dimanche 21 novembre 2010

L'homme qui rétrécit



1957

Titre original: The incredible shrinking man
Titre francophone : L'homme qui rétrécit

Cinéaste: Jack Arnold
Comédiens: Grant Williams - Randy Stuart - April Kent

Notice Imdb
Vu en dvd




J'ai tellement lu de bouquins sur le cinéma SF que je crois avoir déjà tout lu sur ce classique du genre. Et il apparaît si simple dans le fond comme dans la forme que je crains de verser dans la fade redite. Comme quoi, en matière de bavardage ciné, on devrait s'en tenir au ressenti. Oui, la douce vérité de sa subjectivité. On ne vous l'enlèvera jamais. A moins d'avoir la triste ambition de devenir un dictionnaire, mieux vaut se lover dans les plis de son nombril.

Alors, personnellement, j'ai passé un joli moment de cinéma, très bonbon sucré, ravi de voir ce monde si familier transfiguré par le gigantisme des décors. Les effets spéciaux sont ingénieux et plus que corrects pour l'époque. Ils parviennent à leur fin : embarquer les spectateurs pour un voyage inédit. C'est d'ailleurs tout l'enjeu et le sel du film qui résident dans l'acceptation par le public de cette miniaturisation du personnage.

Les décors du quotidien américain tel que "l'American Way of Life" l'exige (réfrigérateur, poste tv, grille-pain, banlieue résidentielle) sont transformés de manière à placer la victime expiatoire sur une sorte d'autel sacrificiel pour le plus grand plaisir mêlé de perversité et d'angoisse du spectateur.

La lente décomposition de l'univers de Grant Williams

est une torture mentale et physique, le cauchemar ultime que réserve peut-être ce truc bizarre que les scientifiques manipulent dans le plus grand secret pour foutre la pâtée aux cocos : l'atome. A l'époque, la peur de la guerre nucléaire s'immisçait bien sûr jusque dans l'imaginaire collectif (elle va se gêner) et produisait ce genre de film où le pire à craindre se matérialise sous les yeux humides des amateurs de ciné. On se fait peur? Oui, oui, on adore ça. Il y a effectivement ce côté jouissif et ludique de pousser une idée au bout du bout, vers les contrées antipathiques des mauvais rêves.

Ce film s'amuse à poser des questions qui se résument à "et si?" Et s'il est tout petit, comment réagirait son chat? Et une araignée? Et quid de sa femme, leur relation résistera-t-elle?

Comment le peut-elle? Et s'il continue ainsi à rapetisser, comment survivra-t-il dans un monde atomique? Et s'il est tout petit, à combien de mètres de sa télé doit-il se positionner pour regarder la victoire de Bordeaux sur le Paris-St-Germain? Toutes ces vertigineuses questions existentielles sont passionnantes mais le film ne peut répondre qu'à un petit nombre ; suffisamment cependant pour nous faire passer un bon moment, presque horrifique (l'araignée, beurk).

Une espèce d'épisode de Twilight zone qui dure 1h20. Succulent.

Trombi:
Randy Stuart:

Paul Langton:

Raymond Bailey:

William Schallert:

April Kent:

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