dimanche 21 juillet 2013

House of cards saison 1


2013
13 épisodes

Réalisateurs: James Foley - Allen Coulter - David Fincher - Carl Franklin - Charles McDougall et Joel Schumacher
Comédiens:
Kevin Spacey- Robin Wright - Kristen Connolly - Kate Mara - Corey Stoll

Notice Imdb
Notice SC

Critique Saison 2

Vu en streaming



Cette première saison m'a beaucoup plu pour la complexité de ses personnages d'abord. Celui de Kevin Spacey par exemple,
Francis Underwood, est un animal politique d'un cynisme de grande envergure, très proche de la caricature machiavélique et l'évitant de justesse grâce notamment à une humanisation apportée avec force petites touches. Son personnage n'apparait pas ainsi comme un monstre, comme une image un peu faiblarde, stéréotype presque surnaturel à force d'infaillibilité. Au contraire, l'implacable densité de son personnage souligne que son ambition peut tout à fait vraisemblablement être le moteur de ses actes. Cependant, cette ambition n'est pas maintenue sans lutte contre des sentiments plus ou moins bien refoulés, des dépendances qu'il exècre au plus haut point.

La crédibilité de sa quête de pouvoir s'appuie sur une écriture soigneuse des scenarii. Elle est à ce point juste que l'on avale de nombreux bouleversements et rebondissements très romanesques en une seule saison.

Le personnage de Claire Underwood, interprétée par Robin Wright
est peut-être encore plus complexe, dans sa composition pour l'actrice et à appréhender pour le spectateur. D'abord, elle apparait aussi froide et calculatrice que son époux. Dans leur appartement gris, ce couple déterminé fait preuve d'un pragmatisme glaçant. Et ce n'est que très progressivement que les scenarii nous les laissent les apprivoiser. Tous les deux. Mais c'est elle qui semble le plus près de quitter cette armure qu'ils se sont constitués pour grimper les échelons politiques. On la sent plus à même d'élargir sa vision de la vie, au delà du projet qu'ils essaient d'atteindre. Chez elle, les certitudes affichées jusque là sont prêtes de faillir, les manques, les regrets sont en train de la rattraper. Et pourtant reste encore en elle ce sang de serpent, cette avidité de pouvoir, pour elle comme pour son homme.

Leur relation est très belle, centrale, faite d'interdépendances, de sentiments sincères et de respect réciproque. Alors qu'il sont très loin d'accorder ce genre de privilèges pour les autres, au moins parviennent-ils, la plupart du temps et non sans mal, à préserver une réelle intimité et une confiance mutuelle, malgré les objectifs divergents, les adultères, les doutes. Cela donne en parallèle à l'histoire politique une histoire de couple bien construite, très réaliste.

Sur le plan politique, le dessin est un peu plus grossier. Le trait est exagéré quelques fois, mais cela n'a pas grande importance car le plaisir est au rendez-vous. Ce n'est pas aussi pédagogique que "The west wings", ni basé sur le même sens de l'humour. Ici, le plaisir se développe sur ces passes d'armes stratégiques, ces parties d'échec ou de poker menteur. Les dialogues sont souvent succulents, drôles de méchanceté. Les personnages poussent le bouchon si loin dans la noirceur, le cynisme, dans la fourberie et l'outrecuidance des mensonges politiques que cela en devient comique. L'exercice de style est très agréable à suivre. On se délecte du ciselé de l'écrit.

Là encore au cours de la saison, une évolution modifie peu à peu les impressions : au départ, on a le sentiment que le couple Underwood est insubmersible, d'une efficacité inéluctable, or, progressivement, leur forteresse est attaquée de partout, les murs s'effritent, les armes s'enrayent parfois. La situation dégénère jusqu'à une espèce de faux cliffhanger à la fin de la saison 1. Le dernier épisode se termine en une queue de poisson, sans véritable conclusion, avec seulement des pistes de périls pas clairement définis , mais on voit à peu près vers quelles emmerdes on nous emmène pour la seconde saison. Les nuages menaçants s’amoncellent. Quoiqu'il en soit, il n'y a pas de déclaration formelle, comme on a l'habitude de le voir dans les autres séries. Ici, on est juste dans l'attente de la suite, mais les difficultés prochaines ont germé au sein même de cette saison, se sont positionnées sans se déclencher encore, petit à petit, tout au long de la saison. On a vu les Underwood construire leur objectif et dans le même temps laisser de petits cailloux dans leurs chaussures. Vivement la saison 2! Avec ou sans cliffhanger stricto sensu, j'ai hâte de voir comment tout cela va tourner en eau de boudin.

Souvent dans les séries américaines, on a l'occasion d'apprécier la découverte de nouveaux et talentueux comédiens. Pour ma part, sur celle-ci, je suis gâté.
Corey Stoll
est peut-être celui qui m'a le plus épaté. Très impressionnant de naturel. Et d'aisance simple dans le jeu. Le joli minois de Kristen Connolly me dit bien quelque chose mais où l'ai-je donc vue? House MD? Probable. En tout cas, elle a parfois quelques scènes difficiles où elle tire remarquablement bien son épingle du jeu, avec une grande facilité.

D'autres sont moins enthousiasmants. En premier lieu je pense là à Michael Gill
qui joue un président des États-Unis tellement mou du genou et si peu charismatique qu'on peine à y croire. Heureusement, il n'est pas non plus un personnage central. Celle qui l'est, centrale, et qui ne déclenche pas vraiment les applaudissements, c'est Kate Mara. Joli petit corps de femme, mais dont la richesse d'expressions laisse un peu à désirer.

Quand on voit face à elle l'extrême précision, la finesse de proposition d'un Kevin Spacey, le décalage est par moments très douloureux.
Pareil avec Robin Wright, Kate Mara est très loin d'atteindre à l'aura et la profondeur de jeu de cette comédienne il est vrai plus expérimentée. Mais dans l'expression des sentiments, leurs deux personnages sont plutôt avares. Et pourtant Wright arrive à donner quelque chose de très subtile, parfois inattendu, de très délicat alors que Mara m'a semblé beaucoup trop en difficulté.

Dans la mise en scène un petit procédé tout bête apporter une bonne touche d'humour, petit et fréquent rendez-vous plein de jubilation : Spacey se tourne vers la caméra pour commenter ce qu'il vit. Ces apartés ont évidemment un côté théâtral, mais se justifient amplement pour équilibrer, pour aérer un récit par trop condensé sans cela.

Souvent l'humour tient un grand rôle dans la série mais il n'y est pas constant, sa noirceur pouvant laisser place à un véritable suspense dramatique, voire à la tragédie. C'est aussi à ce balancement entre sourires et inquiétudes que l'on doit le grand plaisir de suivre ces histoires et ces personnages.

L'ensemble propose un très bon spectacle, d'une esthétique grisâtre, un peu sèche, souvent très noire, mais toujours élégante. La musique de Jeff Beal trouve un bon tempo, presque "policier" et accompagne le développement du récit avec beaucoup de naturel, mais surtout en accentuant le suspense dans les moments de tension.

Véritablement, il n'y a guère à dire sur l'habillage visuel ou sonore, ni sur la mise en scène (malgré le grand nombre de metteurs en scène), c'est en tout point sensé, tout à fait cohérent avec les histoires qu'on nous raconte. Une très belle première saison. Excitante.

Trombi:
Michael Kelly:
Sakina Jaffrey:

Nathan Darrow:
Sandrine Holt:
Constance Zimmer:

Elizabeth Norment:
Sebastian Arcelus:

Mahershala Ali:
Reg E. Cathey:
Rachel Brosnahan:
Ben Daniels:
Larry Pine:

 Boris McGiver:

Tawny Cypress:

 Dan Ziskie:
 
Jayne Atkinson:

Kathleen Chalfant:

Wass Stevens:

Al Sapienza:

Francie Swift:

Chuck Cooper:
Chance Kelly:

 Gerald McRaney:
Reed Birney:

 Kevin Kilner:

Michael Siberry:

 Maryann Plunkett:

Suzanne Savoy:

Kellyn Lindsay:

David Andrews: J.C. MacKenzie et William Hill (gauche et centre)

Brian Reddy:

Phyllis Somerville:

Murphy Guyer:
Clark Carmichael:

Angela Christian:
T.J. Edwards:

 Kenneth Tigar:

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