Quand le reptile se fait des pellicules, des toiles, des pages et des dessins... Blog sur l'image et la représentation en général.
(cliquez sur les captures pour obtenir leur taille originale)
J'avais
été plutôt conquis par la première saison. Je le suis davantage
avec la deuxième.
La saison1 avait énormément -peut-être trop aux dires de certains- été
axée sur la médiumnité de miss Ives (Eva Green)
l'emmenant
jusqu'aux rives de la folie. La comédienne en a irrité plus d'un à
force de roulements d'yeux et de spectaculaires gesticulations.
Personnellement, je la trouvais au contraire formidable, effrayante
et donc impressionnante, ce qui était l'objectif crucial. Sur cette
saison 2, son jeu extraverti est largement moins sollicité. Il est
vrai que les autres personnages sont un peu plus sur le devant de la
scène, du moins est-ce un sentiment fort que j'ai aujourd'hui. Lors
de la saison précédente, miss Ives était au cœur de la série.
Tout reposait sur elle. Cette année, elle est toujours centrale,
mais les autres prennent véritablement plus de place. L'espace se
partage enfin.
développe du coup les enjeux à la fois sur le docteur et sur sa
première créature, Mr Clare (Rory Kinnear).
Ce dernier rencontrant
miss Ives et trouvant un nouvel emploi au musée des horreurs fouille
sa personnalité, enrichit sa potentielle sociabilité avec un
bonheur varié. Dans sa recherche d'humanité, la souffrance suscitée
par son sentiment d'exclusion est décuplée, mais plus affinée
également. La nuance apparaît enfin de plus en plus fondamentale
dans l'évolution de ce personnage, passionnant à côtoyer dans
cette série, alors qu'il était un peu trop saoulant l'année
précédente, trop monolithique. Sa fureur continue avait un goût de
litanie un poil pesante. Quant au Dr Frankenstein, sa découverte de
l'amour et de ses affres offre à l'acteur de nouveaux horizons de
jeu.
Et puis,
on a droit à la participation accrue et juteuse de deux personnages
anecdotiques lors de la première saison : Ferdinand Lyle (Simon Russell Beale) et la sorcière Madame Kali (Helen McCrory). Le
premier apporte un côté humoristique, décalé et pathétique à la
fois, rafraîchissant en tout cas. Magnifique conteur, esthète,
pince sans rire. Le raffinement et la délicatesse du personnage se
marient avec bonheur avec le sentiment de culpabilité que sa
duplicité engendre en lui. Belle plus-value que l’apport de ce
personnage, grâce au talent de Simon Russell Beale!
donne de l’incarnation aux forces du mal. Dans la
première saison, le démon était avant tout spirituel, tentant de
posséder miss Ives. Dans cette 2e saison, il est enfin incarné,
littéralement, par cette sorcière et ses compagnes. Il y a du
corps, de la matière. Et le personnage n’est pas du tout un bête
monstre sanguinaire ex nihilo. Au contraire, son office maléfique
s’appuie sur une soif de jeunesse, éperdue et très humaine pour
le coup, cette angoisse face à la vieillesse, cette peur de mourir
qui la torture.
Avec une
fin de saison très ouverte, ce n’est pas à proprement parler du
cliffhanger qui nous titille, mais l’envie de reviens-y n’en
demeure pas moins intense. Vivement la 3e saison !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire