samedi 29 mars 2014

Pour avoir Adrienne



1967
Diffusée à la télévision en juillet 1967 à "Au théâtre ce soir"

Auteur: Louis Verneuil 
Metteur en scène : Pierre Mondy
Réalisateur: Pierre Sabbagh
Comédiens: Jean Poiret - Michel Serrault - Danièle Lebrun

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Une pièce de "Au théâtre ce soir", diffusée à la télévision l'été 1967, jouée par le duo Poiret/Serraultt, ça vous grattouille pas un peu? Moi si! Et sans être exceptionnelle, non, loin de là, hé bien, cela se suit gentiment, avec plaisir parfois, grâce à ce duo d'acteurs.

Encore et toujours une structure "vaudeville". Il est question d'amants, de femmes entretenues, de maîtres-chanteurs. Voyez, rien d'extravagant.

Alors ce qui plaira sans doute, c'est la qualité de l'interprétation. A ce compte-là, Michel Serrault se taille la part du lion. Encore assez jeune, il fait la démonstration de son talent, dans le rythme, dans la justesse de ton, dans la cadence. Il est toujours sûr, sans bavure. Il est d'évidence déjà maître de son art scénique, c'est admirable! J'ai adoré l'écouter, quel acteur!

Jean Poiret est en deçà de son compère. Il est plus doué pour l'écrit que le jeu. Non qu'il soit mauvais! Au contraire, c'est un fameux acteur, mais par rapport à Serrault, il a moins de cordes à son arc. Sur cette pièce il est plus en retrait. Peut-être est-ce son personnage qui le cadenasse? Il est un amant qui joue double jeu, toujours sur le fil du rasoir, toujours dans la maîtrise de soi, de ses émotions. J'aime beaucoup, mais je lui préfère amplement Michel Serrault en mari trompeur et cocu potentiel.

Danièle Lebrun, coincée entre ces deux types, reste classique. Son jeu est propre, académique, ne souffre aucun raté. Impeccable mais sans non plus l'étincelle, vous savez, ce petit truc, ce charme mal défini qui vous ravit le cœur.

Ce trio fonctionne à merveille, c'est déjà ça. Le spectacle est sans doute un peu trop sage. Seul Michel Serrault fait quelques éclats. On ne s'ennuie pas, mais on ne se tape pas non plus sur le ventre. La pièce propose un spectacle bourgeois tranquille, sans fausse note, à la fois élégant et convenable malgré tout. Le texte de Louis Verneuil  se rit des situations alambiquées dans lesquelles se fourrent savamment les personnages. La langue est chatiée mais fort lisible. Créée en 1919, la pièce n'est pas pétaradante, comme du Feydeau (que Verneuil admirait), la langue y est plus simple, peut-être plus moderne? J'ai utilisé le mot "simple" alors que j'ai pensé "pure", mais l'idée n'a fait que me traverser l'esprit. En tout cas, le texte est dit sans heurt, comme une évidence et s'entend très facilement. C'est aussi pour cette raison que le trajet laisse cette impression agréable d'avoir été très doux.

Reste du trombi:
Evelyne Dassas:

Michèle Bardollet:

Alain Franco:

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