vendredi 9 décembre 2011

Le magnifique



1973

Cinéaste:
Philippe de Broca
Comédiens
:
Jean-Paul Belmondo -Jacqueline Bisset -Vittorio Caprioli -Hans Meyer

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en dvd


Combien de fois ai-je vu ce film? Je ne sais pas. J'ai toujours adoré. Et aujourd'hui, j'ai juste beaucoup aimé. Certains moments m'ont paru... comment dire? "Excessifs" n'est pas le mot. L'excès fait partie intégrante du style. Le magnifique est une parodie de "James Bond". Forcément, quelques outrances paraissent incontournables.

Alors quoi? J'avoue que j'ai trouvé que Belmondo ratait certaines scènes, voilà. Qu'il en faisait un poil trop par moments. Alors que dans d'autres, il joue vraiment de manière formidable. Quand il joue de façon naturelle -et ne nous pond pas son Bébel bondissant, tout en grimaces-

il se passe quelque chose que j'aime par dessus tout dans les scènes intimistes avec Jacqueline Bisset et qu'on retrouve tellement souvent dans les films de Philippe de Broca : le temps suspend son vol et les êtres se regardent.

Je crois qu'elle est là, la poésie de ce cinéaste, dans cette capacité à raconter des histoires drôles, très mouvementées, festives ou déconnantes et qui soudain déchirent ce rideau pour montrer des êtres qui s'aiment, des scènes d'une très émouvante tendresse. Le contraste estampillé "De Broca" -n'en déplaise Francis Veber- se distingue dans ces ruptures, cette intrusion de la simplicité et de l'intime dans le brouhaha de l'action et de l'esbroufe. Les scènes entre l'étudiante anglaise et le pauvre écrivaillon sont souriantes, très touchantes, d'un romantisme qui m'étourdit toujours autant.

Après... bin après, c'est Guignol. Le cinéma français se fout de la gueule du super héroïsme bondien, de l'ultra violence, de l'exotisme de pacotille, de tous ces films d'action, testostéroné, plein de couleurs et de vacuité, d'éclat et de fausseté. Ce film-critique veut servir un autre plat, une autre sauce, celle d'un réel bien plus solide, certes parfois terne, triste, fatigant, où rien n'est facile, mais où tout peut être plus beau, vrai, dans le dur, palpable. Cela ne se résume heureusement pas à un jour/nuit ou beau/moche. De ces images amusantes, de ce divertissement enfantin perce une folie d'une rare délicatesse et un univers tout doux, ravissant.

En attendant, les acteurs font le job. Même les seconds rôles. C'est toujours un plaisir d'entendre la voix si haut perchée de Monique Tarbès,

la bouille grognonne d'Hubert Deschamps,

la face crétine de Jean Lefebvre.

Et je découvre un italien, Vittorio Caprioli (également co-auteur du scénario), que je ne crois pas avoir vu ailleurs que dans ce film. Il joue l'éditeur snobinard et dégueulasse avec maestria.

Et que dire de Jacqueline Bisset?

A moi la petite anglaise! Beauté et pudeur, sans excès, pure et grande douceur.

Un rôle formidable. Une actrice sublime, qui a peut-être ici voulu faire voler en éclat cette image froide qui pèse tant sur les beautés surnaturelles.

"Le magnifique" n'est sans doute pas aussi beau que "Le sauvage", aussi énergique et flamboyant que "L'homme de Rio", mais tudieu, il est si "joli" que je le mets sans aucun problème dans les meilleurs films de Philippe de Broca! (Voilà une erreur typique chez moi, tant je confonds l'univers de Rappeneau et celui de De Broca)

Trombi:
Hans Meyer:

Mario David:

Raymond Gérôme:

Bernard Musson:

René Barrera:

Max Desrau et Raoul Guylad:

Philippe de Broca et André Weber:

Thalie Frugès:

Roger Muni:

Micha Bayard: (au centre)

Robert Berri:

Lucienne Legrand:

Maurice Auzel:

Pierre Assena ???

Henry Czarniak:

Louis Navarre et Max Desrau:

2 commentaires:

  1. de Passionauto :
    Que dire de ce film qui m'a capté dès son premier visionnage et que j'ai dû revoir depuis une bonne dizaine de fois.
    Il y a dix ans maintenant, j'ai pu assouvir un rêve longtemps enfoui en moi : me baigner dans la même piscine à cascade que Belmondo dans le Magnifique, ce qui fut fait lors d'un voyage à Acapulco, au Mexique.
    L'hôtel est " l'Acapulco Princess " et j'avoue y avoir passé l'une des meilleures vacances de ma vie et ce d'autant plus que j'étais accompagné de ma charmante girl friend de l'époque.
    Puis je me suis rendu, de retour à Paris, dans l'immeuble où demeurait François Merlin et bien que restauré aujourd'hui, il est encore parfaitement reconnaissable. Celui-ci est situé rue des Tournelles.
    Pour en revenir au film, je le trouve empreint de romantisme même si ce n'est pas l'image que l'on retient de ce dernier de prime abord.
    Mais il suffit de voir le jeu de Belmondo / Merlin lorsqu'il déclare sa flamme auprès de Jacqueline Bisset pour se rendre compte de la pudeur qui est réellement enfouie au fond de lui...
    A noter également l'interprétation magistrale de Vittorio Caprioli (que vous pouvez voir en tant que gérant de gargotte dans " l'aile ou la cuisse " ou de mafioso dans " le coup du parapluie ") et qui a été doublé par Georges Aminel, l'accent de l'acteur italien étant par trop prononcé selon Philippe de Broca.
    En bref, un film à voir et à revoir sans modération !

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  2. Ah oui! Le patron du resto dégueu! J'avais complètement oublié! Quant au coup du parapluie, il me faudrait le revoir, j'ai vraiment trop mal pour me rappeler quoique ce soit.

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