vendredi 2 septembre 2011

Que ca reste entre nous



2010
Alias : Que ça reste entre nous

Auteur: Francis Veber
ISBN-10: 2221114442





Je tiens Francis Veber pour un grand auteur comique. "La chèvre" est pour moi un immense chef d'œuvre, une des plus grandes comédies jamais réalisées. Sa filmographie de réalisateur comme de scénariste parle pour lui même et démontre qu'il est dans ce domaine souvent dans les bons coups.

Patatras! Triple hélas! Le bouquin ne livre pas un portrait flatteur de l'artiste, en dénotant une rare incapacité à la bienveillante ouverture d'esprit qu'on recherche chez un mec bien.

Au contraire, il se dégage de son mode de pensée quelque chose de très antipathique, une condescendance rédhibitoire. Infoutu de se mettre à la place des autres, il est beaucoup plus prompt à dégainer des jugements très violents, à l'emporte-pièce, à l'encontre des gens qu'ils croisent et qu'il appelle parfois des amis (on se demande bien pourquoi), même s'il évoque à deux ou trois reprises le fait qu'il en ait très peu (tu m'étonnes!). Il préfère par exemple se plaindre d'un dîner qui rate à cause de l'alcoolisme de Jacques Villeret plutôt de faire preuve de compassion pour la maladie auto-destructrice de son "ami". Sale mentalité!

Alors, parce que ses amitiés ne présentent aucun danger pour son ego d'auteur et sa carrière comique, il passe par ailleurs à côté de types comme Yves Robert ou Philippe de Broca, qui évidemment fonctionnent humainement d'une autre façon. Il les débine bêtement, d'une manière toute égocentrique, ne voyant rien, ne comprenant rien. Francis Veber est un aveugle du cœur, un handicapé de la vie dont le nombril hypertrophié pèse trop lourd dans la balance pour lui permettre de faire autre chose que du tir à vue dans ce bouquin.

D'avoir lu ce pensum ne me fera pas changer d'opinion sur l'œuvre de Veber, "La chèvre", "L'emmerdeur" ou "Le dîner de cons" sont et resteront de très grands films, superbement écrits et joués, des bijoux de maitrise et de rythme. C'est juste que je ne verrais plus Veber comme un Pignon mais comme un Brochand.

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