lundi 14 janvier 2013

Gattaca

 
1997 
Alias: Bienvenue à Gattaca

Cinéaste: Andrew Niccol
Comédiens: Ethan Hawke - Uma Thurman - Jude Law

Notice Cinéprofil
Notice SC
Notice Imdb

Vu en dvd



Un film d'anticipation a rarement le mérite d'associer à un propos plein de bon sens et inquiétant, une part d'émotion pure, de poésie et de philosophie. Celui-ci y arrive sans laisser paraitre la difficulté de la tâche.

Sans doute grâce surtout à une mise en scène qui prend bien soin de rendre son discours à la fois intelligible, d'une netteté évidente et en même temps très agréable à suivre, sur un rythme serein, maitrisé. Voilà, le terme qui me semble le plus propre à résumer ce film : la maitrise.

Aussi propre que les murs de ces bâtiments blancs, immaculés. Cette société est décrite comme un système eugéniste qui ne dit pas son nom. Surtout, elle a façonné son organisation sur un credo que l'information génétique et les probabilités exprimaient des vérités établies, sans qu'il soit pris en compte qu'il s'agit finalement d'interprétations, par conséquent sujettes à caution. Quand le principe de précaution vient jusqu'à interférer avec l'identité et l'avenir de chaque individu en quelque sorte.

Vincent, le héros joué par Ethan Hawke vient illustrer que parfois la volonté peut faire déjouer tous les calculs. Le déterminisme génétique a des limites que l'humain ne voudrait pas voir semble-t-il, et que le film entend démontrer avec des personnages qui ne sont pourtant pas des super-héros, mais puisent leur force dans la vitalité de leurs rêves. Peurs et doutes sont surmontés non sans difficulté car dans le même temps Vincent rencontre l'amour, ce foutu concept qui nous tourneboule la tête et les hormones.

La relation entre l'éclopé génétique et le sur-homme à roulettes offre également un regard touchant sur la dépression. L'on se rend compte que le film ne se contente pas d'interroger le regard simpliste que nous avons sur les sciences génétiques et leurs implications sur le monde réel ou fantasmé, mais pousse sa recherche de façon sans doute plus large, vers les difficultés d'adaptation qu'éprouve un être face aux évènements qui peuvent jalonner le parcours de sa vie. J'hésite à parler de sens de la vie, mais honnêtement je crois bien que c'est le cœur du film non?

Ca parait un peu pompeux comme thématique, m'enfin le film parvient sans aucune difficulté à embrasser ce genre de concept avec une aisance somme toute remarquable. Pas la moindre trace de lourdeur à déplorer dans le dispositif. Les acteurs sonnent juste et plein. Le scénario n'affadit en rien, ni ne simplifie à outrance son propos. Tout cela est juste, bien équilibré.

Le jeune Ethan Hawke offre toute une panoplie de nuances à son personnage, lui laissant une belle marge de manœuvre dans son jeu et qui permet une certaine ambiguïté au départ.
En plus, d'être assez belle, la comédienne
Uma Thurman épaissit un personnage qui pouvait se révéler trop léger face aux autres comédiens. 


Jude Law a la classe, ce petit truc qui fait qu'on sent qu'il en a sous le capot. Pourtant, il retient, garde une sobriété vitale pour ne pas tomber dans le pathos ou la facilité. J'aime beaucoup sa prestation. 

Je reviens sur Ethan Hawke car j'ai toujours eu une certaine indisposition à son égard, que je ne saurais expliquer : rigidité, monotonie dans son jeu? Je ne sais pas. C'est peut-être totalement injuste. Quoiqu'il en soit, même si je ressens encore un peu tout cela, j'ai pourtant trouvé son interprétation plutôt bonne, avec ce qu'il faut de froideur pour un personnage sur la défensive, vivant ses aspirations caché.

Le mise en image d'Andrew Niccol est tout aussi mesurée que la direction des acteurs, tout en sobriété avec cependant une recherche esthétique indéniable. On voit bien le rôle que Niccol a voulu faire jouer aux bâtiments, aux décors en général, aux lumières, etc. Il est évident que l'architecture comme les costumes ont été étudiés avec soin pour délivrer une image sophistiquée et froide, à l'instar de cette société où le désir et l'identité sont assujettis à des tests génétiques.

Un bien bel objet que ce film pour une réflexion saine sur des thèmes riches!

Trombi:
Gore Vidal:

 Xander Berkeley:

 Jayne Brook et Elias Koteas:

 Blair Underwood:

Ernest Borgnine:

Tony Shalhoub:

 Alan Arkin:

Loren Dean:

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