lundi 17 octobre 2011

La pianiste



2001
Alias: The piano player

Alias: The piano teacher


Cinéaste:Michael Haneke
Comédiens:Isabelle Huppert -Annie Girardot -Benoît Magimel -Susanne Lothar -Udo Samel -June Thorburn

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en dvd

C'est très étrange, mais j'avais pratiquement tout oublié de ce film, vu il n'y a pas si longtemps, 5 ou 6 années à tout casser. Pourtant, j'en gardais un bon souvenir. Ce n'est donc même pas le refus, la dénégation d'un film dérangeant qui peut expliquer cette absence. Peu importe, passons.

Malgré l'épouvantable tenue du dvd, j'ai à nouveau été extrêmement touché par le personnage interprété par Isabelle Huppert. Haneke nous convie à partager l'existence cauchemardesque de cette pauvre femme complètement déstructurée, cassée par une relation à la mère plus que branque, totalement monstrueuse.

La lente progression de l'histoire l'est un peu de manière excessive. On peut s'ennuyer à suivre cet étrange ballet amoureux, ce personnage mal cerné, si brutal, si froid et qu'on sent pourtant perturbé par immixtion d'un homme empressé de conquérir et de consommer cet amour.

Benoit Magimel joue un jeune pianiste éperdument amoureux qui la harcèle de louanges et de courbettes. On est à la fois perplexe et lassé par cette relation trouble, cette espèce d'obsession malsaine que Magimel fait vivre, avec plus ou moins de crédibilité d'ailleurs. Je ne suis pas sûr que ce soit la faute du comédien. J'envisagerais plutôt celle du dialogue : ce qu'on lui fait dire sonne de façon trop ampoulée et factice pour être dit avec sincérité. Cela dit, Haneke voudrait, je pense, que cela apparaisse comme vrai, suffisamment du moins pour convaincre le personnage joué par Huppert, mais cela ne fonctionne pas bien. Dommage car le personnage de Magimel perd en densité comme en émotion ce que gagne en profondeur et empathie celui d'Huppert. Je ne le déplore que dans une moindre mesure car, en fin de comte, ce fossé entre les personnages est à l'image de l'incompréhension sur laquelle ils viennent se briser. C'est juste que de cette dichotomie, Magimel n'en sort pas indemne sur le plan moral. J'ai l'impression que l'histoire le juge. Il apparait un peu comme le salopard, le joli cœur embobineur, manipulateur, le Don Juan qui s'éloigne sitôt conquis sa citadelle, dans la dernière scène, sans s'attacher, comme un coup de vent, l'oubli, la mémoire et les sentiments qui passent. Oui, c'est cela qui me dérange un peu.

Quoiqu'il en soit, je trouve ce film émouvant, à défaut d'être passionnant. Les derniers instants ne le deviennent que parce que tout le reste du film déroule son récit sur un rythme et des propositions de jeu en trompe l'œil, à l'image du personnage d'Huppert., totalement contre-faite, figure du professeur de musique rigide, sévère, rigoriste, propre, mais dont la vie intime est faite d'éclatements, de fascination pour la douleur et la salissure, esclave de ses passions morbides, humiliantes et contradictoires.

Avant de partir, il faut tordre le cou à à l'histoire cannoise : ce film n'est pas indigeste, ni ultra nauséeux. J'ai encore en mémoire ces images et ces voix du public sortant de la salle en vociférant toute leur indignation et leur vomissement. C'est disproportionné. Le film n'est pas irregardable. On n'est ni devant "Salo" ni "Irréversible". Certes, ce que vit Huppert est dur, très difficile à comprendre.

De toute façon, doit-on le comprendre? Même pas. Il s'agit plutôt de ressentir toute la détresse de cette femme, restée enfant, enfermée dans une vie biscornue. Le personnage vaut vraiment la peine d'être visité.

Et Isabelle Huppert, comme Annie Girardot d'ailleurs, livre une de ses plus époustouflantes prestations. Annie Girardot, vieillissante mais toujours juste, le regard tout aussi perdu que celui de sa fille. Ces deux actrices sont dans mon panthéon des toutes meilleures actrices. Superbes.

Trombi:
Susanne Lothar:

Anna Sigalevitch:

Udo Samel:

Cornelia Köndgen:

Thomas Weinhappel:

Florian Koban?

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