dimanche 3 février 2013

Das weiße Band - Eine deutsche Kindergeschichte


2009 
Alias: Le ruban blanc
Alias: The white ribbon

Cinéaste: Michael Haneke
Comédiens: Christian Friedel- Leonie Benesch - Burghart Klaußner - Rainer Bock

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Notice SC

Vu en blu ray



J'aime beaucoup Michael Haneke et, pour une raison qui m'échappe encore en partie, je suis un peu déçu de ce ruban blanc. Sans doute parce que je m'attendais à une création de plus grande ampleur cinématographiquement, émotionnellement, surtout à être surpris. Et puis peut-être que le fait d'avoir vu "Fanny et Alexandre" d'Ingmar Bergman il n'y a pas si longtemps m'empêche de trouver de l'originalité à ce pasteur on ne peut plus mortifère et destructeur. Si j'essaie de faire abstraction de tous les films qui évoquent de près ou de loin l'espèce de système social où la religion s'ingénie à asphyxier les relations entre les individus, où les corps sont ressentis comme des menaces à l'ordre, ou pire comme des immondices à malmener, à contrarier coûte que coûte, à nier de manière résolue et éternelle, si je parviens à considérer le film d'Haneke dans son intégralité sans faire de comparaisons plutôt injustifiées (on devrait jamais se laisser aller à ce genre d'approches, c'est pourtant un vice auquel je m'adonne moi même), comme si on évoquait ce type de dégénérescence civilisationnelle pour la première fois, alors il serait tentant bien entendu de parler de très grand film.

Alors? Sois honnête camarade, et admets au moins qu'Haneke sait y faire. Sa direction d'acteurs est irréprochable, bien plus, elle est époustouflante. L'écriture du scénario est très efficace et que dire que découpage du récit, de la mise en image, de ce très beau noir & blanc, de cette astucieuse et très forte capacité à marquer les esprits par de longs plans fixes?

Les plans-séquences en disent bien long sur la très grande difficulté des personnages à vivre dans ce que l'on appellerait un univers serein. Ces scènes finement conçues montrent parfaitement comment la vie dans ce petit village à l'aube du premier conflit mondial est putamment gangrénée par la religion, par un patriarcat d'une violence incroyable à l'égard des femmes et des plus faibles, les enfants n'étant pas épargnés non plus. L'étouffement s'impose. Une sorte de putréfaction mentale illustre la pitoyable philosophie ou morale chrétienne qui préside aux destinées d'un monde où la misère sexuelle écrase toute velléité de liberté. Aucune famille n'échappe au sordide. C'est ce qui est le plus dur à subir en visionnant le film : que ce soit l'inceste, la violence phallocratique, celle qu'endurent les enfants, la domination sociale de l'aristocratie terrienne sur la communauté paysanne, ou bien encore la violence gratuite dont on ignore la cause et qui finalement sert de catalyseur, de prétexte à faire surgir tous les maux réels mais enfouis, tout le monde est obligé de se colleter avec ce pathos.

Seul l'instituteur et celle qui a trouvé grâce à ses yeux émergent un petit peu, constituant un petit ilot d'humanité et d'amour, d'espoir aussi, une sorte de respiration de couleurs qui ne durera pas, la guerre étant ici en germe. Cette présence apparait alors incongrue et démontre par contraste combien le reste de la petite société vit dans une douleur permanente, une existence vouée à l'incomplétude, le plus souvent morbide, pour résumer.

Les acteurs sont tous très impressionnants. Même les enfants sont froids. A ce propos, le noir & blanc parait non seulement esthétiquement justifié, mais surtout indispensable pour rendre le récit "acceptable", plus crédible encore, en tout cas totalement approprié.

Et c'est fort dommage que le blu ray soit d'aussi médiocre qualité. Sur les scènes sombres, les contrastes disparaissent complètement. Quant aux blancs, ils crachent une purée de grains épouvantable. Autant dire que la plupart des détails sont invisibles. Je n'ai pas de chance en ce moment, je me tape coup sur coup des blu rays indignes.

Mini-trombi:
Christian Friedel et Leonie Benesch:


Ursina Lardi:

Burghart Klaußner:

 Fion Mutert:
 

26 commentaires:

  1. Votre essai me donne envie de revoir ce film (en DVD classique. Mes excursions côté blu-ray sont décevantes : elles n'apportent rien aux bons films, soulignent la médiocrité des autres. Valables sans doute pour la restauration des chefs d'oeuvre anciens). Un ami allemand m'a présenté ce film comme une préfiguration du nazisme, si c'était vrai, Thérèse Desqueyroux (Franju ) annoncerait la collaboration …
    La malveillance gratuite n'annonce rien, elle parle
    surtout de sévices antérieurs, injustement subis.
    Les photos sont magnifiques, celles de femmes filiformes en robes noires sont indélébiles. Pour une préfiguration très explicite du nazisme voir L'oeuf du Serpent de Bergman (malgré ses invraisemblables gens du cirque, comparés à ceux de La Nuit des Forains).
    "Fanny et Alexandre" : oui, oui et oui XL si on a lu
    l'autobiographie de Bergman (Laterna magica).

    Roxane

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  2. Oui c'est bien d'évoquer l'autobiographie de Bergman. Je l'ai lue avant de voir Fanny et Alexandre, ce qui fait que les souvenirs d'enfance de Bergman, que ce soit les petites poussières dans les rais du soleil ou l'extrême sévérité du père n'en étaient que plus marquantes en visionnant le film.

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    1. Je vous répondrai demain : il est 3 heures (a.m.) et je tombe de sommeil. J'aurai mille choses à dire, davantage sur Bergman que sur Hanecke que j'ai regardé sans m'investir (j'ai des a priori probablement stupides, mais insurmontables : Chabrol, Hupert, Hanecke partagent à mes yeux quelque chose de redoutablement pervers).
      Full stop pour ce soir

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    2. Cette biographie, je l'ai lue très tardivement, après avoir vu et revu tout Bergman et j'ai été saisie par la description d'êtres et de situations qui ont trouvé le chemin de la création artistique. Dans "Les Fraises Sauvages" il y a un
      dîner merveilleux qui réunit toute une famille "unie" (sorry for the jingle) autour d'une table où brillent cristaux, argenterie et surtout une grand mère merveilleuse (qui a été une merveilleuse complice d'Ingmar enfant). La comédie déliicieuse, peu connue, "Toutes Ses Femmes",
      prend racine dans cette vie sentimentale tumultueuse :"La Flûte enchantée" de Mozart est aussi un souvenir d'enfance d'Ingmar Bergman, marionettes d'abord, puis scène d'opéra au château dans "L'Heure du Loup",
      film enfin, ",La Flûte Enchantée", avec ses naïvetés, ses décors en carton pâte ; mais dans ce cas précis le bonus du DVD
      est une mine incontournable. Il ya si je me souviens bien, un documentaire sur la direction d'acteurs et également
      un long entretien avec Bergman en bout de carrière ou presque.

      Roxane


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  3. Quant aux blu rays, beaucoup disent que celui ci est d'excellente facture. J'ai peine à le croire. Suis-je devenu trop exigeant? J'aime particulièrement ce format, car j'ai eu grâce à lui de très belles expériences, véritables jouissances visuelles. Le tout premier blu ray que j'ai vu, "La prisonnière du désert" me laisse un souvenir ému. Je notais juste que mes dernières tentatives s'étaient révélées décevantes. Pourtant, j'ai encore des frissons à l'évocation du blu ray Criterion du Colonel Blimp. J'espère que je n'ai pas par inadvertance changé quelque chose à la configuration de mon lecteur? J'ai donc encore foi dans ce format, car ai vécu bien plus de beaux visionnages que de médiocres, même si la recrudescence des moins bons ces derniers temps pourrait me faire douter. Il était une fois dans l'ouest, Shutter Island, An affair to remember, par exemple sont magnifiques et valent encore plus que leur pesant de cacahuètes.

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    1. le tout premier blu-ray que j'ai vu, Barry Lyndon, m'a montré qu'un film fait à tous égards avec le plus grand soin et une technologie de pointe (ici des télé objectifs de la Nasa pour les scènes aux chandelles) ne gagnait absolument rien, mais coûtait bien plus cher en blu-ray. Ma
      dernière expérience, acheter en blu-ray un film culte de Fellini (dont je n'aime pour finir que "La dolce vita") que je n'ai — à ma grande honte — jamais vu : 8 1/2. Alors ici rien, trois fois rien : beaucoup d'ennui dans cette ville d'eau peuplée de vieillards et de ces "pépées" chères à Fellini,
      où le blanc écrase tout. Si l'intrigue m'avait intéressée, j'aurais acheté le DVD car au cinéma j'aime plus que tout le noir&blanc. C'est aussi pour cette raison que Douglas Siirk me dérange terriblement. Chromo (l'équivalent de l'hyper réalisme en peinture). Le noir et blanc offre une immense palette, les gradations du gris, l'ombre et la lumière dans les gravures de Rembrandt, de Dürer; dons le cinéma expressionniste allemand de l'UFA, plus près de nous Hitchcock et tous ces polars qui en ont tiré un si grand parti. Je revois souvent pour le plaisir Le Grand Sommeil …La brume sur les plans d'eau chez Mizoguchi : que d'émotions !
      Imaginez une seconde ce que la couleur enlèverait à Barbara Stanwyck que j'aime dans tous les registres (dont "All I Desire" de Douglas Sirk …)

      Lorsque le ou les directeurs artistiques d'un film font des recherches iconographiques alimentées par une connaissance de la peinture
      le couleur fait des prodiges (dans Barry Lyndon, on retrouve la peinture anglaise du XVIIIe siècle : Hogarth, Reynolds, Gainsborough; dans
      "Cris et Chuchotements", symphonie en rouge, noir, blanc et vert on lit à l'évidence Edvard Munch, et, pour faire vite, Monet
      dans un souvenir d'enfance d'Agnès agonisante : quatre femmes en blanc, portant chacune une ombrelle blanche, dans un parc aux grands arbres verts ;
      mais ici le travail de Nykvist est si parfait - il a avec Bergman, fait des repérages pendant 15 jours pour filmer le plus possible à la lumière du jour — qu'on peut se demander ce qu'apporterai le blu-ray …)

      Je ne sais pas qui vous êtes : le stakhanoviste qui rend copieusement compte de Lady Hamilton ?
      Si vous le voyez, dites lui, puisque Churchill aimait ce film, qu'Hitler à la même époque revoyait six fois "Camille" avec Garbo. Ah ce cul-corps ! Mais je ne laisserai plus de commentaires : time-consuming et je dois gérer mon temps pour voir dix films par semaine, et lire autour (Sight and Sound, Senses of Cinema).
      Mon horloge biologique est déréglée : ce qui me conduit à déconner dans la maison.Cela étant, je vous dirai bientôt j'espère, mon plaisir à vous lire.

      Roxane



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    2. encore un mot : mon métier a un rapport étroit avec la peinture et ma double formation (anglais, histoire de
      l'art) : je traduis pour les grands musées (de France et d'Europe) pour les grans éditeurs d'art, pour Chritie"s et les premières galeries de peinture de Paris. Je n'avais pas envie de me vanter, mais vous m'y obligez. A 16 ans, la National Gallery, la Wallace Collection de Londres et après, pas un seul été sans musée. L'Italie de haut en bas, six mois à Florence. Une visite quotidienne d'une heure aux Uffizi, j'en passe.
      Voir Les Ménines de Vélasquez et lire le premier chapitre de Foucault : Les Mots et les Choses.

      Je sais de quoi je parle : tout le monde n'en fait pas autant.

      Roxane
      Roxane

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  4. Je serais bien infoutu de choisir entre un bon noir et blanc et un bon technicolor. J'aime vraiment les deux. C'est sans comparaison possible, je pense d'ailleurs. Des maîtres chef-op ont produit des œuvres renversantes dans les deux photos.

    Mon inculture picturale m'empêche bien souvent de goûter comme il se devrait certains films. Mais j'y travaille.

    Attention à ne pas négliger nos petits corps sans lesquels il n'y a pas de bons séances de ciné. Une bonne tête reposée et saine pour bien apprécier un bon film. Bon week-end, plein de sommeil. Faut recharger, soldat!

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  5. Mon amour de la peinture (votre ami syndicaliste dit que je pérore : si j'aime des choses qu'il ne comprend pas encore cest que je suis très vieille et qu'il est encore très jeune) a guidé toute mon existence, j'ai aimé des hommes (oui, oui des hommes, pas des femmes) qui aimaient la peinture, toute la peinture de Léonard de Vinci à Edward Hopper. J'ai ou nous avons trainé la savate dans les collections privées de Suisse, dans les grandes expo européennes (la dynastie des Brueghel à
    Bruxelles) les Vermeer à Delft, trois journées entières au Metropolitan de New York. De grâce, n'en jetez plus ! Bref l'oeil s'éduque et c'est bien de dire "j'y travaille", parce que le cinéma ce sont avant tout des images, pictures en anglais, on dit même "images en mouvement : motion pictures". J'aime la littérature qui est l'art de raconter des histoires : que fait le cinéma ? Il raconte des histoires et souvent, pour faire plus court, en dit plus long avec une image qu'une page entière de
    Proust. Le cinéma réunit donc tous les talents, ajoutez la musique (je pense à celle de Nyman dans Meurtre dans un Jardin anglais) et vous avez un art dit 7 ème parce qu'il vient d'arriver, mais qui en vérité bouscule les 6 premiers et mérite qu'on lui consacre ses jours et ses nuits, sa vie entière. Ma plus belle passion.
    il m'arrive de me faire un café très fort à 11 heures du soir, parce que c'est dommage d'aller dormir. Mais ne vous inquiétez pas pour moi, j'émerge à midi … tout ça est déséquilibré, mais je crois au chaos, et je suis désormais seule comptable de mon temps. Il est minuit et je vais me faire une toile : la journée s'est passée en tâches ingrates mais indispensables. Le web est un instrument si intelligent que vous pouvez faire connaissance d'un peintre par jour.
    Prenez Goya, cliquez sur google images, regardez ces images en diaporama sur votre écran télé, pouvez jeter un oeil à sa biographie et vous procurer deux films "les fantômes de Goya" de Milos Forman et de Carlos Saura (mais celui-l) je ne le connais pas encore) "Goya à Bordeaux". Cherchez la définition et l'illustration des "Caprices de Goya". Je suis persuadée qu'avec lui, vous mettrez un pied à l'étrier. Faites-moi signe quand vous aurez fait ce tour de manège, (je ne vous indiquerai jamais de peinture religieuse, cela dit en passant). Il est ce soir l'heure d'aller au cinéma. Je vous embrasse, ce qui ne nous engage aucunement !
    [A suivre]

    Roxanej

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  6. Je ne suis pas encore attiré par Goya. Pourtant, j'ai essayé adolescent quand j'estois bordelais. Je me souviens qu'une prof du lycée Montesquieu avec le concours de la "casa Goya" avait tenté de nous ouvrir à ce monde. Mais j'y arriverai. J'ai encore le souvenir du bouleversant "tres de mayo" au Prado. Ou les provocateurs "Maja". Mais en ce moment, je me considère comme débutant, par conséquent, je suis encore dans la découverte des maîtres précédents. J'ai vu au Musée Fabre l'expo Caravage. Foutre dieu, que voilà un personnage cinématographique! Je suis sidéré par la vie et la philosophie qui se dégage de son univers. Ce qui me surprend le plus, c'est que Pasolini n'ait pas fait un film sur lui... Merisi étant tellement pasolinien écorché vif, libre dans un monde cadenassé. Après avoir lu et dévoré l'histoire de l'art de Gombrich, je m'attèle à celle plus littéraire de Faure, aussi plus austère. Je reviendrai aux arts premiers ensuite, j'ai un bouquin sur l'art mélanésien qui m'attend. Et cet été sera barcelonien, j'ai envie de comprendre Miro, de manger tout Gaudi et de me plonger dans cette folle aventure catalane de la fin XIX et début XX. Bref, Goya aurait du mal à trouver sa place pour le moment. Mais l'artiste est intéressant et je ne voudrais pas lui fermer la porte.

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  7. Génial ! Vous êtes déjà très avancé. La Maya nue n'est pas provocatrice, voyez le déjeuner sur l'herbe de Manet.
    Quand on aime le cnéma, on aime déjà les images et leur composition n'échappe pas.
    Si vous repassez par le Prado, jetez un oeil — si cela vous tente — sur sa très complète collection de (son nom m'échappe, merde !), auteur du Jardin des Délices.

    Je vous écrivais à un autre sujet. Le RUBAN BLANC : cinéma de merde
    (j'ai un ami critique américain qui aime ce film. Je l'ai revu : moi résolument non !) Je lui ai envoyé ce papier en anglais.

    http://cinemademerde.com/White_Ribbon.shtml

    CINEMA DE MERDE : that's quite strong

    But looking back on the doctor's insufferable, cruel words to the midwife he has been screwing in all positions and corners, failing to abort her correctly so that her son is a retarded scapegoat for the perverse village children, I cannot but agree :
    it's CINEMA DE MERDE ...

    Isabelle Huppert presided the festival when Hanecke received the high distinction. She had formerly acted for him ...
    So it's not quite, quite clear.

    Isabelle Huppert has often been directed by the perverse CLAUDE CHABROL, and has accepted dirty, violent
    roles under his direction.

    Qui se ressemble se rassemble (means : the likes bunch together)

    (I am reading the 33 German critics of the film and shall finally revert to yours)



    Alligator : Si on ne va pas spontément à GOYA, c'est triste à mes yeux. La quinta del sordo à Bordeaux, les horreurs de la guerre (napoléonienne) mais bien avant ses femmes de cour qui ont des robes splendides "avec des gueules à chier dessus" indication s'il en est de son antipathie pour ses commanditaires royaux. C'est à la lumière de ceux)ci
    qu'on peut apprécier les MAYAS, qui relèvent d'une tradition ancienne (Titien, Rubens.

    je vous quitte aujourd'hui pour de bon. J'ai passé mon temps à lire et écrire : il est temps de changer d'écran.

    Gombrich et Faure : c'est magnifique. Ne lisez pas en diagonale. Le Carravage : j'ai vu un très beau film sur ce peintre,
    il y a longtemps. Son clair obscur va influencer toute une génération*, et cette femme - encore un nom qui fout le camp — qui était au musée Maillol il y a quelques mois et à laquel Agnès Merlet a consacré un joli film.

    * les "luministes"

    On écrit "si petit" dans ces vignettes, que je ne peux pas me relire et laisse, désolée, des photes !

    Roxane

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  8. encore un mot : mon métier a un rapport étroit avec la peinture et ma double formation (anglais, histoire de
    l'art) : je traduis pour les grands musées (de France et d'Europe) pour les grans éditeurs d'art, pour Chritie"s et les premières galeries de peinture de Paris. Je n'avais pas envie de me vanter, mais vous m'y obligez. A 16 ans, la National Gallery, la Wallace Collection de Londres et après, pas un seul été sans musée. L'Italie de haut en bas, six mois à Florence. Une visite quotidienne d'une heure aux Uffizi, j'en passe.
    Voir Les Ménines de Vélasquez et lire le premier chapitre de Foucault : Les Mots et les Choses.

    Je sais de quoi je parle : tout le monde n'en fait pas autant.

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    1. Ceci est un P.S.


      Si vous allez à Barcelone, cherchez la
      Calle Avignones. A l’époque où Picasso
      vivait dans cette ville, avant de s’exiler
      à Paris, c’était l’équivalent de la
      « rue St Denis » de Paris : une rue de
      prostituées. Je ne sais pas ce qu’elle
      est aujourd’hui, mais elle a donné
      son titre au tableau de 1912 : « Les
      Demoiselles d’Avignon ». Des putes
      Cubistes, en somme.

      Roxane

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  9. Ah oui, Jérôme Bosch! J'avais déjà noté que le prado en était bien pourvu. J'aime beaucoup. Encore un qui intrigue!

    Pour en revenir au cinéma "pervers" de Chabrol et Haneke, j'avoue que le mot "pervers" me laisse perplexe. Ma femme a souvent un regard très "moral" sur le cinéma, elle exècre Lars Von Trier pour cette même raison. Et je n'arrive pas souvent à en vouloir à un artiste même quand il explore des univers, des pensées que beaucoup trouvent complaisantes, voire dégueulasses. J'aime bien la provocation que ces types cultivent. Beaucoup n'aiment pas Ferreri par exemple pour ces mêmes raisons que vous exposer. Alors ce n'est pas tant que j'aime toutes les provocations, dans toutes les circonstances et portées par tous les personnages, mais disons que souvent je parviens non seulement à les entendre mais à les trouver savoureuses. Haneke, Chabrol, Veroeheven, Ferreri et les autres sont des auteurs à part entière, résolument conscients que beaucoup n'apprécient pas leur travail, et finalement semblent se nourrir du dégoût que leur cinéma peut susciter. C'est une démarche artistique que je trouve saine en fin de compte, et même pleine d'humour, noir certes, mais d'humour quand même, un humour qui se bat contre l'horreur et l'absurdité de nos pauvres existences. Je leur en sais gré.

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    1. "nos pauvres existences", SVP, parlez pour vous !

      Roxane

      Vous ne trouvez pas bizarre d'exposer nos dialogues (vous faites ici et là des efforts stylistiques, moi aussi, matinés comme il se doit de grossièretés pour le piquant). On va nous plagier et nous n'en saurons rien.

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  10. Verhoeven : je marche à 100 %; "C'est arrivé près de chez vous"; oui, 1000 fois oui, un humour, un accent belge irrésistible, un débit de paroles qui énoncent des vérités scientifiques ou absurdes qui demandent à être analysées, mais on n'a pas le temps.
    Ce tueur en série a une bonne tête. Ici, pas de dégoût Créer le dégoût sans rire n'est pas sain. Hanecke est malsain.Il manipule mais ne donne rien. Si vous avez subodoré un poil d'humour chez lui, c'est que vous avez le nez très fin.Il y a chez Chabrol de la cruauté gratuite (il y a longtemps que je n'ai plus envie de voir ses films) mais pas d'humour. Ecoutez le parler d'Hitchcock dans le bonus d'un DVD (Cary Grant et Grace Kelly à Cannes) : il est lamentable.

    Je viens de revoir par acquit de conscience "on the waterfront" : décidément je n'aime pas cette histoire de mouchard repenti. C'est Kazan et le McCartysme : un chapitre sinistre de l'histoire du cinéma américain.

    La première année, je revendais mes films pour 3 sous, histoire de ne pas m'encombrer (les livres d'art prennent tout un mur et on ne peut mettre les DVD à côté des livres) puis j'ai racheté plein tarif des films mis à la corbeille. Pour revoir quelque chose, quelqu'un à un autre âge. Un artiste passé inaperçu. Le Baron du ruban blanc, je le connais très bien par les polars de ZDF, et vous si vous avez vu La Vie des Autres.
    L'Espagne de Philippe IV (je pérore) a possédé les Pays-Bas : de là cette richesse en peintures du Nord au Prado. La Kermesse Héroïque de Jacques Feder illustre un épisode drolatique de cette occupation.Le cinéphage stkhanoviste (vous, peut-être) qui aime Korda (moi aussi) connaît sans doute "Rembrandt" et "La Vie pivée d'Henri VIII" avec Charlesl Laughton. J'ai hélas, revendu le second.
    J'ai une très grande sympathie pour les production de Gainsborough (dont The Scarlet Pimpernel avec …… et Merle Oberon et un temps épouse de Korda). Korda a quitté Budapest avec Michael Curtiz alors que s'achevait l'âge d'or de Budapest. Je ne connais pas les dates, mais compte tenu de leur âge mûr, c'était probablement la révolution russe de 1917. Je suis intarrissable et vais vous raconter la suite en dormant …

    Roxane

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    1. Korda et Michael Curtiz (Casablanca, entre autres) ont quitté Budapest en 1919, fuyant une vague d'antisémitisme déferlante.
      .
      Miro, d'accord, les arts premiers d'accord : mais les motion pictures parlent d'images. Comment faire l'impasse du Surréalisme avant d'aller à Miro, ou encore trouver une filiation entre les totems et les images. Mais pourquoi pas ?Il faut aller toujours vers ce qui vous parle, c'est la meilleure façon d'avancer

      Je ne pense pas que l'on puisse être plagié sinon par un auteur méchant qui écrira "le cinéma pour les nuls" …

      Roxane

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    2. Je ne suis pas d'accord à propos de la gratuité ou de l'absence de don chez Chabrol ou Haneke. Chabrol est tout humour, pince sans rire, grossier ou vulgaire parfois, une méchanceté de petit saligaud, de chenapan. Haneke, je vous concède qu'il est plus difficile d'y trouver de l'humour. Il y est, mais il faut aller chercher profondément. Il y a un malaise chez Haneke qu'on retrouve souvent dans la culture autrichienne depuis disons une cinquantaine d'années. On est loin de Wilder c'est sûr, mais Haneke a un sens de la provocation qui semble provenir d'une colère rentrée, justement très autrichienne, quelque chose de camouflé et d'aussi étouffé qu'étouffant. On sent vraiment chez cet auteur la vitale nécessité de faire sortir par la violence morale ou physique d'un mal être, un malaise né de l'interdiction de dire, d'exprimer les vérités, surtout les plus sales. Entendez par ce mot "ressenties comme sales". C'est pareil pour nos "pauvres existences" : j'ai les plus grandes difficultés à prendre les discours moraux sentencieux au sérieux (bien plus encore quand il s'agit de cinéma, média que je ressens comme le plus à même de tout dire).

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  11. Bonjour Allgator, avec La pianiste et Amour, Le ruban blanc est mon film préféré d'Haneke. Lire mon billet http://dasola.canalblog.com/archives/2009/11/07/15561153.html Dès la première image, j'ai su que cela me plairait. Bonne soirée.

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  12. cher Alli 'tous les hommes s'appellent Alli" dit Fassbinder

    Nous sommes dans une impasse et nous n'en sortirons pas. Je souhaiterais, comme je fonctionne à contre sens et que votre blog ne m'accepte pas que vous supprimiez TOUS mes commentaires. J'ai été résolument négative pour tout ou presque.
    Donc, pour vous aucun intérêt. Le nom de Roxane n'est pas comprometant pour moi car j'ai treize pseudonymes et j'en aurai un quatorzième pour signer mon livre (qui a pris forme à la faveur de votre réflexion ! Merci)

    Roxane

    Désolée pour Dasola …

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  13. P.S.

    N'oubliez pas le musée Dapper, spécifiquement AFRIQUE
    Vous ne trouverez rien chez Gombrich à ce sujet, mais lisez plutôt Lévi-Strauss …

    Amicalement et sans rancune aucune

    Roxane

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  14. Bah, on s'en fout que ce soit négatif ou positif, non? Tant qu'on parle du film, cela reste très cohérent.

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  15. Et puis chacun ses goûts, ses ressentis, ses expressions, son écriture, son style...

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  16. Les commentaires sont écrits, publiés, ils font partie de l'histoire maintenant. Je n'aime pas la censure. Vous m'aviez dit si mes souvenirs sont bons que je n'aimais pas être critiqué. Qui l'aime? Peut-être ceux qui publient les avis contraires l'aiment davantage que ceux qui les censurent en les supprimant.

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  17. Je pense que je pourrais éventuellement ne pas publier les commentaires qui s'éloignent trop du film. C'est une chose que je n'avais pas prévu, je le confesse. Sans doute que je supprimerai vos commentaires sur la cuillère zoulou, qui n'ont strictement rien à voir avec la cuillère zoulou.

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  18. Je vous trouve plein de sagesse et de générosité. Vous aimez partager, moi aussi, mais je vais souvent trop loin.
    Aujourd'hui encore !


    Au sommaire de Senses of Cinema, aujourd’hui. Je vois 3 articles pour vous. Pourquoi ne pas vous abonner ? C’est gratuit et …très payant !

    Roxane
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    March 2013

    Features (au sommaire)

    To the Viewer: On Nicholas Ray’s We Can’t Go Home Again by Susan Ray


    Sirk, Hollywood and Genre by Tom Ryan


    Bodies in Filmic Space: The Mise en Scène of ‘Courtship Readiness’ in The Big Sleep by Warren Buckland

    
Notes on Sans Soleil by Murray Pomerance

    
Thank God We Don't Have a Pope: Habemus Papam, Moretti's Apocalypse by Marko Bauer

    
The Angels’ Share: Ken Loach and Paul Laverty Lift Scotland’s Kilts to Expose Its Darker Parts by David Martin-Jones

    
Poetry in the Air: Mad Bastards and Toomelah by Lorraine Mortimer

    
It All Flows Back: Treed Murray and the Limits of Urban Community by Zachary Abram

    
Umwelt, Landscape and Lupu Pick’s Sylvester by Tyson Wils

    
In Dreams and Imagination: Surrealist Values in Mulholland Dr. and Inland Empire by Michael Pattison




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