jeudi 7 novembre 2013

Quel gran pezzo della Ubalda tutta nuda e tutta calda


1972
Alias: Ubalda

Cinéaste:Mariano Laurenti
Comédiens: Edwige Fenech - Karin Schubert - Pippo Franco - Umberto D'Orsi

Notice SC
Notice IMDB

Vu en dvd




Sur les toutes premières images, sur le générique, j'ai eu le fol espoir que j'allais assister, peut-être, à un film picaresque, incisif, un conte critique à l'instar de L'armata brancaleone. Voir Pippo Franco dans son armure déglinguée marcher dans la campagne italienne a convoqué les souvenirs lointains du film de Monicelli.

Espoir fou et vite éteint bien entendu quand le chevalier errant essaie de boire à une cascade, mais n'y parvient pas parce que la mandibule de son heaume ne cesse de glisser devant sa bouche. Le ton est donné : burlesque, enfantin, grotesque. Le niveau de cet humour est très bas de plafond, il va falloir foutrement se baisser pour y accéder. Gymnastique que je vais très rapidement abandonner. Je suppose qu'il vaut mieux connaître et apprécier le comédien principal Pippo Franco pour parvenir à rire ou sourire à ses pitreries.

Et encore une fois, la comédie érotique italienne me laisse pantois : à qui peut bien se destiner ce genre de production ? L'humour y est clairement enfantin : un tabac dans les cours de récré ! Mais le reste est tout aussi nettement à destination des adultes. L'aspect rabelaisien du film est clair. On y loue les charmes de superbes donzelles, de la boustifaille ou des plaisirs champêtres. On y vante même l'hypocrisie des hommes : le moine qui purifie ses ouailles, à coups de bâton pour les hommes, à coups de bistouquette pour les dames ; l'adultère et la jalousie y sont dépeints comme consubstantiels à la conjugalité. Le film renifle évidemment du côté des auteurs médiévaux et modernes qui ont chanté la chair. J'ai cité en bon franchouillard Rabelais, mais l'Italie a son Boccace qui lui aussi a fouillé dans sa civilisation les secrets d'alcôve ainsi que ceux des latrines. Aussi le film traîne-t-il sous les lits, dans les buissons et jusque dans les égouts.

Malgré la médiocrité de la mise en scène, on sent tout de même que quelques moyens ont été mis en place sur cette production. Certes, l'éclairage n'est pas toujours discret en extérieur, mais la photographie est plutôt bonne dans l'ensemble. Colorée et précise, elle rend souvent hommage à la beauté de ces dames (nous y reviendrons, z'inquiétez pas). D'autre part, on a pris soin d'utiliser de réels décors moyenâgeux et on a essayé de coller au plus près de la réalité des costumes de l'époque. Dans le genre on a connu bien pire : ce film a de la tenue en fin de compte.

Pour moi, ce qui pose le plus problème est donc Pippo Franco  J'ai bien senti que le type essaie d'être un comique physique mais n'est pas Toto qui veut ! Je ne remplace pas mon Toto contre deux Pippo. Est-ce que cet acteur a eu du succès ? A-t-il pu susciter de la sympathie auprès du public ? Je vois pas bien comment si je ne me fie qu'à ce film, m'enfin, pourquoi pas ? Il y a des élans amoureux entre le public et certains acteurs qui me laissent perplexe parfois.

Umberto D'Orsi, celui qui se dresse en rival dans ce film n'est pas spécialement drôle, mais on ne lui demande pas vraiment. Par contre, il me paraît être un comédien plutôt correct.

Si l'on suit la présentation de la distribution, on aborde alors ce qui fait bien davantage l'essence, le super devrais-je dire du film : la distribution féminine. Et là, on a du lourd : de belles femmes qui ont fait le succès de ce genre de film. Elles sont à elles seules la justification de tout le film.

Avouons tout de même que Karin Schubert
n'a pas la classe, ni le charisme de sa partenaire. Elle est ici très belle, même s'il y a quelque chose de dur par moment dans son regard, sans doute dû au froncement de sourcil prononcé. Son parcours a quelque chose de pathétique, parce que mal maîtrisé. Mais sur ce film, l'actrice est encore jeune, pimpante, admirable.

Aussi éclatante de santé qu'elle peut être, elle ne fait pas non plus d'ombre à Edwige Fenech.
J'ai pour cette dernière une attirance sans limite. Si j'ai regardé ce pauvre film, c'est uniquement pour elle. Je peux voir n'importe quelle bouse pour pouvoir admirer cette femme. Notez bien que je dis bien "femme" et non "actrice". Elle n'est pas mauvaise comédienne, loin de là, elle maîtrise souvent son sujet mais disons qu'on ne lui a que très rarement donné des rôles compliqués à incarner. Je ne sais pas ce qui fait le charme de cette femme : la blancheur laiteuse de sa chair, ses yeux de biche, son longs cheveux noirs, la forme appétissante de ses seins ou la courbe tentatrice de ses hanches? Je suis en amour pour cette française devenue italienne d'abord par profession, puis par amour. Et pour sa carrière comico-polissone, j'éprouve en toute franchise une véritable admiration. Sont-ce mes yeux de Rodrigue pour elle qui font mon regard fasciné?

Sans doute un peu, mais soyons honnête encore un petit peu et l'exemple de Karin Schubert vient à point nommé pour comparer deux carrières qui auraient pu être similaires. L'une n'est pas maîtrisée, celle de Karin Schubert déraille, l'actrice est comme boulimique et accepte tout et n'importe quoi, jusqu'au porno le plus trash. L'autre reste très sage finalement, dans le cadre de la comédie érotique ou dans le polar, celle d'Edwige Fenech
s'érige en monument dans le cinéma bis populaire italien. L'âge lui commandera d'arrêter à temps, aidée en cela par un mariage heureux et fortuné il est vrai, à ce qui me semble. Quoiqu'il en soit, la filmographie d'Edwige Fenech a toujours paru mesurée, et pleine de bon sens. En plus d'être époustouflante de beauté, la dame a su faire preuve d'intelligence et de sagesse dans son parcours. Une étoile d'élégance pour toujours. Ah, je vous avais dit que j'étais amoureux! Je ne peux pas en dire du mal, je l'adule! Et dans ce film, ses moues boudeuses, ou ses explosions de joie me ravissent. Elle resplendit, elle irradie de bonheur et de vitalité.

Ce film est plutôt mauvais, c'est entendu. Il n'est pas vraiment drôle. Il n'a pas la verve, ni la flamboyance de l'Armata Brancaleone de Monicelli ; il n'a pas la rudesse, le réalisme ni la beauté des Contes de Canterbury de Pasolini. Malgré tout cela, Edwige Fenech rend le moment important et j'ai passé un très agréable visionnage.

Trombi:
Pino Ferrara:

Ermelinda De Felice:

Gino Pagnani:

Alberto Sorrentino:

Gabriella Giorgelli:

Ettore Arena??

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