dimanche 21 juin 2009

Act of violence



1948
alias : Acte de violence

Cinéaste: Fred Zinnemann
Comédiens: Van Heflin - Robert Ryan - Janet Leigh - Mary Astor

Notice Imdb
Vu en dvd




Une fin de film qui merdoie un peu ou se termine en eau de boudin pour être moins directement scatologique, une fin chiffonnante qui ne parvient pas à ternir la très bonne impression que m'a fait ce petit film noir, pas si petit qu'il en a l'air. Petit mais costaud donc. D'abord et surtout par le très joli travail conjugué du réalisateur Fred Zinnemann et de son chef opérateur Robert Surtees, travail qui consiste en de judicieux placements de caméra au service de personnages très efficacement cadrés par Zinnemann et de somptueux jeux d'ombres et lumière qui rappellent ceux des plus grands noirs ("Sunset Boulevard" de Seitz, "The killers" de Bredell).

Bien souvent le film atteint des sommets d'expression dans les non-dits grâce à cette association cadre/personnage/lumière. D'une intelligence et d'une beauté peu communes, cette mise en image donne vie à des personnages et des situations qui évoquent le sentiment de culpabilité quand il se mêle de peur, la notion de justice quand elle se confond avec la vengeance. Et c'est sur le dénouement très brutal que je porte un regard plutôt perplexe. Ici je spoile, fuyez tant qu'il est encore temps! Rendez-vous après les astérisques.


*** DEBUT SPOILER
Je doute que le parti pris de "tuer" Van Heflin soit du meilleur goût. Certes, j'entends que la bien-pensance américaine n'a pu l'épargner car il avait trahi. Mais bon sang, à quoi bon chercher et lui trouver des circonstances atténuantes alors? Certes n°2, en sauvant Robert Ryan,

il se rachète et trouve dans cette fin tragique une sorte de rédemption sacrificielle. Or le rachat par la sang est une notion qui moralement me gêne pas mal. Alors bien sûr il ne s'agit que d'un jugement moral, tout personnel et qui n'a que très peu à voir avec les qualités cinématographiques du film.

J'essaie d'en faire au maximum abstraction, non pas "abstraction", ce n'est pas le terme approprié... "distinction"! On ne peut pas faire abstraction d'un aspect moral que l'on se fait d'un film. C'est comme l'humeur du moment, ça participe du ressenti. Il faut juste bien le stipuler comme tous les éléments subjectifs qui décorent la façon dont on accepte ou pas un film. Donc, ici, je ne ne peux m'empêcher de penser que le scénario a bien arrangé les affaires de Robert Ryan qui peut partir bras-dessus bras- dessous avec sa compagne, la conscience tranquille. "Ce n'est pas moi qui l'ai fait", lui dit-il, presque déçu.

L'honneur est sauf, il n'est pas un assassin. Pourtant... il est totalement responsable -"responsable mais pas coupable" comme dirait l'autre- de cette mort. C'est son obsession vengeresse qui a poussé Van Heflin vers la mort. Ce petit dysfonctionnement scénaristique -ou moral- m'a un peu laissé sur ma faim.
*** FIN SPOILER


Le casting est assez classe. Van Heflin est un type que j'ai peu vu jusqu'à maintenant et qui par moments m'a fait belle impression, notamment lorsqu'il commence à perdre les pédales.

Robert Ryan n'a pas un rôle vorace en efforts, assez impassible il me semble.

Mary Astor m'a produit un petit choc. Je crois que je ne l'avais jamais vue aussi âgée. Elle est encore bien, mais très amaigrie, fine. Les rides sont là, pas cachées. Elles lui donnent du chien.
J'ai déjà dit comme j'aime les femmes qui assument leur âge? Oui, passons.

Difficile de ne pas être encore une fois épaté par le jeu de Janet Leigh.

J'ai longtemps eu l'imbécile conviction qu'elle était juste une très belle femme. Or, il se trouve qu'elle est également une très belle actrice. Le dernier film où je l'ai trouvée remarquablement douée, "Touch of Evil" de Welles, montre bien que cette femme était pétrie de talent. Là encore, elle fait montre d'une agilité et d'une diversité dans son jeu qui continuent de me séduire et de me surprendre.

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