samedi 11 mai 2013

Los amantes pasajeros


2013

Alias: Les amants passagers

Cinéaste: Pedro Almodóvar
Comédiens: Cecilia Roth - Lola Dueñas - Blanca Suárez - Raúl Arévalo - Carlos Areces- Javier Cámara

Notice SC
Notice Cinéprofil
Notice Imdb

Vu en salle



Difficile d'échapper aux bruits qui couraient sur la faiblesse du dernier Almodovar. Leur teneur était très curieuse d'ailleurs. En sortant de la salle, je ne les comprends toujours pas. Quel est donc le reproche qu'on fait au film? Sa légèreté! Bin merde, alors! Elle est bien bonne celle-là! On lui reproche de n'être pas "Todo sobre mi madre", ni "La mala educacion"? De ne pas être profond. Comme si Almodovar n'était que ces films. Ingratitude confondue à la froide pisse qui ne cessent de m'esbaudir. Bien entendu que ce film ne baigne pas vraiment dans le pathos, que le ton est résolument absurde et outrancier, heu... et alors?

Je n'ai pas à renier mon plaisir. Je suis entré dans la salle pour voir une comédie, pétaradante, aussi légère qu'un verre de agua de Valencia, et j'ai eu mon petit shot, voilà tout. Ce n'est pas un grand Almodovar. Il ne crawle pas, se contentant de brasser. De là à le reléguer au rang d'une bouse... on voit de ces notes des fois qui font douter du sens de la proportion chez certains critiques.

Pas exceptionnellement bouleversant, il ne plonge pas dans une volupté d'émotions, ni de réflexions. Oui, peut-être que le film est une métaphore sur la crise économique européenne. Oui, peut-être, en effet, l'allégorie n'est-elle pas des plus subtiles. Mais encore une fois, je ne lui demande pas. Une farce, une caricature n'a pas forcément cette vocation. La situation économique de l'Espagne est une des plus sévères d'Europe aujourd'hui et manifestement Almodovar a ressenti le besoin de s'offrir un petit relâché de vapeur, comme un garnement qui en a marre d'entendre hurler lamentations et plaintes. Il est donc allé chercher cet esprit insouciant et rassurant qu'il avait connu jadis quand tout était rose, un esprit hédoniste plein de drogues, de cul, d'alcool, de grossièretés (dont tous ses films précédents sont plus ou moins chargés également, cela dit en passant). Il l'a condensé sur 1h30 dans la carlingue d'un avion, en un huis-clos démonstratif. La boucle de la ceinture saute d'un cran, la cravate est dénouée. Almodovar s'accorde une pause pour fumer un p'tit pet et je suis sûr qu'avec le temps, cette respiration va trouver une place très sensée dans sa filmographie. Ce film est d'ores et déjà cohérent. Pour le moment il peut encore apparaitre un peu étrange, mais au fond, c'est heureux, cela donne un coup de vent rafraichissant dans la mise en pli, une rupture qui semble exprimer une faiblesse, un besoin très humain de souffler.

J'ai donc souri, le moment est agréable, la forme peut m'avoir par instants décontenancé (ses obliques de caméra, ses effets spéciaux de ralentis, l'extrême profondeur des yeux de Blanca Suárez), mais au bout du compte, le divertissement fait son office. Le film est extrêmement coloré, un peu comme ces films qui dans les années 50 et 60 se peinturluraient de technicolor jusque dans leurs moindres recoins.

La musique est à l'unisson, festive, débordante d'une joie claire et simple. J'ai l'impression que le générique dit tout le film, du moins ses intentions. Oui, décidément, je ne comprends pas les gens qui boudent, en cherchant dans ce film ce qui ne peut y être. Contentons-nous de ce qui est. Pourquoi vouloir des étreintes brisées dans cette petite fable? Quelle idée...

Quoiqu'il en soit, "Les amants passagers" n'est qu'une simple comédie destinée à détendre. Et Almodovar sait très bien le faire. C'est là d'ailleurs un autre de ces grands talents : les personnages pensent et font du cul, se droguent, dansent, s'écoutent, s'engueulent, sont grossiers et ces caricatures finissent par former un discours très généreux, où dominent une grande ouverture, en même temps qu'une dédramatisation presque démythificatrice. Je suppose que c'est ce qui choque le plus ses détracteurs : beaucoup aiment qu'on cultive le pathos pour le pathos, souvent signe de bon goût.

Notez bien que le film n'en est pas dénué tout à fait. Ici ou là, par petites touches, le cinéaste ne peut s'empêcher d'en mettre. D'une certaine façon, je dirais même que ça détonne un peu, que c'est superflu. Pas sûr que l'équilibre général du film ait eu besoin de cela. S'il ajoute pour certains personnages une lecture doloriste, donne -t-elle plus de profondeur? A la rigueur, cela altère un peu le ton, de même que l'aspect absurde du récit. Le ton est à l'irréalisme, à l'irrespect et quelques rapides plans sur le visage en souffrance de tel ou untel détonne un peu avec la trame générale.

En somme, ce film est une respiration, gentillette comédie qui ne révolutionne rien, mais qui fait du bien. Les réactions disproportionnées sont comme d'habitude le fruit de la déception, les gens se montant des échafaudages dans la tête qui n'ont pas lieu d'être sur les filmographies des grands artistes et ces derniers osent reprendre parfois les rênes, et disent merde en toute liberté. Un Almodovar outrecuidant, comme d'hab!

Mini trombi:
Photo de tournage :

Javier Cámara:

Cecilia Roth:

Guillermo Toledo:

Miguel Ángel Silvestre et Laya Martí:

Raúl Arévalo , Carlos Areces et Javier Cámara:

Lola Dueñas:
Photo de tournage : Pedro Almodóvar, Penélope Cruz et Antonio Banderas

Hugo Silva, Raúl Arévalo, et Antonio de la Torre:
José Luis Torrijo (droite toute):

Paz Vega:


José María Yazpik:

Violeta Pérez, María Morales, Carlos Areces, Pepa Charro et Bárbara Santa Cruz:

Carmen Machi et Blanca Suárez:

2 commentaires:

  1. The problem is not he made a light film, the problem is he made a crappy comedy, with humor based 100% on poor sex jokes...

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  2. No I don't think so. Cause I don't see sex jokes. It's more complicated than that.

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