dimanche 16 février 2014

White house down


2013

Cinéaste: Roland Emmerich
Comédiens: Channing Tatum - Jamie Foxx - Maggie Gyllenhaal - James Woods

Notice SC
Notice Imdb

Vu en dvd



Roland Emmerich constitue un mystère pour moi. Ou plutôt le fait qu'un certain nombre de bons (voir très bons) comédiens jouent dans ses films ne cesse de m'interroger. Je suis peut-être un pauvre naïf (pour rester poli), mais je ne veux pas croire que tous les Jamie FoxxLance Reddick, John Cusack, Jake Gyllenhaal, Ian Holm ou Matthew Broderick ont accepté de tourner dans ses films uniquement pour le cachet! J'imagine également que ces mêmes comédiens ne passent pas leur temps à palper sur des productions médiocres dirigées par des brêles. Quitte à toucher du pognon, autant s'y adonner sous les ordres de quelqu'un qui connait le métier. Peut-être Roland Emmerich profite-t-il d'une image très positive que j'ai du mal à considérer? Il se peut que je n'arrive à voir ses qualités de metteur en scène.

Essayons d'y voir un peu plus clair ; ce film n'est pas très palpitant, cette histoire et ces personnages n'ayant aucun intérêt, profitons-en pour travailler du chapeau sur le cas mystérieux de Roland Emmerich. Car le fait est là, Roland Emmerich est installé. Il a une filmographie d'ores et déjà impressionnante en terme de blockbusters et de succès populaires. Ses films fonctionnent. Le tapage pub ne suffit pas à l'expliquer.

Dans la même famille-type de réalisateurs bankables, on pourrait citer Michael Bay, tout aussi, sinon plus, conchié par les cinéphiles. Or, pour Michael Bay, j'ai beaucoup plus d'indulgence. Je vois très nettement sa marque de fabrique, sa patte, ses procédés formels, cette esthétique pubesque, ultra léchée, mouvementée mais maîtrisée, pleine de filtres et de caméras virevoltantes, un style loin d'être original, spielbergien surtout, mais paroxystique, jusqu'à atteindre un certain baroque,  nettement identifiable.

Mais pour Emmerich... je n'y arrive pas. La filiation à Spielberg est évidente, mais j'ai l'impression qu'Emmerich pompe un peu tout le monde sans parvenir à imprimer à ses films sa propre personnalité. Jamais. Alors que chez Bay on voit d'évidence une certaine dimension, un dépassement hystérique, chez Emmerich, j'ai parfois la sensation de voir un téléfilm, ou une parodie de toute l'imagerie hollywoodienne des années 80/90, un calque. Ici, sur "White House down", c'est on ne peut plus criant! Toute l'architecture du film est un plagiat éhonté de "Die hard" premier du nom. La relation entre Channing Tatum et sa fille est une resucée de toutes ces relations foireuses entre parents et enfants que Hollywood nous sert pour illustrer les tracas du héros viril face aux problèmes domestiques et ce quotidien autrement plus difficile à gérer qu'une alerte à la bombe ou une prise d'otage, comme de bien entendu. Mieux vaut pour lui une irruption de terroristes sanguinaires qu'une irruption cutanée pré-pubère. On a les emmerdes qu'on mérite.

Quoiqu'il en soit, rien de neuf à se mettre devant les yeux. On a déjà vu mille fois les films d'Emmerich. Cette antienne est sans doute censée humaniser les héros autrement extra-ordinaires. Le public mâle, plus fréquemment papa ou destiné à le devenir que déglingueur de malfrats, s'identifie ainsi plus facilement.

Mais on est en droit de s'étonner qu'en ce début des années 10 on puisse une énième fois écrire un scénario pareil ! À un moment donné, même chez le spectateur le plus crétin, ça va se voir, non ? Qu'y a-t-il de pire comme message adressé au public que la recette, surtout quand elle est aussi grasse ? Et Emmerich nous fait avaler ce genre de couleuvre sur tous ses films. Sur "Independance Day" on avait un homme en mal de reconnaissance professionnelle et matrimoniale (Jeff Goldblum) si je ne m'abuse, rôle plus ou moins similaire pour Matthew Broderick dans "Godzilla". On n'est pas loin avec un autre geek un peu paumé, avec James Spader dans "Stargate". Dans ce même film, on a un papa endeuillé, pour avoir loupé mortellement l'éducation de son gamin avec Kurt Russell. Dans "Le jour d'après" le problème relationnel entre un père et son fils est au cœur de la catastrophe. Les clichés se suivent, et forcément se ressemblent.

Loin de moi l'idée de soutenir que Michael Bay n'a pas recours à ce genre d'expédients narratifs. Mais justement, chez Bay, j'ai le sentiment qu'il y a une dose d'humour, une exagération qui vire à une sorte de dérision. Je me fais une drôle d'idée de Bay, pourquoi pas ? Avec Emmerich, j'ai au contraire l'impression qu'il n'y a pas du tout de distance, qu'on est dans le premier degré bête, dans une simplicité malhabile, routinière : la fameuse ligne droite qui paraît relier le plus rapidement les deux points. Pas de prise de tête. Pas de réflexion. Pas de seconde lecture. Pas de profondeur. Le néant total. Je peux m'amuser devant un film de Michael Bay, même si à la longue je finis par bâiller. Avec Emmerich, je m'ennuie d'entrée.

Et pourtant, il a ici Jamie FoxxMaggie GyllenhaalJason ClarkeRichard JenkinsJames WoodsLance Reddick, excusez du peu, des acteurs de grande valeur. Et qui du reste sont sous utilisés, voire totalement inexploités. Qu'est-ce qu'ils foutent ici? On leur a coupé des scènes pour lesquelles ils ont cru au projet ? C'est ça le truc ? Je ne comprends pas. Pour James Woods, c'est évident : il a un rôle qui peut se révéler jouissif, mais les autres ? Merde!

Bon, ben non, de mettre des mots sur tout ça ne m'aura pas permis de comprendre. Je capitule.

Trombi:
Kevin Rankin: (center centre):
Ted McGinley???

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