jeudi 3 juillet 2014

Sexe, magouille et culture générale



2001
Alias: Sexe, magouille et culture générale

Auteur: Laurent Baffie 
Metteur en scène: Laurent Baffie 
Comédiens: Laurent Baffie - Karine Lyachenko - Daniel Russo

Notice Imdb

Vu à la télé



J'ai vu, il y a quelques temps déjà, une autre pièce de Laurent Baffie ("Les bonobos"), mais à l'époque je ne chroniquais pas les pièces de théâtre sur mon blog. J'y reviendrai sans doute une autre fois. Quoiqu'il en soit, en découvrant "Sexe, magouille et culture générale", je connaissais déjà le type de théâtre auquel j'assistais. Avec maintenant deux pièces vue de cet auteur, je commence à me faire une petite idée du style, de l'univers du bonhomme. D'autant plus que j'ai vu également "Les clefs de bagnole".

Indéniablement, il y a un ton, une liberté, quelque chose qui revient, un véritable style à mettre au crédit de Laurent Baffie. Longtemps considéré comme un simple trublion télévisuel, un personnage tout en provocation et gros mots du petit écran, Laurent Baffie passe aux yeux de beaucoup pour ce type qui dézingue ses interlocuteurs, un pistolet à vannes, quelqu'un de grossier, voire vulgaire, mais en aucun cas comme un artiste à part entière. Ceux qui arrivent à aller au delà de cette provoc systématique peuvent également le voir comme quelqu'un de finalement sympathique et généreux. Personnellement, je le trouvais volontiers drôle, un peu trop toujours sur le même registre, mais pas plus sympathique qu'un autre.

Au fur et à mesure que je le découvre ce qu'il a fait, il ne m’apparaît pas plus sympathique, cependant ses œuvres le sont. Si l'on en était encore au stade de la comparaison, je crois que j'oserais évoquer Jean-Pierre Mocky. Il y a effectivement un aspect amateur dans ses pièces. Il est grossier, il va sans dire. Mais comme je suis moi même de cette engeance, cela ne me gêne pas le moins du monde. J'aime bien quand on croit que tout est improvisé, que l'idée d'un gag semble toute récente et concrétisée avec deux ou trois bouts de carton. On retrouve cette sensation de fabriqué à la va-vite chez Mocky, comme si l'idée valait tout, que peu importe la manière dont c'est mis en scène, que ce qui compte c'est uniquement le gag. Bien entendu, c'est une illusion.

Reste que la mise en scène est disons minorée, allant à l'essentiel. Et que la conséquence est cette espèce d'atmosphère festive et débridée qui se dégage. La pauvreté des décors, les couleurs vives, exubérantes même, et le mélange des genres donnent un ensemble bizarroïde, hétéroclite, très années 80. C'est aussi le cas sur "Les bonobos" et que dire du scénario foutraque des "Clefs de bagnole" qui part dans tous les sens!

Cette pièce se situe sur un plateau de télé et dans le bureau du producteur de l'émission. Mais entre les changements de décors, le spectacle continue rideaux baissés dans la salle avec les spectateurs. Laurent Baffie y joue le chauffeur de salle et interagit avec le public.

Son travail d'auteur sur les one-man-show d'autres artistes se fait sentir. D'ailleurs on entend Jean-Marie Bigard en voix-off pendant l'émission. Et cette sollicitation de la participation du public est piquante, parfaitement intégrée à l'histoire de la pièce. Cela maintient un rythme élevé. Cette comédie est en effet vive, avec des dialogues parfois tordants, mais toujours rapides et bien amenés.

A ce propos, Daniel Russo est de loin celui qui les dit le mieux, le plus justement, avec une aisance et un naturel qui fait plaisir à entendre. J'aime bien cet acteur. Les autres sont un peu moins à l'aise.

Encore que Pascal Sellem m'a étonné sur ce point. Je le pensais nettement moins bon.

Mado Maurin du haut de ses 90 balais n'est pas étincelante, mais s'en tire pas trop mal.

De même que Karine Lyachenko qui se coltine un rôle tarte, de grande blonde inculte.

J'ai l'impression que Laurent Baffie aime les personnages un peu limités, à la marge et qu'il aime à les faire vivre malgré leurs petits problèmes, pour les rendre sympathiques aux yeux du public. C'est plus net sur "Les bonobos", mais ici aussi on sent que les personnages ne sont pas "finis". C'est particulièrement vrai pour celui de Pascal Sellem bien sûr.

Mais bon, ne pas oublier qu'il s'agit avant tout d'une pièce comique, destinée à divertir, à faire rire. L'humour provocateur et pétaradant de Laurent Baffie s'y emploie sans arrêt. C'est là le principal. Sur moi, l'effet est assuré. 

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