Affichage des articles dont le libellé est Henri Verneuil. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Henri Verneuil. Afficher tous les articles

mercredi 2 mars 2016

Le mouton à 5 pattes



1954

Cinéaste: Henri Verneuil
Comédiens: Fernandel - Édouard Delmont - Louis de Funès

Notice SC
Notice Imdb

Vu à la télé

---------------------

Un film à sketchs maquillé, Le mouton à cinq pattes offre à un Fernandel au sommet de sa gloire aveuglante la possibilité de fanfaronner sous plusieurs personnages. C'est une habitude, une facilité d'écriture à laquelle diverses productions ont eu cours pour cet acteur. Celle-ci en profite sans parcimonie : pas loin de six personnages à lui tout seul, le père et ses cinq rejetons.

L'histoire, sous les dialogues de René Barjavel, est astucieuse, il est vrai. Elle convoque un patriarche dans un village enclavé et la recherche des quintuplés qu'il eut jadis et qui avaient fait la renommée du lieu. Éparpillés aux quatre coins du monde, les frères offrent à Fernandel moumoutes, fausses barbes et moustaches en guise de grimages pour les différencier.

Si le sujet est attirant de prime abord, il n'en demeure pas moins vrai que la structure en sketch ne peut se dissimuler. On a beau faire, cela manque de liant, d'unité entre les situations.

L'humour n'y est pas toujours très vif. Gentillet, axé sur des gags classiques, le comique de situation ne déborde guère. On notera toutefois deux trois choses susceptibles de légitimer le visionnage.

D'abord, un sketch fort réussi, celui qui voit s'affronter Fernandel et un jeune Louis de Funès.
 Pas encore dégarni, ce dernier joue un croque-mort inquiétant. L'humour est ici plus noir bien sûr, mais surtout il prend des aspects de fable avec sa morale finale. Le duo fonctionne bien.

Un autre sketch m'a paru intéressant celui-ci où Fernandel
est commandant d'un navire marchand et parie sa fortune dans le jeu de la mouche et du sucre. L'atmosphère suffocante, le jeu de la mise en scène, entre les différents personnages tout cela produit une sorte de suspense qui peut déclencher des sourires. La vision du monde qui en découle est étrange, en dehors du temps, même à l'époque je pense.

C'est un sketch étrange, mais des acteurs comme Andrex ou Darío Moreno
 le retiennent dans la fantaisie et puis Édouard Delmont

est tout simplement très bon. J'adore ce comédien, sa voix nasillarde, qui traîne son accent méridional pour mettre en exergue un savant jeu systématiquement précis (mais sûrement inenvisageable de nos jours : je ne sais qui pourrait se rapprocher de ce jeu-là). À nulle autre pareille, et pourtant il tourne, ça fonctionne !

Outre les petits numéros habituels auxquels se livre Fernandel et qui plairont à ses admirateurs nombreux, on notera les petites grivoiseries pseudo-érotiques qui émaillent la pellicule à deux ou trois reprises, très légers effeuillés furtifs comme on pouvait en voir dans ce temps-là et qui surprennent aujourd'hui par leur gratuité.

La mise en scène de Henri Verneuil est quelquefois ingénieuse, mais ce n'est pas sur ce film que sa maîtrise apparaît particulièrement nette. Je suis prêt à parier que cette légère inconstance s'explique par l'incohérence de départ, du scénario donc, à la structure même du film. Quelques plans sont bien filmés, ont de la pâte, ont ce petit goût de reviens-y qui fait que, de temps à autre, j'aime à revoir ce petit film, même s'il a beaucoup vieilli, même si Fernandel en fait des caisses.

Trombi:
Françoise Arnoul:

Lolita López:

Ky Duyen:

Paulette Dubost:

Leopoldo Francés:
Michel ArdanAndrex:

René Havard:

Yette Lucas:

René Génin et Tony Jacquot:

Albert Michel (droite):

Nina MyralDenise Grey et Georges Chamarat:

Edmond Ardisson et José Casa:

Noël Roquevert:

Max Desrau:

Philippe Richard, ?, Raphaël Patorni et ?:

Pâquerette:

Micheline Gary:

?:

?:

mercredi 7 mai 2014

Une manche et la belle



1957

Cinéaste: Henri Verneuil
Comédiens: Henri Vidal - Mylène Demongeot

Notice SC
Notice Imdb

Vu en dvd




Petit film noir que j'ai eu l'opportunité de découvrir sans trop savoir à quoi m'attendre. Verneuil et Demongeot sont les deux éléments qui ont attiré mon attention. Je ne savais rien de sa qualité, ni même de son sujet, si ce n'est son genre. Je m'attendais à un peu plus d'action, mais en gros c'est avec peu d'a priori et une curiosité tout simple que j'ai entamé ce visionnage.

Très vite, j'ai eu peur d'assister à un remake de "Sunset Boulevard", mais les prémisses du film laissent ensuite le scénario développer une trame bien différente. Sans parler de la profondeur du propos ou de la qualité esthétique affichée. Cela reste un bon petit film, peut-être un peu trop longuet.

Sans grande surprise, l'histoire est des plus classiques et joue sur les clés du genre : la fatalité, le pognon, la garce, la trahison, le crime parfait, l'échec, etc. S'il n'y aucune surprise, cela se suit sans heurt.

Les décors de Jean d'Eaubonne sont assez joliment agencés. Ils offrent un cadre opulent que la photographie de Christian Matras aurait presque pu rendre flamboyant voire majestueux.

La mise en scène d'Henri Verneuil reste ordinaire. A part quelques idées bien maîtrisées, le cinéaste s'en tient à une réalisation trop sage. Sa mise en forme aurait pu être plus pétillante. Il ne prend pratiquement aucun risque, c'est triste. Tout cela est fort correct, mais jamais original.

Les comédiens ne sont pas extraordinaires non plus. Henri Vidal n'a pas un charme phénoménal, ce n'est pas une découverte, m'enfin, c'est toujours un peu navrant, d'autant qu'il a joué dans de nombreux films intéressants. Acteur demandé... je m'interroge encore sur les raisons d'un tel succès. J'aimerais bien avoir un petit aperçu de son talent, je n'y parviens jamais. Son travail est sans éclat, sans être merdique non plus. Moyen comme à l'habitude.

Mylène Demongeot joue l’ambiguïté avec un certain charme. Même si elle me parait un peu en deçà de ce qu'elle donnera un peu plus tard. Manque d'expérience et de confiance en soi sans doute. Son minois n'est pas que joli, elle parvient à jouer la duplicité, une certaine forme de perversité sur la deuxième moitié du film.

Isa Miranda a un rôle plutôt émouvant, jouant une femme en manque d'affection et misant gros sur son dernier coup de cœur. Plus dure pourrait être la chute.

Alfred Adam clôt la distribution principale avec un personnage qu'il connait par cœur, jovial, pince sans rire, clope au bec et allure débonnaire, mais pas aussi con qu'il en prend l'air.

Ce film n'a pas marqué les esprits, et pour cause! Trop banal. Sans percussion. De Henri Verneuil à Mylène Demongeot, on retiendra bien d'autres films. Que celui-là soit mineur n'empêche pas qu'il demeure agréable à voir. Plaisir sans souvenir, gentiment gentil.

Trombi:
Jean-Loup Philippe:

Jean Galland:

Ky Duyen:

André Roanne:

Georges Lannes:

Marc Valbel: