vendredi 10 février 2012

The furies



1950
Alias : Les Furies

Cinéaste:Anthony Mann
Comédiens:
Barbara Stanwyck -Wendell Corey -Gilbert Roland -Walter Huston

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en dvd


Critique du 07 octobre 2010:

Il me faudra y retourner sur celui-là, je n'ai pas l'impression d'avoir bien suivi. L'édition Criterion est superbe, mais la vivacité des dialogues et les particularités vocabulaires du grand ouest, associés à un accent et une diction des personnages pour le moins colorés m'ont fait perdre parfois la subtilité des échanges.
Mon état de fatigue en cette fin de soirée m'a bien malmené ensuite.
Bref, je ne suis pas certain d'avoir bien tout assimilé et entendu.

J'ai bien compris que le film est d'une richesse toute Mannienne, encore que je le suppose même plus profond encore qu'à l'habitude. L'action n'a finalement que peu de place ici devant la très ambigüe relation père-fille qui lie Walter Huston et Barbara Stanwyck.

Western très psychologique, quasi incestueux, très affectif dirons-nous pour couper court à quelque chose que je ne maîtriserai pas tant que je ne le reverrai pas.

Même si j'étais pas loin de comater (j'exagère un chouïa pour fleurir le propos), j'ai quand même bien remarquer la fin gâchée, j'ai envie de dire bâclée, n'ayons pas peur des mots.

***SPOILER:
On a l'impression désagréable que le happy-end arrive de manière peu crédible. Comment Vance peut-elle "oublier" l'atroce assassinat de son ami-amour Juan, en pardonnant en deux coups de cuillère à pot à ce père qui l'a reniée sans remords, pour ne pas lui léguer les Furies. Un père qui semble avoir des sentiments qui volent du noir au blanc en un éclair sans la moindre profondeur, sans le commencement d'un regard critique sur celles et ceux qui l'entourent, ni encore moins sur lui-même.
***fin du SPOILER

J'ai été étonné par la photographie par moments extrêmement sombre. Les silhouettes, plutôt les légers halos de pâleur dans les ténèbres offrent un curieux spectacle de spectres et sons mystérieux, inquiétants fantômes ou monstres tapis. C'est plutôt couillu de prendre de tels risques de mise en scène pour un western.

Bref, un très intéressant western, de ceux qu'on évoque avec respect mêlé d'admiration, de ceux qui haussent le genre au plus haut. Plus qu'un très grand western, c'est un très grand film. Un film important, c'est pourquoi je le reverrais bien volontiers.

Nouvelle critique:

Je ne sais pas trop pourquoi j'avais cru ne pas tout percuter des dialogues la première fois que je l'ai vu. En effet, l'accent est tranchant, mais les acteurs sont assez compréhensibles.

Quoiqu'il en soit, j'ai été une nouvelle fois confronté à ce plaisir que le cinéma d'Anthony Mann sais si bien nous procurer, cette sensation d'assister à un grand film, un western plus grand, plus haut, plus fort qu'à l'habitude, à un spectacle tragique, au-dessus de la mêlée des hommes, pour mieux en appréhender les coins et les recoins. Les westerns de Mann dépassent le genre en le manipulant de telle sorte que les ingrédients habituels s'en trouvent déviés pour ressortir neufs et profonds.

Ces "Furies" portent bien leur nom et donnent au western ses lettres de noblesse en le faisant rejoindre ses ancêtres antiques, ceux de la tragédie grecque. La relation plus qu'ambiguë, très physique et fusionnelle entre le père (Walter Huston) et la fille (Barbara Stanwyck) ressemble à ces histoires de tordus qui fondent les mythes immémoriaux ou même les cultures, les morales et les explications du monde.

Perturbant et beau, ce film n'est pas un frêle objet, il est massif comme ces blocs de pierre qui dévalent une falaise, il est vaste comme le ciel que les sempiternelles contre-plongées de Mann met toujours au dessus de ses personnages, comme pour les enfermer, les tenir sous le socle d'un univers fermé, comme si les astres devaient restés les seuls témoins (avec nous, spectateurs sacrés foutus privilégiés), lointains mais éternels. Il y a de l'immuable dans le cinéma d'Anthony Mann, de profondément métaphysique.

Peut-être moins présente toutefois que dans les autres créations de Mann, la nature est ici le jouet des convoitises de propriétaires terriens avides d'espaces et d'argent, elle souffle sur les braises de la cupidité de chacun avec beaucoup de force.

La photographie de Victor Milner joue beaucoup sur les soleils couchants, cette lumière entre chiens et loups. Le noir et le blanc est on ne peut plus approprié pour mettre en valeur la dérive de tous ces sentiments malheureux.

Dans ma première chronique, je fustigeais un dernier retournement du personnage joué par Barbara Stanwyck

vis à vis d'un père qui l'avait abandonnée et était allé jusqu'à assassiner son meilleur ami. Effectivement, l'amour pour le paternel est bien le plus fort. Ce qui est le plus curieux, c'est qu'à ce second visionnage, je n'ai pas du tout été gêné par ce revirement, finalement tout à fait crédible, dans la droite ligne des perturbations que connaissent ces deux personnages.

Trombi:
Judith Anderson:

Wendell Corey:

Thomas Gomez:

Gilbert Roland (au centre):

Blanche Yurka:

Beulah Bondi :

Albert Dekker:

John Bromfield:

Wallace Ford:

Louis Jean Heydt (au centre):

Myrna Dell:

Arthur Hunnicutt:

Pepe Hern, Gilbert Roland et Lou Steele:

2 commentaires:

  1. toujours pas de FURIES à l'horizon. J'utilise ce rectangle pour mes messages personnels, qui n'ont rien à voir avec le film.

    GASPARD DAVID FRIEDRICH : je poursuis !


    L’analyse de LA MER DE GLACE est intéressante parce qu’elle insiste sur le message métaphysique.

    Voici, à la suite, le catalogue de tous les tableaux de FRIEDRICH



    http://www.caspardavidfriedrich.org/

    et ici en particulier, celui qui m’émeut le plus UN HOMME ET UNE FEMME CONTEMPLANT LA LUNE.
    Ce tableau est la couverture d’un livre grand format des éditions SKIRA et je
    l’ai longtemps laissé en vue pour m’en réjouir.
    Chez Friedrich, les personnages sont toujours vus de dos, soit trois jeunes filles devant la mer, soit un homme seul sur un rocher face à la mer (donc toujours face à l’infini),
    Il y a aussi de très belles fenêtres sans personnage et je vous en ai parlé la première fois car vous aviez admiré cette fenêtre face à la mer, sans personnage, avec deux voilages de dentelle qui avaient très justement retenu votre attention.
    Je pense qu’il y a chez vous une curiosité de la chose peinte et sculptée que vous devez cultiver : c’est bien ce que vous faisiez en visitant les musées de Paris. Ce monde de la représentation du monde par l’HOMME est infiniment passionnant, quand il dépasse le naturalisme, est projection de soi et message sur l’existence.
    J’ai eu la chance de travailler pour SKIRA (qui n’est plus à Genève et a maintenant fusionné avec le groupe ELECTRA de Milan) : avec entre les mains des analyses de tableaux absolument sublimes (Je pense à PISSARRO entre autres qui a passé son enfance dans les PETITES ANTILLES et montre les Noirs et les Métis, à demi dissimulés par la végétation, par timidité et surtout crainte des Blancs, des colons blancs).
    Peut-être pensez-vous que j’abuse de votre temps et de ma plus-value professionnelle,
    Si oui : vous avez tort, car l’attachement que vous manifestez pour les œuvres d’art
    (la beauté des photos dans ZERKALO) indiquent clairement que vous pouvez entrer
    plein de confiance dans ce domaine de l’esthétique, qui est aussi une éthique.

    http://www.caspardavidfriedrich.org/Man-and-Woman-Contemplating-the-Moon-c.-1824.html

    Pour finir, je bois ce soir un « VODKA-MARTINI » comme l’ami 007

    (pas sûre que le mélange soit à mon goût : j'aime le mélange cubain "RHUM COCA" et un truc délicieux qui s'appelle PINACOLLATA.

    Mais sinon, je ne bois pas ou très rarement un bon brodeaux avec du roquefort sur du pain Poilâne

    RépondreSupprimer
  2. Finalement LES FURIES sont arrivées de New York, en version anglaise et italienne. L'anglais du Nouveau Mexique est très difficile à suivre, mitraillé par des gens qu'une furieuse passion habite. Pas de sous-titres anglais non plus. J'entre autrement dans le film, je répare des petites choses, et occupée par mes mains, je passe la version
    italienne : je comprends que le premier jeune homme est un frère,
    que la chambre, la robe et les boucles d'oreille sont celles de la mère
    défunte. Je suis encore très près du début du film, mais cette préparation italienne, me permettra de le REGARDER EN FACE en anglais. C'est dommage, parce qu'on est moins dans un western
    que dans une tragédie grecque. Peut-être saurai-je en dire plus, pas sûr du tout (mais réparer des commutateurs avec cette histoire italienne en fond sonore n'est pas désagréable : on peut très bien
    "écouter" des films quand on a aimé les dialogues. Ma prochaine expérience sera "All about Eve". La diction est si magnifiquement
    caractérisée (Baxter, Sanders, Davis, sa merveilleuse habilleuse et les autres)

    RépondreSupprimer