jeudi 27 octobre 2011

The lady vanishes



1938
Alias: Une femme disparaît


Cinéaste:Alfred Hitchcock
Comédiens
:
Margaret Lockwood -Michael Redgrave -Paul Lukas -Dame May Whitty -Cecil Parker -Basil Radford

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en dvd


Un de mes Hitchcock anglais préférés! Un de mes Hitchcock (tout court) préférés! Pétillant, agatha-christique, redoutablement moderne, il a le goût de champagne.

Après une mise en place des personnages plus proche de la comédie lubitchienne pendant laquelle Hitchcock se moque avec ironie mais également pas mal de tendresse des ridicules contingences de hiérarchie sociale et sexuelle, le film prend une tournure policière qui rappelle de nombreuses obsessions du cinéaste. On peut être un peu décontenancé par une entame guillerette, bon enfant, où il n'y a guère de trace de l'intrigue policière à venir, si ce n'est un furtif plan de strangulation. Les 99% de cette entrée de matière sont dévolus à un humour très pince sans rire, chargé de pas mal de sexualité, ce qui me fait dire qu'on est bien loin d'Hollywood. C'est amusant et étonnant, on se s'attend pas à pareille désinvolture dans un récit hitchcockien, mais elle permet de se familiariser très facilement avec les personnages afin de ne pas trop perdre de temps dès lors que le crime entre en jeu.

Et c'est vrai que que cela fonctionne bien. Quand la vieille dame disparait (Dame May Whitty) tous les éléments imbriqués les uns dans les autres construisent un puzzle compliqué mais parfaitement lisible. La logique de l'histoire pourrait faire perdre le fil au spectateur, mais cette structure sauve la lecture devenue toute simple.

Si l'on ajoute à cette maitrise astucieuse du récit une distribution réussie, pleine de dynamisme et de franche liberté, nous obtenons un film très agréable à suivre. Parlons donc du casting, il fait partie sûrement d'un des plus justes, des plus en phase avec son temps, comme avec l'histoire.

Et commençons par Dame May Whitty qui m'a forcément fait penser à Margaret Rutherford, une autre vieille dame du cinéma anglais, souriante, dynamique, format classiquement britannique de la bonne petite vieille sympathique, la grand mère rêvée.

On comprend facilement que Margaret Lockwood

s'inquiète à ce point de sa disparition. La faible crainte que suscite la légèreté que cette dernière affiche avec ses copines criardes en début de film s'estompe très vite heureusement et laisse place à une jeune femme vive, pimpante, très libérée, comme le prouvent les quelques plans de gambettes dénudées,

une femme que l'on peut qualifier sans se tromper de moderne. Son ton est toujours plein d'élan et de grâce, juste.

Elle montre beaucoup d'aisance face à la gouaille moqueuse de Michael Redgrave, personnage ironique et aussi libre que la donzelle.

Face à ces deux électrons tournoie une population très diverse et parmi elle, on pointera le duo humoristique que forment Naunton Wayne et Basil Radford, en contraste saisissant par rapport au couple principal. Obnubilés par ce match de cricket à ne pas louper, ils apparaissent d'abord sourds aux véritables enjeux du monde, enfermés dans leur bulle, dans un flegme tout national et finalement drolatique jusqu'à ce que les évènements viennent dramatiquement les contrarier.

L'isolationnisme ilien dont ils font preuve a des limites que la barbarie dictatoriale franchit bêtement, réveillant le héros qui sommeille en tout bon anglais. On est en 1938 et la propagande anti-nazie se met en place dans le cinéma britannique, ici avec bonheur et des trésors de subtilité. A consommer sans modération.

Trombi:
Paul Lukas:

Cecil Parker:

Linden Travers:

Mary Clare:

Emile Boreo:

Philip Leaver:

Selma Vaz Dias:

Catherine Lacey:

Josephine Wilson:

Googie Withers et Sally Stewart:

Charles Oliver:

Kathleen Tremaine:

mardi 25 octobre 2011

Phantom of the Paradise



1974

Cinéaste:
Brian De Palma
Comédiens:
William Finley -Jessica Harper -Paul Williams -Gerrit Graham -Ken Carpenter

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en blu ray


Oh, boh, un De Palma qui me laisse sur ma faim?! Ça m'a fait tout drôle mais c'est vrai qu'en dépit d'une mise en forme pas loin d'être burlesque, ce "Phantom of Paradise" m'a presque ennuyé.

Il faut dire d'abord que j'ai un point faible en cinéphilie : mon peu d'appétence pour les comédies musicales. Pas mon kif, docteur. Et ici, le style musical m'a laissé de marbre. C'est bien simple, cela fait deux ou trois jours que j'ai vu le film et je suis d'ores et déjà incapable de me souvenir d'une seule chanson, d'un seul air. Pas une seule fois j'ai eu le moindre battement de pied, ni un début de hochement de tête en écoutant ce film.

Je suis un peu triste parce que j'aurais pu me raccrocher à la réalisation du cinéaste. D'autant que j'aime beaucoup cette invention affichée, culottée, cette jubilation que l'on sent dans l'écriture scénique. On la retrouve ici par moments dans les split-screens,

les prises de vue en plongée ou contre-plongée, la caméra à l'épaule, les jeux de miroir ou de champ/contre-champ, etc.

Mais comme cela se fait au service d'une histoire qui ne suscite guère d'émoi ni de curiosité chez ma pomme, cela n'aboutit jamais à une quelconque satisfaction.

Souvent, je trouve dans la prestation des comédiens de quoi sauver mon visionnage. Or, là aussi je ne rencontre que résistance. Oh, s'il fallait en retenir un cependant, je placerai volontiers le clown (Gerrit Graham) en tête de liste, dans une caricature de je-ne-sais-qui. En interprète survolté et vulgairement grotesque, il est assez savoureux, c'est vrai.

Sinon, le temps passe et je m'emmerde un peu. Voilà, on peut donc sans se tromper dire que je suis complètement passé à côté du film. Hé bien, laissons passer quelques années et quand je connaitrai un peu mieux mon De Palma, je me donnerai sûrement une nouvelle chance.

En me relisant, là, je me rends compte qu'on croirait que je déteste le film, mais ce n'est pas le cas, du tout. Techniquement, dans le montage et la mise en scène, il y a de bons morceaux, plus que comestibles. Je reconnais que le film a de la cuisse. C'est juste que j'ai du mal à la caresser, à en apprécier le galbe.

Mini trombi:
William Finley:

Paul Williams:

Jessica Harper:

George Memmoli:

Conquest of the Planet of the Apes



1972
Alias: La conquête de la planète des singes


Cinéaste:
J. Lee Thompson
Comédiens:
Roddy McDowall -Don Murray -Natalie Trundy -Hari Rhodes -John Randolph -Severn Darden

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en blu ray


Avant de revoir "Les évadés de la planète des singes" je craignais la déception. Finalement, elle est venue de ce film. J'avais du discours final de Roddy MacDowall

un souvenir bien plus grandiose. Je salivais d'avance de le revoir, d'en éprouver encore l'intensité. En fait de puissance, il m'apparait aujourd'hui tout riquiqui. Là où j'attendais un texte bien écrit, dénonciateur et plein de cette force fracassante de la révolte, plein de revanche et de violence, avec des mots coups de tonnerre, ne pérore qu'avec peine un monologue assez mal ficelé, triste de banalités, annoné sans véritable flamme. Il faut avouer que tout le film est construit pour mettre en valeur ce climax qui s'avère piteux. Que de chemin et de labeur pour si peu!

Ce film est un chemin de croix pour moi car la présentation des personnages, comme des problématiques essentiellement politiques, me parait mauvaise, remplie d'idées reçues, de clichés gravement redondants. Il manque à ce film de la finesse, de l'intelligence et de l'habileté. Je ne vois absolument rien d'original, dans le scénario comme dans la réalisation totalement ratée de J. Lee Thompson.

Merde, le film avait largement de quoi garantir à un réalisateur inventif et efficace son lot de scènes d'action fantastiques à filmer par une mise en scène habile : le spectacle dantesque de la chute de l'homme suite à la révolte des esclaves singes! De la gueule, hein? Mais la pauvreté des cadrages, le manque relatif de moyen, l'inaptitude de la caméra à filmer correctement l'action, à la promouvoir, l'extrême pauvreté de la mise en lumière donnent au spectateur que je suis l'envie de bailler. C'est quand même ahurissant qu'une révolution aussi violente et sanguinaire engendre autant de lassitude! Mais quel est l'imbécile qui a cru bon d'affubler la police d'uniformes nazoïdes pour figurer la dictature des humains sur les singes? Hé oui, c'est aussi navrant que cela!

A noter encore du côté français la toute aussi mauvaise idée d'un accent espagnol épouvantable donné à Ricardo Montalban.

Avec ce 4e opus, on est bel et bien dans la mouise, dans la misérable engeance des films au rabais produits pour surfer sur la vague des succès d'antan. Tout cela est pitoyable.

Tout pitit trombi:
Don Murray:

Hari Rhodes: