
1991
Titre original : The naked lunch
Titre francophone: Le festin nu
Cinéaste: David Cronenberg
Comédiens: Peter Weller - Judy Davis - Ian Holm - Roy Scheider
Notice SC
Notice Imdb
Vu en dvd

La dernière fois que j'ai vu ce film remonte à loin, à un temps où ma fainéantise me faisait croire que la punch line d'une critique avait du bon. J'avais aimé cette histoire alambiquée, tordue, aussi fondue que le cinéma de David Cronenberg. Je l'avais vu en VOST, or cette revoyure se fait sur un dvd allemand, sans sous-titre. Pour la plupart des films une seule audio anglais est largement suffisante, mais ici, j'avoue que sur un film aussi déjanté des sous-titres anglais auraient été les bienvenus. D'autant plus qu'il faut se coltiner la voix très sourde de Peter Weller,




L'humour provocateur du cinéaste se trouve associé, dans une étrange harmonie, au traumatismes et réflexions de William Burroughs. Je n'ai pas lu le roman initial, mais je sais qu'il a comme le personnage principal tué accidentellement sa femme. On imagine sans peine comme le roman a pu représenter un canevas prodigieux pour Cronenberg. Il s'y engouffre avec un enthousiasme qu'il transmet au spectateur. Le festin nu est en effet un repas gargantuesque de métaphores sur la culpabilité, l'homosexualité, sur l'addiction, sur le travail d'écriture, sur la multiplicité de la réalité, sur la fiction, sur la vérité et les fraudes. Extrêmement riche, le scénario offre de nombreuses pistes qui peuvent en déboussoler plus d'un. Mieux vaut être de bonne humeur, dans un état d'esprit ouvert à l'image poétique dans toutes ses acceptions (l'horreur et le glauque ne sont pas toujours sans charme, question de point de vue), mais je suppose que beaucoup seront un peu rebutés par cette bidoche sémino-sanguinolante.

Outre la très belle image que l'on doit en grande partie au quatuor d'artistes cités plus haut, le film présente l'avantage d'avoir une très belle distribution. Mais deux comédiens m'ont beaucoup plus tapé dans l’œil que leurs confrères.

D'abord Ian Holm,


Peter Weller est très sobre.


Voilà donc un film pluriel, rigolo à force d'être culotté, allant jusqu'au bout de ses logiques parallèles, et qui parait tricoter des chemins détournés pour raconter l'humain dans sa complexité méta et intra-physique, en utilisant le grotesque dans le bon sens du terme, quand la caricature, attirant à elle la puissance du trait, frappe plus fort et avec profondeur les esprits. Jubilatoire, introspectif, grave et drôle à la fois, le film propose pourtant un ensemble très causant, très expressif et finalement attachant. Oui, j'aime bien cette recherche chez Cronenberg : il en devient sympathique à fouiller dans les corps pour trouver des réponses à toutes ses questions.


Julian Sands:

Monique Mercure:

Nicholas Campbell:







Michael Caruana:


Peter Boretski:

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