samedi 12 mars 2011

Black Narcissus


1947
alias : Le narcisse noir

Cinéastes: Michael Powell - Emeric Pressburger
Comédiens: Deborah Kerr - Flora Robson - Jean Simmons - Sabu

Notice Imdb
Notice Cinéprofil
Vu en blu-ray


Critique du 10 mai 2007 :

Des religieuses sont envoyées en mission dans un ancien harem au Népal pour dispenser des soins médicaux et instructifs aux enfants du pays. L'environnement démesurément sensuel va jouer sur les personnalités. Mais c'est un viril anglais qui va se trouver au centre des aspirations et de ces regards féminins jusqu'à ce que la tension finisse en apothéose de violence hystérique.

Ma blonde, fanatique de Powell et Pressburger m'a tant vanté ce "Narcisse noir" que j'avais hâte d'en découdre. Et je ne fus pas déçu par la bête. En effet, le film est plastiquement sublime. Combien de plans renversants? Combien de tableaux offerts à l'œil gourmand du spectateur? On ne les compte pas. Ils sont pratiquement à chaque scène, fiers, et secondés par un travail sur les détails et les couleurs qui fait mon admiration. Le chef opérateur, Jack Cardiff, il faut mettre en évidence son nom, fait un boulot extraordinaire. Tourné en décors artificiels, à Pinewood, par Alfred Junge, la création d'une Inde onirique fait frisson à chaque plan.
A noter que le travail de restauration sur le dvd collector Warner est époustouflant et permet d'apprécier cette œuvre majeure.

Mais le film aurait emporté ma totale adhésion si la mise en scène dans l'explosion n'avait pas été aussi démonstrative. Le jeu de Kathleen Byron

m'a très rapidement fait sourire puis décontenancé pour finir par m'agacer. Bien évidemment que le personnage et l'histoire incitent ce personnage à montrer un visage de plus en plus hystérique, mais les effets de mise en scène et les appuis outranciers du maquillage ainsi que la musique m'ont paru exagérés. L'histoire ne justifiait pas ce déferlement d'effets visuels. A la limite je dirais que le déclenchement de violence m'a semblé presque pompier sur la fin. Voilà un bémol qui m'empêche de crier au chef d'œuvre immense. Mais je ne discute pas du plaisir évident que j'ai pris à déguster cet objet visuel très étonnant quand on se penche sur sa date de création.

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Critique du 12 mars 2011:

La dernière fois que j'ai vu ce film, c'était sur un téléviseur cathodique vieillissant, agonisant, une image très assombrie, sur le magnifique dvd de l'Institut Lumière. J'avais déjà goûté à la joie surprenante de la découverte, celle de voir un film Technicolor de 1947 renversant de beauté, de vigueur chromatique et d'habileté technique, dégageant une poésie de l'image enivrante.

Imaginez par conséquent l'espèce de fièvre mêlée d'impatience et de crainte d'être déçu qui m'a pris quand on a reçu ce blu-ray Criterion. Comme avant une bonne bouteille ou un rendez-vous amoureux, on est aux prises d'une douce chamade, très agréable attente pleine d'envie, une hâte, des promesses, j'étais déjà émerveillé. Comme d'habitude, Criterion ne m'a pas déçu. C'est un festival, un hymne à la beauté, le cinéma de Powell et Pressburger chante la magie du cinéma et dresse un autel à sa gloire.

De la critique précédente, je ne retirerais rien si ce n'est sans doute que je modèrerais mon propos sur le personnage de Sister Ruth interprété par Kathleen Byron mais surtout sur la mise en scène, l'outrance des maquillages et de la dramaturgie dans les dernières scènes. Évidemment qu'il y a une montée des tensions, des angoisses chez les personnages et cette mise en scène illustre nécessairement ce climax par l'image, rougeoyante, noire, ainsi que l'exagération paroxystique de l'hystérie exprimée par Sister Ruth, dès le départ assez entamée et qui pète littéralement les plombs sur la fin. Je maintiens que Byron en fait des caisses, dans ses poses, ses regards en dessous et sa lippe boudeuse mais cela me dérange beaucoup moins. Je comprends et accepte d'autant mieux le parti pris volontairement appuyé scénographiquement de Michael Powell.

Mini trombi:
Deborah Kerr:

Jean Simmons:

Nancy Roberts:

David Farrar:

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