mardi 17 septembre 2019

La crise


1992

Titre original : La crise

Cinéaste: Coline Serreau

Comédiens : Vincent Lindon, Patrick Timsit

Notice Imdb
Notice Sens critique

Vu à la télé

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Autant j’avais un très bon souvenir de Trois hommes et un couffin, autant je redoutais la revoyure de La crise. Et ça n’a pas loupé : je n’ai pas pris de plaisir à revoir ce film. Surtout, la première partie qui est une vraie torture avec une hystérie collective sans répit chez tous les personnages qui hurlent, chouinent, vomissent leur bile à une vitesse hallucinante. C’est quasiment insupportable.. Tout le monde se plaint, gueule sans jamais écouter les autres : l’incommunication dans son acception la plus évidente. S’il y a bien quelque chose que je ne supporte pas de voir au cinéma, c’est bien ça, l’incommunicabilité. C’est bien pour cela par exemple que je ne peux regarder un film du spécialiste du genre, Michelangelo Antonioni, sans avoir envie de décéder.

Mais ici, c’est peut-être pire, parce qu’en plus de cette incapacité à dialoguer se fait dans un bruit, une sorte de capharnaüm de cris, de pleurs, de jérémiades qui ne cesse de casser les oreilles. On espère un moment pour respirer un tantinet, une petite pause entre les scènes, mais en vain.

Dans la deuxième partie, enfin, progressivement, la pression descend un chouïa et les personnages daignent enfin s’entendre un petit peu. Pour moi c’est déjà trop tard, je déteste le film en bloc et ne peux plus m’y attacher.

Il faudrait pour cela que le scénario soit un peu étayé, par quelque argument intelligent. A défaut, on se coltine un film à idéologie douteuse, très basse de plafond. Quand un film fait l’apologie con-con de la pensée magique (homéopathie par exemple), il se place forcément à un niveau intellectuel assez indigent. Par conséquent, lorsqu’il se hasarde à porter un regard sur la société, et d’en tirer un discours politique, on n’est pas vraiment rassuré. La crise fait dans l’à peu près, dans la philosophie de comptoir, un ramassis d’idées reçues, jamais approfondies, d’un simplisme putassier assez navrant.

Non, évidemment, la deuxième partie ne pouvait me rabibocher avec un film trop pauvre intellectuellement.

C’est bien dommage car il y a là pléthore de très bons comédiens. On voit que Coline Serreau les adore. On pourrait même croire qu’elle a écrit certaines scènes pour les entendre les dire avec leur sensibilité, leur classe, leur percussion, leur puissance. Je pense ici à quelques belles scènes, notamment de Maria Pacôme

(ou comment revendiquer sa liberté de femme), ou bien à la fabuleuse Michèle Laroque

(ou comment dépeindre la cupidité d’une toubib) ou bien avec Patrick Timsit

(ou comment incarner l’univers déclassé des pauvres). Sur ces trois grandes scènes qui ne manquent pas d’éclat par la forme, le fond reste lamentablement collé au plus bas, désastreux, inabouti, figé et limité. Le casting de rêve frustrant en somme.

Trombi:
Vincent Lindon:
Zabou Breitman et Yves Robert:
Laurent Gamelon:
Annick Alane:
Catherine Wilkening:
Jacques Frantz:
Isabelle Petit-Jacques et Gilles Privat:
Franck-Olivier Bonnet:
Nanou Garcia:
Clotilde Mollet:
Didier Flamand:
Marie-France Santon:
Tassadit Mandi:
Valérie Alane:
Marina Tomé:
Jacques Décombe (centre): 
Nicole Jamet:
Bernard Cazassus:
Christian Benedetti:

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