mercredi 27 juin 2012

Moonrise Kingdom



2012

Cinéaste:Wes Anderson
Comédiens:
Jared Gilman -Kara Hayward -Edward Norton -Bruce Willis -Bill Murray -Harvey Keitel

Notice Cinéprofil
Notice de Jack Sullivan
Notice Imdb
Vu en salle

Et voilà, encore un film de Wes Anderson que j'adore! J'avais un bon pressentiment, je m'attendais à cela et cependant je suis surpris que cet auteur réussisse la gageure de me toucher à chaque fois, d'autant plus que son style tellement particulier se dégage d'une esthétique si ostentatoire, si outrancière que je peux comprendre que certains le ressentent comme inaccessible.

Il y a bien évidemment une mise en forme très géométrique, rectiligne, sans circonvolution ; tout passe par des lignes horizontales ou verticales ; le film trace des perpendiculaires à tel point que tous ces angles droits donnent l'impression de lire une bande dessinée. Cette sensation, linéaire, est surlignée par des postures assez académiques des personnages, des mouvements de caméra, des cadrages qui enferment les acteurs dans un certain classicisme, voire une sorte d'immobilisme proche de la lecture papier. Souvent on a également le sentiment d'être devant un tableau. Dans tous les cas, la notion de cadre apparait comme centrale. Évidente, elle coule de source.

L'autre versant qui caractérise l'image des films d'Anderson semble être cette colorisation extrêmement étudiée que l'on retrouve de film en film. Je ne suis que très loin d'être sûr de moi, mais j'ai pensé autant à Edward Hopper qu'à Jacques Tati. Je n'arrive pas à trouver ces filiations totalement justifiées, mon inculture graphique l'interdisant formellement, m'enfin, elles sont là, elles trainent dans ma tête et ne veulent pas en partir.

Il n'en demeure pas moins que cette mise en image sophistiquée explique pour une large part l'immense plaisir cinéphilique que j'ai ressenti. Ce sentiment de satisfaction mêlée de jubilation qu'on éprouve pendant la projection dans le noir de la salle, un plaisir pur de cinéma, devant un film qui ressemble à un film : voilà pourquoi j'aime aller au ciné!

Cette image aussi belle et bien pensée soit-elle, elle a tout de même la nécessité de coller à une histoire et des personnages, si ce n'est intéressants, au moins émouvants. Or, c'est une nouvelle fois la cas avec ces deux gamins, adultes trop tôt pour pouvoir s'intégrer aux autres, mais assez tôt pour s'engager l'un vis à vis de l'autre et vouloir construire leur truc à deux, comme des grands, pour fuir un monde qui ne les autorise pas à être ce qu'ils sont. Étonnant comment ils finissent par apparaitre comme les personnages les plus matures, les plus sûrs d'eux et les plus convaincants finalement, allant jusqu'à vaincre le scepticisme des adultes qui les entourent.

Certes, cette histoire n'est pas bien originale : les deux tourtereaux sont seuls au monde et auront raison de l'univers parce qu'ils s'aiment. Néanmoins, elle a le suprême avantage de sonner comme une évidence, aussi fraiche que les éléments de la nature qui environnent les enfants.

Malgré les poses des personnages, l'artifice des mouvements et de la mise en scène, la nature se voit accorder une large place, elle reprend à plusieurs reprises ses droits, sous forme de pluie ou de torrent, ou bien dans l'épaisseur et l'humidité de la forêt. Organique, le film l'est un peu ; étrange balancement entre chair et poésie.

Tout comme la simplicité des sentiments parait côtoyer avec pudeur des problématiques plus sévères. Tout comme l'aspect burlesque et comique peut brusquement laisser place à la crainte du sang et du tragique. Pas si simple, en fait, cette bluette contient son lot de lourds secrets et de doutes à décortiquer et se révèle de plus en plus futée.

Un très joli film, avec un cœur blessé et fragile mais doté d'une vision positive, une marche en avant salutaire.

Mini trombi:
Kara Hayward:

Jared Gilman:

Edward Norton:

Bill Murray:

Tilda Swinton et Bruce Willis:

Jason Schwartzman:

lundi 25 juin 2012

Misterio en la isla de los monstruos



1981
Alias: Le mystère de l'île aux monstres

Alias: L'île mystérieuse
Alias: Mystery on Monster Island

Cinéaste:Juan Piquer Simón
Comédiens:
Terence Stamp -Peter Cushing -Paul Naschy -Gérard Tichy -Ian Sera -Blanca Estrada

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en dvd


C'est le genre de film qu'il faut absolument voir à plusieurs pour en rire, ou bien avec plus d'un demi-gramme d'alcool dans le sang. Sinon, on s'expose à une vive lassitude.

"Le mystère de l'ile aux monstres" est très souvent ridicule et la plus grande surprise ne vient pas de l'incongrue présence de Terence Stamp

ou Peter Cushing
venus là de toute évidence cachetonner, mais de l'éclatante médiocrité de ces monstres et du soit-disant scénario.

Rarement on aura vu costumes en caoutchouc aussi mal conçus et portés! Même les costumes des séries télés nippones ou américaines de "San Ku Kaï" à "Power Rangers" paraissent plus crédibles. Rigidité cadavérique et tremblements plastiques accompagnent chaque geste de ces monstres, c'est une véritable calamité visuelle! C'est la raison pour laquelle, pour ne pas totalement sombrer dans l'ennui, mieux vaut être saoul comme un goret. Ce n'était pas mon cas, plus dure fut la chute.

Quand j'ai vu que je pouvais mettre la main sur ce film, je m'attendais, au titre, à une adaptation de Jules Verne. Malheureusement, on en est très loin. Évidemment qu'on reluque de ce côté là, comme du côté de Robinson Crusoe, mais la liberté de ton burlesque, l'aspect papier mâché de certains décors, l'insertion de pauvres stock-shots volcaniques nous éloignent de plus en plus de l'imagerie vernienne qui peuple nos souvenirs, de Fleischer à Bardem en passant par Enfield.

Ici, nulle beauté transcendante s'essaie à transporter le spectateur ver un imaginaire bien lointain. Au contraire, tout semble conçu pour le ramener à une triste et pauvre réalité : pacotilles et faux semblants. Cet indigent coup de théâtre final nous est infligé avec une médiocrité de style comme de ton qui paralyse toute envie, si ce n'est celle de bailler.

Désappointement garanti à qui s'y essaierait.

Trombi:
David Hatton et Ian Sera:

Gasphar Ipua:

Blanca Estrada:

Ana Obregón:

Gérard Tichy:

Minority Report



2002

Cinéaste:Steven Spielberg
Comédiens:
Tom Cruise -Colin Farrell -Samantha Morton -Max von Sydow -Neal McDonough -Steve Harris

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en dvd

Si je gagatise pas complètement, je dirais que la dernière fois que je l'avais vu, je n'avais pas aimé. Est-ce que cette histoire de paternel bouffé par la culpabilité m'était passée au dessus de la tête? Est-ce la trombine de Colin Farrell, petit minet tendance à l'époque, qui m'avait horripilé? Ne sais pas.

Quoiqu'il en soit, avec une attention et des sentiments soutenus pour un moutard sous mon aile protectrice de beau-père, maintenant mon regard sur ce film a complètement changé.

La torture que subit le personnage de Tom Cruise me trifouille l'estomac aujourd'hui.

De plus, j'ai pour Colin Farrell un jugement beaucoup moins frileux et peut-être moins superficiel pour tout dire, qui me permet maintenant de constater que le bellâtre sait quand même bien jouer, ne m'en déplaise. Même dans ce film d'action de Spielberg où son rôle est secondaire.

Mais au delà de toutes ces petites choses sans grande importance, la plaisir vient dans une très large part de la toujours excellente mise en image du maitre.

Avec une photographie très stylisée, très sombre de Janusz Kaminski évoluant entre troubles causés par la juxtaposition des temps présent, passé et futur et des couleurs un peu éteintes, plus souvent du côté des verts, des bleus et des jaunes passés, comme abîmés. L'usage du filtre et du traitement numérique est évident : il donne une image imprégnée de mélancolie, de cette tristesse viscérale qui pourrit l'ersatz d'existence qu'il reste au personnage joué par Tom Cruise.

Je n'ai pas une estime particulière pour cet acteur, mais difficile pour moi de ne pas avouer qu'il s'en tire très bien. Le rôle n'est pas facile à incarner sans tomber dans les écueils du genre, sans trop en rajouter. Il les évite avec talent.

La direction des comédiens est comme d'habitude avec Spielberg, d'une superbe maitrise, peu surprenante mais toujours cohérente.

Donc "Minority Report" se révèle un film d'action, de science fiction très bien filmé, doté d'un scénario touffu mais bien lisible, grâce à un travail bien propre. Une œuvre qui démontre une nouvelle fois à qui en aurait besoin le savoir faire et la pertinence du cinéma de Steven Spielberg.

Trombi:
Max von Sydow:

Steve Harris:

Neal McDonough:

Samantha Morton:

Daniel London:

Lois Smith:

Tim Blake Nelson:

Kathryn Morris:

Arye Gross:

Ashley Crow:

Mike Binder:

Jason Antoon:

Peter Stormare:

William Mapother:

dimanche 24 juin 2012

Madagascar 3: Europe's Most Wanted



2012
Alias: Madagascar 3: Bons baisers d'Europe


Cinéastes:
Eric Darnell - Tom McGrath - Conrad Vernon

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en salle

Ah... ça sent bien plus le sapin que le palmier! Je n'ai jamais été grand fan de cette série, mais son humour physique ne me laissait pas pour autant totalement indifférent. Sympathique, sans plus, mais toujours agréable, avec des personnages presque attachants. Les deux premiers films sont comme celui-ci, rieurs, teintés de cette espièglerie qui charme les enfants.

Néanmoins, avec ce dernier épisode, une certaine confusion semble venir tirailler l'équilibre d'ensemble, comme si le film ne parvenait pas vraiment à maitriser la cohérence de son histoire. La première partie du film est plutôt poussive. A partir du moment où les animaux intègrent le monde fabuleux du cirque, mon attention est à nouveau sollicitée et bel et bien retenue. Jusque là, je n'étais pas loin de m'ennuyer.

Le film évolue encore sur un rythme survolté, explosant de couleurs et de mouvements, presque irrespirable d'excès, mais ensuite il convoque une certaine poésie à la réunion des éléments constitutifs d'un charme pas tout à fait factice. En effet, dans la démesure et le grand guignol, les images finales fantasmagoriques rendent un hommage pétaradant et que l'on peut croire sincère et profond à la magie du cirque, cet éblouissement enfantin des yeux et des oreilles, cet éclaboussement de sens qui magnifie un monde parallèle dans lequel le rêve est à portée de main.

En somme, le scénario décousu n'offre que trop peu d'assise au spectateur. Trop bancal, il peut désorienter et paraitre mal fagoté. On s'y perd. Cependant au final, même si on l'appréhende avec pas mal de difficulté, on n'en ressort tout de même pas avec un goût amer, mais avec un léger sourire poli. Le film n'est pas très bon, certes, mais pas non plus complètement mauvais.

En deçà de ces deux devanciers, il s'est un peu perdu dans le n'importe quoi de ses outrances.