samedi 18 août 2012

DOA



1950
Alias: D.O.A.

Alias: Mort à l'arrivée

Cinéaste:Rudolph Maté
Comédiens:
Edmond O'Brien -Pamela Britton -Luther Adler -Beverly Garland

Notice Imdb
Notice Cinéprofil


Vu en dvd

Après les vacances et un long intermède "The West Wing", j'avais une fringale de film noir. Et celui-là me trottait dans la tête depuis belle lurette. Malheureusement, il a fallu que je subisse un exécrable dvd, sans sous-titre. Oh, c'est bien plus l'aspect VHS que l'absence de sous-titre qui m'a un peu gâché le spectacle. Cependant, j'ai passé un assez un long bon moment, le plaisir prenant progressivement une place indéniable, au fur et à mesure que le personnage s'enfonce vers ce terrible sentier sombre, tellement dans la tradition "noir"? J'y reviens tout à l'heure, je voudrais me débarrasser des petits éléments encombrants pour finir plus tard avec la beauté tragique à retenir.

Qu'est-ce qui est le plus pénible, entre les petits bruits "comiques" qui ponctuent chaque œillade appuyée du héros ou les lamentos apitoyés de Pamela Britton? Mon cœur balance.

Ces espèces de sifflements (une flûte à piston?), qu'on entend quand Edmond O'Brien,
arrivé à San Francisco pour se reposer, adresse des regards pleins de concupiscence sur chaque donzelle un brin aguichante croisant son chemin, sont incroyablement incongrus. Typique gag sonore que l'on verrait plutôt dans un film des Marx Brothers, on se demande bien ce qu'il vient foutre dans un film censé être "noir". Heureusement, cette calamiteuse idée n'est pas utilisée tout le long du film. Quel est le fada qui est à l'origine de cette ineptie?

Non, celle qui use bien plus les nerfs, en effet, c'est Pamela Britton dont la partition chouinarde est un épuisant et cruel pied de nez à tout plaidoyer féministe. Jouant une secrétaire amoureuse et éplorée, elle est supposée, j'imagine, exagérer la situation tragique du personnage promis à un destin funeste. Seulement à force de souligner le contraste, le trait en devient trop gras, sa prestation exubérante tape sur le système nerveux et on se prend à rêver qu'il lui arrive un gros malheur, vite, le plus vite possible.

En dehors de cela, le film s'inscrit très bien dans les canons du genre. Ce qu'il y a de formidable avec le "noir", c'est que l'on sait à quoi s'attendre. Il n'y a guère de place à la surprise concernant le terminus. C'est le trajet qui va nous procurer le plaisir. On connait la fin, mais on veut savoir comment on va y être amené.

Le héros réussira-t-il à survivre à cette aventure? Sans doute pas. Que va-t-il essayer de faire pour se sortir de ce piège a priori inextricable? Très tôt, on apprend qu'il est victime d'un empoisonnement incurable et qu'il n'est même pas question d'antidote, de solution, juste de savoir pourquoi on le tue. Voilà un préalable très alléchant!

Effectivement, on suit l'enquête, intrigué, parfois fasciné par le spectacle notamment quand le héros pénètre un bar, "The fisherman", où un groupe de jazz se lance dans un bœuf "stupéfiant", endiablé, au bord de la transe collective.

Edmond O'Brien poursuit un sniper dans une usine, très sombre, marquant des oppositions de lumières très crues, entre le soleil plombant les quais de San Francisco et les ténèbres des couloirs, escaliers et rampes luisants dans le noir des hangars.

Mais le sommet est atteint peut-être avec le final dans le grand immeuble tout aussi sombre, à l'architecture presque gothique, très ouvragée, dans lequel la confrontation finale, westernienne entre le meurtrier et sa victime, conclue de façon magistrale une bien jolie descente en enfer.

Noir, c'est noir. Et c'est encore plus jouissif quand il n'y a plus d'espoir. Parfois, ce film parait suivre une autre voie que celle qui est prévue, sort des rails de manière tout à fait grotesque, mais dans la deuxième partie les dogmes sont respectés, le récit entre de plein pied dans la mythologie du "noir".

O'Brien joue un homme perdu. Dès la première scène, pénétrant de le commissariat, il vient annoncer lui même sa propre mort, tout le reste du film étant un flash-back explicatif. Les fondements sont respectés et les spectateurs jubilent devant la mort du héros. Il y a quelque chose de cruel, dans le regard du public, mais de cette cruauté enfantine, celle qui épouse tout conte moral, chargé de mythes fondateurs, de monstres cannibales, de meurtres et de fatalité. Ici, l'ogre a une tête de femme ou d'homme et c'est bien sûr l'argent la source du mal. Oui, il est toujours bon de revenir au "noir" de temps en temps, histoire de se remettre les pupilles en place.


Trombi:
Beverly Garland:

Lynn Baggett:

Neville Brand:

Laurette Luez et Luther Adler:

Virginia Lee:

Peter Leeds:

Ivan Triesault:

Frank Gerstle:

William Ching:

Roy Engel:

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