vendredi 11 mars 2011

Les emotifs anonymes


2010
alias : Les émotifs anonymes

Cinéaste: Jean-Pierre Améris
Comédiens: Benoît Poelvoorde - Isabelle Carré - Lorella Cravotta - Lise Lamétrie

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Notice Imdb
Vu en salle

Une interview accordée par Jean-Pierre Améris -je ne sais plus à qui- a allumé la petite flamme de curiosité chez moi. Je ne savais pas que la timidité pouvait exister sous cette forme extrême et produire chez ses victimes des inaptitudes aussi handicapantes. Que la timidité puisse freiner, bien entendu que je le conçois, d'autant plus que d'une certaine façon tout le monde passe par cette phase dans sa construction d'adulte, moi même j'ai été un grand timide, pendant longtemps. L'adolescence est rarement une période sans ce trouble. J'ai même pu avoir le sentiment de sombrer parfois dans le ridicule, d'être incapable de m'affirmer dans certaines occasions, mais de là à connaitre les mêmes obstacles que ceux des personnages, j'avoue que les pauvres sont bien touchés.

Jean-Pierre Améris évoquait ces réunions d'émotifs anonymes où ils essayent de progresser en groupe. Il parlait de son propre parcours d'émotif. Étonnant qu'un émotif aussi maladif soit capable de surmonter ses angoisses sociales au point de prendre en charge l'élaboration d'un film.

Ajoutons à cela Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde, deux acteurs qui m'intéressent. Et hop, me voilà dans la salle de ciné!

Sans être particulièrement emballé, j'ai tout de même passé de jolis moments, émouvants.
Pourquoi? Je n'en sais rien, toujours est-il que je m'attendais à rire, à regarder une comédie, mais les personnages souffrent tellement des barrières qu'ils s'infligent que je n'ai pas vraiment ri. Tout au plus ai-je souri.

Dans la salle quelques rires ont fusé au début, mais très vite, l'émotion qui se dégage de ces situations difficiles et empêtrées a tôt fait de calmer tout le monde. Et le film s'installe dans un faux rythme, un faux drame devrais-je dire ou une fausse comédie, un entre-deux agréable. Les personnages doux, par nature d'une attention soutenue pour le regard des autres et aux prises avec leur propre démons et obsessions s'en trouvent très attachants et l'on suit leurs mésaventures avec inquiétude.

Certes, l'issue s'avère évidente et heureuse mais passe par tant d'épreuves et de difficultés qu'on retient sa respiration pour eux. Le suspense romantique fonctionne parfaitement sauf peut-être pour la toute fin, un brin trop longuette. L'émotion est bien présente mais un peu malmenée par un équilibre des rythmes pas toujours maitrisé.

Les deux comédiens ont du talent, en premier lieu celui de ne pas en rajouter avec ces personnages haut en couleurs. Leur retenue participe de l'empathie qui anime le sentiment du public, je suppose.

Si on avait pu condenser tout cela en enlevant ne serait-ce que 10 minutes, j'ai envie de croire que le rythme aurait gagné en rapidité, le film en vivacité et donner une plus grande puissance au récit.

M'enfin, c'est un film qui se tient bien, très délicat, une belle caresse, un point de vue bienveillant sur une part d'humanité et un sujet très intéressant.

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