samedi 6 août 2011

Dr No




1962
alias : James Bond 007 contre Docteur No

Cinéaste: Terence Young
Comédiens: Sean Connery - Ursula Andress - Bernard Lee - Joseph Wiseman

Notice Cinéprofil
Notice Imdb

Re-Up : La critique du dvd est agrémentée de captures du blu-ray, lequel est commenté succinctement un peu plus loin, juste avant le trombi





Vu en dvd (Critique d'avril 2010) :

Quel bel objet! Et pourtant je viens encore une fois de le voir dans une copie ancienne non restaurée. Vu accompagné du bambin de la famille, le film a pris une dimension pédagogique. Il découvrait là son premier Bond. Du haut de ses 6 printemps, "James Bond, c'est super!". Dans mon esprit étriqué, ce n'était pas gagné car ce premier film n'est pas encore empli de ces gadgets et ces exploits mirobolants qui feront plus tard le pop corn de la franchise. Je m'attendais à une réception plus froide du gamin... hé bien que nenni!

Quant à mézigue, du haut de mes 38 balais et ma douzaine de visionnages, je continue de prendre un terrible panard. La précision chirurgicale du scénario, de la mise en scène et des éléments décoratifs appuie là où ça fait du bien.

Le meilleur choix possible, Sean Connery, arbore une gravité et une virilité inégalées.

Certes Daniel Craig également mais les yeux noirs de l'écossais n'ont jamais les éclairs de folie et de terreur de son jeune successeur. Sean Connery fait preuve d'une souplesse dans sa gestuelle, une aisance animale, féline qui fait mon admiration. Respect. Il y a chez Sean Connery un savant dosage d'équilibre entre ses mouvements et le débit de son texte qui fait tout son charme. On ne se force pas à croire aux ravages de son charme chez les dames, c'est une évidence qui saute aux yeux... dans un premier temps.

Face à lui, Wiseman,

comme la plupart des occidentaux "asiatisés", domine étrangement son personnage un peu de façon "fantastique". Son accoutrement austère, mao, immaculé, souligne les deux masses noires métalliques qui lui servent de mains. La rigidité cadavérique avec laquelle il se meut, lentement, ainsi que ses yeux mal bridés lui donnent un air de Dr Fu Manchu, autre génie du mal qui a hanté les écrans de ciné. Le péril jaune.

Mais le plus fort chez le Dr No, reste sa base secrète, une merveille confectionnée par Ken Adam, de la haute couture, de la modernité made in sixties. A l'époque, ces lignes faussement classiques, brisées et élancées à la fois, mêlant tapis de bête, bois morts, moquettes, plastiques et roches apparentes, objets futuristes et inquiétants, figuraient le nec plus ultra, de la science-fiction comme on peut la retrouver dans les premiers "Spirou et Fantasio" de Franquin ou les "Tif et Tondu" de Will et Rosy. Les "Zorglub" et autres "Choc" construisent villas et forteresses d'anticipation dessinées sur le même modèle que celles d'Adam. Ce décorateur fait école.



James Bond contre Dr No révolutionne le film d'aventure et place le genre de l'espionnage au coeur des années soixante en tête d'affiche. OSS117, Coplan et les autres super-espions vont poindre le bout de leur nez afin d'essayer en vain de coller à la Bond mania. Connery et Adam sont les principaux artisans de cette tendance, avec bien entendu les romans de Fleming que les studios vont s'attacher à adapter au ciné.

Ici le scénario reste encore très sage. Peu ou pas de gadgets. Terence Young construit le mythe Bond avec Moneypenny, M, le Spectre, les Bond girls, Félix Leiter, l'exotisme, les méchants, quelques bons mots et de l'action, tout le temps.

Ce premier opus reste très près de l'esprit polar presque classique pendant une longue partie du film : l'enquête, les déambulations périlleuses de Bond dans les Bahamas. On joue des poings et du flingue, le Walter PPK. La dérive, heureuse, feuilletonesque et exotique d'abord dans la jungle puis franchement science-fictionnelle sur la base laisse un peu de côté le polar pour embrasser le film d'aventure au sens large. Les magnifiques plages de sable blanc et la rivière que Bond remonte à contre-courant dans une jungle infestée de moustiques et de faux dragons

parent le film d'un exotisme dont le "x" s'évapore parfois pour laisser place à un "r" quand apparait le bikini et la chemise collante, caliente, de la bombe suédoise. Ursula Andress

entre dans l'histoire du cinéma. La séquence d'introduction atteint les sommets, somptueuse.




Le hâle mêlé à la blondeur, un corps voluptueusement charnu et des moues boudeuses à vous déglinguer la braguette (sans les mains, magie!) : Ursula parfume le film de toute sa splendeur. Pionnière. Le film lance la série des James Bond girls avec une explosion érotique difficilement égalable.

Oui, un très grand Bond, en avant, doté d'une fraîcheur qui se dément jamais, jusque dans les médiocres effets spéciaux de la course poursuite avec le corbillard, seul petit "raté" du film (effet fond d'écran garanti).

Simple, pétillant, brutal, coloré, exotique et érotique, un premier opus vigoureux, chef d'oeuvre d'un cinéaste plutôt inégal mais qui trouve là un sujet, un personnage et des thèmes qui lui vont comme un gant. Parfait.


Vu en Blu-Ray (Nouvelle critique d'août 2011) :

Quelle joie et quel plaisir de découvrir la superbe édition Blu-Ray de ce premier Bond! Je me suis longtemps coltiné la piètre qualité de l'édition dvd et encore une fois je suis pantois d'admiration devant le spectaculaire apport du format Blu-Ray : la richesse des détails donne l'impression de voir un autre film. On peut vraiment admirer l'éclat des couleurs jamaïcaines.

Le revers de la médaille consiste dans la pauvreté de certains effets visuels. Le Blu-Ray ne pardonne pas le maquillage laborieux sur Wiseman ou le bricolage d'une poursuite en voiture par exemple.

M'enfin, touts ces petits bémols ne sont finalement pas sans charme ancrant davantage le film dans son époque.


Trombi:
Jack Lord:

Bernard Lee:

Anthony Dawson:

Zena Marshall:

John Kitzmiller:

Eunice Gayson (miss Bond n°1 par ordre d'apparition):

Lois Maxwell:

Marguerite LeWars:

William Foster-Davis:

Dolores Keator :

Reggie Carter:

Louis Blaazer:

Colonel Burton :

Tim Moxon:

Malou Pantera:

Lester Prendergast:

John Hatton et Maxwell Shaw:

1 commentaire:

  1. Sans opposer le plus puissant des cupides et mégalomanes sociopathes comme villain (No n’est après tout qu’un adhérent du S.P.E.C.T.R.E. de Blofeld), sans jouir de la meilleur BO (très calypso, la partoche est loin de celle de Barry pour Au Service Secret de sa Majesté !), sans être gavé de punchlines et autres encombrants gadgets (on est à la juste veille de ces débordements), ce premier Bond sur grand écran est cependant un beau morceau de cinoche, élégant et exotique, mignonnement thrilling et correctement immersif.
    Jouissant d’une ligne artistique de haute tenue (les décors du brillantissime Ken Adam, entre tropicalisme et expressionnisme-fun industriel (la base de Crab Key possède, au point d'y ressembler curieusement, la même technologie ludique que l’usine de Mon Oncle de Tati!) sont photographiés avec la plus belle conscience), d’un rythme mi-alangui, mi-trépidant (une constante dans la licence), d’un casting à la plastique toute étudiée (ne me contrediront ni la bikinique Ursula ni Joseph le manchot !) et, globalement, d’un goût enviable en bien des domaines, fut-il considéré en son temps comme mauvais (sinon outrageux) par le Vatican et le Kremlin ! C’est précisément cet âge là (Guerre Froide et frais mœurs) qui est savamment distillé au cours de l’heure 45 de cette prime mission filmée, sans jamais sombrer dans les clichés les plus profonds ou susciter de patent ennui (ni n’occasionner les francs ridicules que certains opus postérieurs n’éviteront guère).

    RépondreSupprimer