mercredi 25 avril 2012

Alien: Resurrection



1997

Alias: Alien 4
Alias: Alien: La résurrection


Cinéaste:Jean-Pierre Jeunet
Comédiens:
Sigourney Weaver -Winona Ryder -Ron Perlman -Dominique Pinon -Michael Wincott -Dan Hedaya


Notice Imdb
Vu en blu ray


J'ai dit qu'Alien3 était un Alien "rouille". On retrouve sur celui-là la même teinte orangée, ce métallisme rongé. Jean-Pierre Jeunet aime beaucoup la photographie cuivrée, verdâtre et/ou jaunâtre, leitmotiv visuel qui s'accompagne d'une lumière fréquemment assez sombre dans sa filmographie. Sur ce film-là aussi, j'ai comme l'impression que l'image n'est pas aussi éclairée qu'elle pourrait l'être. Impression sans grande importance, il est vrai. Passons, d'autant plus que c'est peut-être un ressenti tout à fait à côté de la plaque.
Reste que la photo est très travaillée, c'est un fait indéniable. Sans doute les maquillages également : le clone Ripley (Sigourney Weaver),
mi-femme, mi-alien, offre la vision un peu cadavérique d'un grain de peau très pâle et suintant, avec des traits nettement appuyés. De fait, ce personnage redevient intéressant, car bipolaire, à la fois encore touchée par ses réminiscences du passé et reliée charnellement aux extra-terrestres. Cette ambiguïté n'est pas très franche. Néanmoins, elle existe un tant soit peu pour faire souffrir l'instinct maternel de Ripley, ajoutant de l'émotion à l'horreur naturelle des monstres.
Par conséquent, ces aliens ne sont plus vraiment des êtres "à part", à la cruauté systématique et insensée, mais ils deviennent des êtres doués de raison autant que d'affect. Tout devient possible, car plus complexe, et donc plus fascinant.
Bizarrement, le scénario ménage des espaces de détente avec une outrance particulièrement gore dans les scènes horrifiques qui créent un contraste pas évident à faire coïncider avec l'aspect affectif et compliqué. Cela ne me dérange pas trop, mais je m'interroge sur la portée de cet humour presque grotesque, hommage au cinéma bis ou à la bédé? Quoiqu'il en soit, une certaine forme d'humour est bel et bien là pour déstabilisant que cela soit et colore un peu le film, le distinguant fortement de ses devanciers beaucoup plus graves et sombres. Cette variation dans les tons n'est au final pas pour me déplaire.
Je préfère davantage cet opus aux n°2 et 3, esthétiquement parlant et sans doute également dans l'approche outrancière de la mise en scène de Jeunet, même si je reconnais qu'il y ait matière à rouspéter pour les aficionados de la série. De toutes les manières aucun épisode n'arrive à la cheville du film de Scott.
Mini trombi:Winona Ryder:

Dominique Pinon:

Ron Perlman:

Brad Dourif:

Gary Dourdan:

Michael Wincott:

Dan Hedaya:

J.E. Freeman:

Raymond Cruz:

Alien 3



1992

Cinéaste:
David Fincher
Comédiens:
Sigourney Weaver -Lance Henriksen -Pete Postlethwaite -Charles Dance -Paul McGann -Ralph Brown


Notice Imdb
Vu en blu ray


Cet Alien couleur "rouille" n'atteint pas l'excellence du premier opus mais rajuste quelque peu le nœud de cravate que le précédent avait défait. On revient en effet à un film d'atmosphère, moins bourrin. L'horreur est toujours là. Il fait moins sombre, mais le sang coule à flot, gicle d'importance. Un côté cracra qui n'est pas pour me déplaire.
Ce qui me retient sans doute c'est que cet épisode se tourne plutôt dans son habillage narratif vers les contrées du mysticisme ou du religieux pour lesquelles j'ai une appétence plus que mesurée et qui me titillent nettement le bâillement. Heureusement, on ne s'appesantit pas trop là-dessus.

J'vous dis, il s'agit plutôt d'un décor, de personnages différents entre prison pour serial-killers, monastère des temps derniers ou très longs et labyrinthiques couloirs de la mort.
L'alien joue bien son rôle de croque-mitaine : l'écheveau est connu, il fonctionne à merveille, avec une belle cadence d'abattage que le scénario ainsi que la mise en scène de David Fincher aménagent avec bonheur.
Je regrette un peu l'évolution de Ripley. Sigourney Weaver joue toujours très bien. Peut-être même encore mieux, mais le parcours personnel de son personnage ne m'excite plus des masses. Hé, c'est vrai que la série vire à la rengaine. Tout autour change, les décors, mais pas elle. Difficile de se renouveler. Et avec un peu de recul, je me rends compte que la Ripley maternelle de Cameron était donc énormément enrichie, du coup!
Donc, il ne reste pas grand chose à dire... Alors je me tais.
Mini trombi:Charles S. Dutton:

Charles Dance:

Ralph Brown:

Brian Glover:

Pete Postlethwaite:

jeudi 19 avril 2012

Invasion Los Angeles



1988

Titre original : They live
Alias: Invasion Los Angeles
Alias: John Carpenter's They Live


Cinéaste:John Carpenter
Comédiens:
Roddy Piper -Keith David -Meg Foster -George 'Buck' Flower


Notice Imdb
Vu en dvd


L'immersion dans le cinéma métallique de John Carpenter est à chaque fois pour moi un rendez-vous ludique plein de satisfaction. Pas de déconvenue à déplorer jusqu'à maintenant.
Ce qui ravit ici c'est le sous-texte d'une rare insolence politique. L'iconoclaste Carpenter ose montrer une Amérique pauvre, délaissée, débulbée. On est à la limite de la peinture gauchiste au vitriol. Les USA de Ronald Reagan, de ses successeurs ultra-libéraux et néo-conservateurs sont dépeints comme un pays en voie de décomposition.
Les aliens ne sont plus les rouges cocos mais les riches, les opulents qui ont mis en place un système hyper-fliqué dans lequel la divergence politique est aussitôt réprimée dans la violence policière. Peut-on faire plus corrosif?
Il ne s'agit pas d'un pamphlet à proprement parlé, il faut lire entre les lignes mais le parcours du spectateur vers cette analyse est si facile, si pavé de petits cailloux blancs qu'il est impossible de ne pas le suivre. Le scénario coule de source.
Carpenter en appelle à la mythologie science-fictionnelle maccarthiste des années 50 et se l'approprie pour en dégager une problématique inverse. On est également très proche de Big Brother et toute cette littérature d'anticipation politique alarmiste sur les libertés individuelles. Car, au fond, comme le dit en substance l'un des héros (très ras du bulbe Roddy Piper), c'est tout de même de la prise d'initiative personnelle au sein d'un collectif que la solution est trouvée. Chacun réagit individuellement d'abord, en citoyen électron libre et décide ensuite de se révolter en commun.
D'un autre côté, Carpenter semble s'amuser à décorer ce fond grave de scènes d'action presque grossières... "grotesques" est le mot. La scène de baston entre les deux héros est-elle un clin d'œil à la carrière de catcheur de Roddy Piper ou une farce que nous joue Carpenter? Un peu des deux certainement.
On a l'impression que le film se divise en deux parties, la première, sérieusement critique, faisant un constat amer sur la société américaine et la seconde, sorte d'exutoire révolutionnaire et hyper-violent. Le décalage entre les deux parties est assez prononcé et m'ennuie un peu. "Un peu", ai-je dit! Je ne sais pas trop pourquoi mais je tique un chouïa alors que fondamentalement, cela devrait me plaire. Va comprendre, Charles!
En fait, je crois que ce qui me tarabuste, ce sont tout bonnement les comédiens. Roddy Piper
est nullissime et Keith David semble se mettre à son triste niveau.
Quant à Meg Foster, elle me fout la trouille! "Mets des lunettes de soleil, madame, s'il te plait et puis joue un peu... je ne sais pas... enlève le balai, il gêne. Manifestement!"
Bref, un film jubilatoire, croquant, avec des canines apparentes, mais doté d'acteurs particulièrement dispensables.

Trombi:
George 'Buck' Flower:

Peter Jason:

Raymond St. Jacques:

John Lawrence:

Ne nous fâchons pas



1966

Alias : Ne nous fâchons pas
Alias: Let's Not Get Angry


Cinéaste:Georges Lautner
Comédiens:
Lino Ventura -Mireille Darc -Jean Lefebvre -Michel Constantin

Notice Imdb

Vu en Blu-Ray


On peut évidemment ranger ce film dans la série des "Tontons" au côté des "flingueurs" et des "barbouzes". La verve de Michel Audiard y est autant succulente mais c'est vrai que cet opus se distingue par bien des aspects. D'abord, le plus flagrant est l'usage de la couleur, on pourrait y ajouter que le casting est réduit, mais j'y reviendrai plus tard, je veux entamer cette chronique par les points de filiation.

Par quoi commencer? C'est bien à Audiard que je pense en premier à l'évocation de cette trilogie. Et ce 3e opus est certainement tout aussi bien fourni en précieuses répliques, dentelles de mots féroces de drôlerie, tournures alambiquées à l'efficacité comique toujours ahurissante. Ce diable de dialoguiste sait y faire péter l'idée avec des mots d'argot. L'image est souvent fleurie, inattendue, peu grossière finalement, toujours frôlant la poésie où l'exquis le dispute à la farce. Michel Audiard, c'est beau à en pleurer de rire. Et ce "Ne nous fâchons pas" regorge de ces petits bonbons de phrases qui font mon régal. Alors je kiffe.

Je prends mon pied d'autant plus qu'on a là un trio d'acteurs aux petits oignons.
En maitre artilleur du dire audiardien, Lino Ventura se pose là. Parfait dans les mots comme dans les mimiques, les temps, les pauses, le jeu quoi!

Excellent, il l'est certainement grâce à Mireille Darc qui cligne des yeux et sourit avec l'effronterie de la femme sûre d'elle-même, fière, belle, forte. Elle est remarquable dans ce film.

Dans les quelques films d'Audiard où il a pu avoir de superbes lignes à porter, Jean Lefebvre se révèle souvent impeccable. Dans les "tontons", il était un peu en retrait par rapport à Bernard Blier. Ici, il rayonne avec un personnage d'une bassesse, d'une lâcheté et surtout d'une extraordinaire mauvaise foi qui sont du pain béni pour Audiard. Faire causer un cas comme celui-là est une aubaine. Ce fut pour l'acteur sans doute l'occasion de montrer à ceux qui pourraient en douter qu'il avait un véritable sens du rythme comique. Il est juste parfait. Son physique d'abruti pas fini l'aide beaucoup, évidemment. Mais il n'empêche... c'était un bon acteur quand il voulait... Dans "Ne nous fâchons pas", coup de chatte : il voulait!

L'autre grande figure du cinéma policiaro comique de cette époque est ce grand dadais de Michel Constantin. Le pauvre bougre n'est pas très bon, reconnaissons-le mais, sans doute à force de le voir côtoyer les plus grands, on s'est habitué à cette trogne et un semblant d'affection me prend à son évocation. Dommage qu'il joue si mal, il avait une si drôle de gueule!

Pimenté par une sur-excentricité que le swinging London un poil pacotillard apporte de façon tellement ubuesque, le scénario s'essaie à draguer la jeunesse. C'est une tendance du cinéma de Lautner qu'on retrouvera dans ses autres films couleurs me semble-t-il dans les années 70-80. Un peu artificielle, voire ridicule a priori, mais finalement, avec le recul, je trouve cette naïve tentative plutôt réjouissante. La musique délirante, les danses frénétiques, les couleurs pétaradantes offrent un contraste saisissant aux discussions des malfrats du temps jadis. L'effet comique est heureux. Cela tient debout. Cela donne même un sel particulier à ce film. J'aime beaucoup ces disproportions, ces incongruités stylistiques.


Tommy Duggan: