samedi 22 août 2009

Hôtel international



1963
Titre original : The V.I.P.s
alias : International Hotel
alias : Hôtel international

Cinéaste: Anthony Asquith
Comédiens: Elizabeth Taylor - Richard Burton - Louis Jourdan - Maggie Smith - Elsa Martinelli - Margaret Rutherford - Rod Taylor - Orson Welles - Dennis Price

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Curieux petit film qui ressemble pour beaucoup dans son ossature à une sorte de pré-film choral. Curieux également parce qu'il réunit une très belle distribution. Il arbore une panoplie d'éléments prestigieux, fait montre de ces atouts qu'impose comme il se doit toute bonne grosse production hollywoodienne. Or, je n'avais jamais entendu parler de ce film. Et je m'aperçois que de la filmographie conjointe de Burton/Taylor je ne connais pas grand chose à part Cléopâtre et Qui a peur de Virginia Woolf? Ce film-là m'était complètement inconnu en vo comme en vf (entre nous, encore un de ces titres français imbéciles!).
Film curieux par son aspect hétéroclite, assez mal fichu en fin de compte. Une histoire se détache des autres, peut-être en fil conducteur, celle de Burton et Taylor. Mais je résume d'abord le contexte général du film : il s'agit d'une soirée dans l’hôtel d'un aéroport londonien où se réfugient les passagers vip's d'un vol à destination de New-York annulé pour cause de brouillard.
Ici Dennis Price, courte apparition, à gauche:

L'histoire principale réunit Richard Burton, Elizabeth Taylor et Louis Jourdan. Taylor est mariée à Burton, un homme qui la délaisse. Elle s'amourache d'un gigolo, Jourdan, et décide de partir avec lui pour New-York. Une lettre explicative inopportunément laissée au domicile conjugal informe le mari de son infortune. ll revient dare-dare à l'aéroport. Cette histoire est traitée de manière très curieuse. Les relations de ce couple de personnages font plus ou moins écho à celles que vivaient Burton et Taylor en dehors du tournage. Je ne saisis pas bien s'il faut y voir une part d'humour et d'autodérision ou une bien étrange et impudique représentation de soi. Le mari est violent, l'épouse est terrorisée et relativement soumise. La violence qu'il exerce sur sa femme est censée démontrer tout l'amour qu'il éprouve pour elle, concept moral plus que douteux, vous en conviendrez aisément. Après avoir exprimé sa rage dans un regard noir et bleu (bordel, que Burton peut être effrayant!), on comprend mieux leur rapport biaisé et fondé davantage sur la possessivité que sur le respect mutuel : "tu es MA femme!". Il finira par embobiner encore une fois son épouse en pratiquant avec un succès effarant un chantage affectif grossier, aussi ignoble que puéril. Louis Jourdan, peut-être le moins hypocrite du trio infernal, sans doute réellement disposé à changer son mode de vie se retrouve en dindon de la farce, seul et amer.

Ce conte moral discutable tente de façon explicite de considérer la manipulation et la violence conjugale comme des preuves d'amour d'un romantisme fou. Il est évident, vu la tournure des événements, la mise en scène, etc. que l'on désire traiter cela comme une sublime histoire romantique. Alors que persiste un goût de fiel dans la bouche après le film.

La deuxième intrigue, bien que sûrement très convenue, est plus saine, c'est indéniable. Il s'agit d'un entrepreneur (Rod Taylor) sur le point de réussir un grand coup financier, de transformer ainsi son entreprise en grande société et qui se trouve confronté à la banqueroute totale à cause de ce vol raté pour New-York.Sa secrétaire (Maggie Smith), secrètement amoureuse de lui, l'accompagne jusqu'au bout. Si cette histoire n'est pas des plus originales, elle a au moins le mérite d'être portée par deux comédiens que j'aime beaucoup. Rod Taylor est un très bon comédien. qui n'a peut-être pas toujours fait les meilleurs choix pour ses rôles mais dont le talent m'est comme familier.

La troisième histoire se tourne résolument vers le comique pécuniaire. Orson Welles, un gros producteur ou réalisateur de cinéma ne doit pas rester un jour de plus sur le sol britannique sous peine de devoir verser aux impôts de sa majesté une somme considérable.

Affublé d'une starlette (Elsa Martinelli), aussi nigaude que belle, il trouvera la paix du porte-feuille. Mais à quel prix! Cette intrigue est pour tout dire sans grand intérêt.

Finalement la dernière intrigue -je me rends compte que mon vocabulaire pourrait laisser supposer qu'il y a là une suite chronologique des différents récits, il n'en est rien, ce n'est qu'une énumération- est celle qui m'a déplu le moins. Elle a l'avantage d'être un peu rigolote, répétitive mais rigolote, et ce, grâce au comique physique de Margaret Rutherford (Miss Marple notamment) en vieille aristocrate sans le sou, obligée de quitter son pays. Il y a là également un regard attendri sur une Angleterre en train de disparaître, un système social en désuétude.

Somme toute, si le spectacle n'est pas désagréable -on pourra même s'esclaffer devant les tonnes de pathos que Burton peinturlure sur son personnage-


"bouh je suis le mal aimé!"
ma foi, je ne suis pas loin de me demander encore ce que tous ces comédiens étaient venus faire dans cette galère.

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