vendredi 15 novembre 2013

Conversations avec Bergman


2004

Auteurs: Stig Björkman - Olivier Assayas - Ingmar Bergman
Editeur: Cahiers du cinéma (Collection Atelier)

Notice SC



Lu en novembre 2008

Tout le tralala qui accompagne les entretiens, c'est à dire les textes d'Assayas, je ne les ai pas lus, je suis allé directement au cœur de l'action pour ainsi dire. Ce qu'Assayas a à raconter m'intéresse moyennement.

Je préfère -et de loin!- profiter à plein de la vivacité et de l'enthousiasme de Ingmar Bergman. Réel plaisir qui donne envie d'aller plus loin et de découvrir la biographie du maître "Lanterna Magica".

Car pas mal d'anecdotes et de questions découlent directement de la biographie et de la filmographie de Bergman. Mieux vaut connaître déjà ses films et ce à quoi il fait allusion sur les événements et les personnes qui ont marqué son existence. La conversation dérive souvent sur des faits que je ne connais pas. Des sous-entendus parsèment les discussions et l'on peut se sentir exclus et frustrés. Aussi cette conversation m'incite-t-elle à plonger illico dans la vie de Bergman.

1 commentaire:

  1. "ni exclue, ni frustrée" mais il faut du temps pour voir et revoir, lire et revoir.


    pour entrer plus intimement dans la vie et l'oeuvre, je vous recommande une heure d'entretien avec lui qui est une partie du bonus de LA FLÛTE ENCHANTEE. Egalement le bonus de FANY ET ALEXANDRE (version complète de six heures)
    Il faut lire son livre passionnant : IMAGES — MY LIFE IN FILM. C’est bourré d’anecdotes
    qui rendent par exemple un acteur aussi glacial que Gunnar Björnstrom infiniment attachant (au moment du tournage des Communiants, il est très malade, ce que l’on
    perçoit dans le film, mais le plus dur pour lui — catholique et croyant — est de tenir le
    rôle d’un pasteur protestant et athée. J’ai ensuite revu ces films où il a un rôle majeur comme SOURIRES D UNE NUIT D ETE et A TRAVERS LE MIROIR : ma vision en était totalement changée.
    Quand on sait que Bergman écrit ses scripts et qu'il est metteur en scène de grands classiques au théâtre (Molière, Sophocle, Shakespeare), alternativement (théâtre en hiver, tournages en été) on peut sans peine supposer qu'il est un grand écrivain : ce qu'il a prouvé dans deux ouvrages : LES ENFANTS DU DIMANCHE, dont la lecture est jubilante quand on sait que le père adoré de la fiction n'a rien à voir avec sa réalité de Père Fouettard. L'autre roman, également salué par le NY Times, LES MEILLEURES INTENTIONS est un portrait de ses parents avant leur mariage, parents venus de sphères sociales totalement différentes. Le père d’origine modeste se destine à la soutane, à la façon dont beaucoup de jeunes déshérités de culture embrassent des professions scientifiques où leur manque est peut-être un avantage.
    Personnellement, j’ai laissé tomber ce livre vers le milieu. Par le cinéma, je connaissais la suite. Bergman est à mes yeux un rare exemple de cohésion et d’intégrité : un artiste complet. J’ai pris conscience de sa passion pour les comédiens (thème essentiel de l'oeuvre : cf LE VISAGE p.ex.) dès le premier film que j’ai vu : LA NUIT DES FORAINS où l’épisode du clown blanc (Frost, mot qui en allemand signifie "le givre") ne cessera jamais de m’émouvoir. L’exhibitionisme inconscient et naïf de sa femme, créature sensuelle et superbe, les canons des soldats (sexes en érection), la musique militaire et l’humiliation de Frost au retour : Il la porte dans Agda ses bras, sa nudité dissimulée par des algues. Il est frêle, elle est lourde et ses pied s’enfoncent sur le silex acéré du chemin en pente (le gamin frippon lui a subtilisé chaussures et vêtements). Mes battements de cœur sont toujours plus rapides devant ce spectacle extraordinaire que seul le cinéma peut créer (la photo est de Hilding Bladh et déjà Sven Nykvist)

    J'ai beaucoup écrit sur ces films à une amie qui partage ma passion. Si j'en ai le courage, j'en ferai quelque chose (sans lire tout ce qui existe déjà, ce qui est un gros risque)

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