samedi 11 mai 2013

The place beyond the pines


2013

Cinéaste: Derek Cianfrance
Comédiens: Ryan Gosling - Eva Mendes - Bradley Cooper - Emory Cohen - Dane DeHaan

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Notice SC

Vu en salle



Assez belle déception. J'ai lu ici ou là de bonnes critiques. "Lu" est un bien grand mot, je ne lis pas trop avant mais plutôt après. Cependant, sans lire, on peut quand même flairer le film, sa réception, voir où va le vent et ça m'avait l'air de bonne augure. Or, je me retrouve devant un film en trois actes, dont deux ne sont pas exempts de vilains défauts. Du coup, j'ai trouvé le film interminable, pas mauvais, juste moyen et surtout alourdi par un récit longuet à bien ranger tous ses petits éléments, comme un lego trop complexe et trop sage à la fois.

D'abord notons que l'histoire est tout sauf originale. Une seule surprise : le film ne veut pas s'arrêter. D'abord à la fin de l'histoire avec Ryan Gosling, puis rebelote quand Bradley Cooper a fini de nous rejouer Serpico. A chaque fois on s'imagine que le film a terminé son cycle. Que nenni! Ça repart pour un tour. Donc on se coltine trois films en un. Soit! Puisqu'il s'agit de montrer comment un drame peut se propager tel une maladie, de génération en génération, grâce à la générosité du mensonge. C'est formidable le secret de famille tout de même! Et les héros qui s'évertuent à créer ces non dits font le bonheur des scénaristes. Sans eux, difficile de faire du cinoche à larmichettes. Par conséquent, The place beyond the pines nous raconte cette sempiternelle vérité : "faute non avouée, bordel assuré".

Aussi fallait-il bien que tout le premier chapitre montre comment un petit benêt s'enferre dans la violence pour essayer de donner un sens à sa vie, puis comment la mère de son fils fait tout pour perpétuer ce malaise. Cette première partie m'a fait craindre le pire : un Drive 2, la moto remplaçant la voiture et l'esthétique s'étant fait la malle, mais le personnage de Gosling est similaire en bien des points. Je plaignais intérieurement Gosling mais me demandais ce qui avait pu lui passer par la tête d'accepter cet énième rôle de bad-boy violent (un jackpot gagnant?). Bref, l'histoire est par moments émouvante, mais cousue de fil blanc : aucune surprise dans le déroulement, il n'y a qu'à se demander comment le cinéaste va mettre le gadin en image.

On passe au deuxième épisode, celui de Bradley Cooper qui lui, se paye le luxe d'être coupé en deux sous-parties, dont l'une est totalement inintéressante. C'est quoi le truc au juste? C'est pas propre un film de moins de 2h? Ici le policier Cooper nie sa responsabilité et essaie de fuir son sentiment de culpabilité, un déni pur jus qu'on essaie de justifier par l'ambition démesurée du gaillard. Mais on nous sert par dessus le marché une histoire de ripoux qu'il exploite autant sinon mieux que son exploit héroïque initial, à des fins politiques. Superfétatoire. On prend minimum une demi-heure dans les gencives pour ajouter que dalle à l'histoire générale du film.

Et donc on finit par l'héritage : les deux gamins à problèmes qui résultent de ces mensonges accumulés par les parents. En début de chronique j'évoquais deux parties bancales sur trois, mais je crois que l'indulgence pour cette dernière partie vient en grande partie du fait qu'elle met enfin un terme au film : une indulgence en guise de remerciement donc.

Non, soyons honnêtes, si je n'ai pas baillé ni eu l'envie de me tailler les veines, c'est bien parce que quelques acteurs sont bons. On a droit à de bons numéros. La direction d'acteurs est correcte. Ryan Gosling réussit à donner une certaine matière à son balourd de redneck "foireux". Il y avait de quoi se prendre les pieds dans le tapis. Eva Mendes est un peu absente. A sa décharge, elle ne pouvait guère mieux espérer de ce rôle somme toute assez ingrat. Bradley Cooper ne fait pas d'étincelles, mais il ne jure pas non plus. J'ai beaucoup aimé les deux jeunots Dane DeHaan et Emory Cohen. Avec deux rôles casse-gueules, très typés, plutôt caricaturaux, ils parviennent à bien exprimer l'écrasante détresse née du legs complètement déséquilibrés de leurs paternels?
J'ai aussi bien aimé le parti pris du réalisateur Derek Cianfrance de filmer les visages au plus près, pour capter ce travail d'acteur de façon précise.

Pour le reste, je n'ai rien remarqué de spécial. C'est très lisible, sans être d'une beauté frissonnante. Une ou deux séquences laissent d'agréables souvenirs, notamment le baptême dans l'église immaculée, laiteuse.

Cependant, il est probable que je ne reverrai pas ce film.

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