
2008
Cinéaste: Woody Allen
Comédiens: Rebecca Hall - Scarlett Johansson - Patricia Clarkson - Javier Bardem - Penélope Cruz
Notice Imdb
Vu en octobre 2008:
Un Woody Allen mineur, m'est avis.

La photographie certes chaude, orange, citronnée, agrume donc, est à quelques rares plans près d'une banalité attristante. Il est vrai que le sujet l'emporte sur l'écrin, mais j'aurais tant voulu retrouver Barcelone. Tant pis, Allen aurait dû y séjourner plus longtemps pour parvenir à en imprégner davantage son film. Il est encore vrai qu'Allen semble laisser de plus en plus l'aspect esthétique en marge de ses derniers films (encore que cet avis me parait un pet gratuit étant donné que je ne les pas tous vus).
Revenons sur le fond, cela semble plus important en ce qui concerne ce film. Plus important, c'est vite dit parce que l'histoire et les interrogations auxquelles nos protagonistes sont confrontées ne sont pas d'une grande profondeur. Elles sont jeunes et perdues. Le portrait subreptice abordé par le personnage joué par Clarkson vient contredire cela de manière pas vraiment convaincante d'ailleurs. Ces femmes paraissent simplement confondues par leur manque d'originalité. Attachées à leurs histoire d'amour plus par conditionnement culturel et social que par la vérité et la force de leurs engagements, on a l'impression d'avoir affaire à des petites filles se rendant compte que le conte de fées est cruel, mais surtout irréel. Que la fête est finie. Pourtant, elles finissent sans révolte à accepter cela. La vérité n'est qu'une passade, la passion qu'un doux moment. Renversement de valeur d'une horrible placidité.
Finalement, les espagnols paraissent les seuls vivants dans cette histoire, les seuls adultes, les seuls amoureux.

Le film n'est pas vraiment une comédie. Les moments de rigolade se comptent sur le doigt d'une main. Et c'est vraiment plus le portrait de la femme face à son engagement, face à ses sentiments, sur la fidélité, et la définition qu'elles se font de l'amour, du désir. A la fin la morale est sauve, la société gagne. Les êtres ne sortent pas grandis de leur histoire et de leurs tourments amoureux. Aussi le film est-il au fond plus proche de la tragédie que de la comédie.

Quant aux interprêtes, rien de sensationnel, à l'exception des deux espagnols. Cruz sortant de l'hosto, déprimée, ou pimpante de joie et de désir est d'une beauté renversante. Johansson fait bien pâle figure à côté. Peut-être que le fait de s'ingénier tout le long du film à jouer Allen des mains et de la voix n'aide pas. Je ne connaissais pas Hall qui m'a bien plu sur le plan plastique mais dont la richesse du personnage semble par moments lui échapper quelque peu.

Malgré tous les griefs exposés, j'ai pourtant passé un assez agréable moment. Pas extraordinaire, malheureusement. D'une jouissance mesurée. Il se détache quelque chose de bonbonesque, de mignon, de doux et délicat, comme une lente descente, d'une colline un soir d'été. C'est l'automne frisquet qui me met dans cet état?
Il y a un regard américain attendri et donc attendrissant sur l'Europe et les européens. Quelque chose de naïf, presque niais, mais finalement adorable. Peut-être que je dis ça parce que c'est Allen et qu'il a mon affection et mon respect dès le départ. Il dirait des énormités que je lui chercherais toujours des circonstances atténuantes. Quelque part, je suis de mauvaise foi.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire