande de faire attention et de ne pas laisser la police le tuer. Pour lui répondre et dire son insouciance,  il a cette phrase qui résume tout le film : "I was born dead".

Jusqu'au bout le film égrènera sa litanie morbide, pessimiste et critique, avec une conviction et une force qui surprennent. Je pensais pas qu'il serait aussi catégorique et violent dans sa révolte.

A ce propos, la scène de viol est pour le moins éprouvante. Très bien jouée par Yvette Mimieux, son réalisme est redoutable. Sur le jeu des acteurs, il faut insister sur le fait que Yvette Mimieux a un rôle très difficile et s'en tire superbement.

Tommy Lee Jones est tout jeune, je disais plus haut "juvénile", peut-être que j'exagère, mais il ne doit pas dépasser de beaucoup sa vingtaine d'années. C'est très étrange de le voir sans ride. Le visage est lisse, mais sa voix est d'ores et déjà marquée "caverne", donnant un contraste plutôt saisissant à son personnage.

Bref, un film très très noir, peut-être glauque, et que d'aucuns pourraient tout à fait légitimement estimer caricatural. En effet, ils sont bien peu de personnages à paraitre un peu humains. Cependant, au final, le coup de poing porte à l'estomac, laisse un vrai malaise, malgré la texture "nanar" de certaines scènes et décors de cette petite production. Donc, un petit film qui parait toutefois plus complexe et couillu que la plupart des films de genre de son espèce, un road-movie trashy désespéré et plutôt convenable.


Trombi:
Yvette Mimieux:


Cliff Emmich:

Howard Hesseman:

Nan Martin:

Betty Thomas:

Marcie Barkin:

Robert Carradine:

Nancy Lee Noble:

 Britt Leach:
 Severn Darden:

John Lawlor:

 William Molloy?

Fredric Cook?

 Gus Peters et Patrice Rohmer:

Mary Woronov: