vendredi 1 juillet 2011

Les barbouzes



1964
Alias: The Great Spy Chase


Cinéaste:
Georges Lautner
Comédiens:
Lino Ventura -Francis Blanche -Bernard Blier -Mireille Darc

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en Blu-Ray


Quel beau Blu-Ray! La photographie de Maurice Fellous est superbement mise en valeur : profondeur des noirs, velouté du grain, netteté. Les cadrages d'ensemble très lautnériens avec ces contre-plongées qui placent les personnages sur une sorte de piédestal ridicule donnent au film une certaine grâce en même temps qu'une image soigneuse.

On a laissé les gangsters parisiano-montalbanais tontons flingueurs, mais dans le tas de barbouzards on retrouve quelques faciès abominables dont le comique bavard ou grimaçant fait souvent mouche.

Comme son devancier, ce film fait la part belle au texte de Michel Audiard, dit avec maestria par des habitués, des types et une fille qui l'ont admirablement bien en bouche. On comprend bien que les héros du film ont quelques accointances avec le milieu. La jactance made in Pigalle est comprise par l'éminent représentant du KGB aussi bien que par le curaillon helvète, elle est comme qui dirait devenue le temps de cette farce langue diplomatique internationale, de Munich à Paris en passant par Lisbonne.

C'est donc d'abord un plaisir des oreilles et de la cervelle, même si je lui préfère "Les tontons flingueurs" au texte plus méchant, dans l'incision. Ici entre coups tordus et jeu de faux jetons, le discours et l'humour d'Audiard se font volontiers roublards et ironiques, plus dans le double sens. Quelques envolées lyriques de Francis Blanche font également sourire pour leur grandiloquence, leur excès, leurs poésie grotesque.

Assuré du regard confiant qui lui porte son casting à l'égard de sa capacité à bien l'accompagner, Georges Lautner s'est peut-être offert une plus grande liberté sur la mise en scène? C'est le sentiment que j'ai sur le mouvement. Il me semble que les tontons était un film beaucoup plus statique, avec toujours cette recherche de plan d'ensemble harmonieux et élégant mais bien souvent en plan fixe.

Ici, le scénario ménage son lot d'action et Lautner arrive à profiter des espaces que cette grande bâtisse lui prodigue avec générosité. En effet, pendant une longue partie du film les barbouzes s'entre-déchirent dans le château de la veuve Shah.

Parlons-en de cette petite shah : Mireille Darc entre de front dans un univers de mâles au parler argotique rugueux et imagé. Elle s'en tire haut la main et réussissant ce que peu de femmes sont parvenues à faire (on pense également à Annie Girardot), à savoir : maintenir leur personnalité, leur féminité tout en disant leur Audiard à la perfection, chose qui n'est pas aisée. Mireille Darc ajoute à cela une belle dose de sensualité, qu'elle rendra par ailleurs explosive plus tard, notamment dans "Ne nous fâchons pas" du même Lautner. L'apport de Mireille Darc est vraiment essentiel à ces Barbouzes.

J'ai envie de citer dans les seconds rôles la truculence et la grosse présence de Jess Hahn et son accent à couper au couteau, figure ô combien sympathique du cinéma populaire français.

Sur les comédiens, il serait parfaitement inconvenant de ne pas souligner l'énième prestation de grande classe de Lino Ventura, au ton toujours juste, à l'assurance tellement surprenante. Ce type est un gigantesque comédien. Je le trouve à chaque fois impeccable.

Quel plaisir de suivre ces acteurs! Ouais, vive le cinéma d'acteur!

Mini trombi:
Bernard Blier:

Noël Roquevert:

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