mercredi 11 mai 2011

Demolition man



1993
alias : Le destructeur

Cinéaste: Marco Brambilla
Comédiens: Sylvester Stallone - Wesley Snipes - Sandra Bullock - Nigel Hawthorne

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en dvd

Pour quelles foutues raisons se peut-il qu'un être aussi exquis, subtil et merveilleux et grandiose que moi (mais si!) puisse aimer ce film? Parce que je l'aime bien, oui, ce film à la médiocrité consommée, quasi nanaresque (d'un coup d'un seul, la pertinence de ce "quasi" me semble suspecte)! Poser cette question n'est véritablement pas une figure de rhétorique, je m'interroge vraiment. Je ne saisis pas pourquoi une sorte d'affection résiste tellement aux années qui passent, à la férocité d'un jugement à peu près impartial que je peux arriver de temps en temps à formuler et surtout à de si nombreuses revoyures. A la rigueur, je crois même pouvoir affirmer que j'aime plus encore ce film aujourd'hui que lorsque je l'ai vu pour la première fois, dans des âges adolescents troublés par sans doute le mignon minois de Sandra Bullock.

Alors, c'est quoi-t-il donc? Certainement pas la vision crétine d'un monde futur aussi improbable -pour ne pas dire impossible- que schématique qui pourrait me séduire! Le discours écolo-libertaire simpliste à outrance est annoné avec la lourdeur pachydermique d'un roman s-f de gare torché par le premier écrivaillon, à la va-vite entre deux curages de nez encombré bar un gros rhube. Alors bien entendu, cela place le film du côté des mauvaises productions de série B d'antan (j'entends par là aux fructueuses années 60), lui donne des airs infantiles, bonasses et par conséquent peut produire un certain charme désuet. Pas faux. Probable. Une piste en tout cas.

D'autre part, il est certain que le thème du voyage dans le temps fait toujours partie de mes marottes, de ces sujets qui attirent immanquablement mon attention juvénile, presque de manière obsessionnelle. Cependant, il arrive, rarement, mais il arrive que je ne sois pas ravi par un de ces films. Ce n'est pas une raison suffisante à mon sens.

Il y a également le cas Sylvester Stallone.

Je ne suis pas à proprement parler fan du bonhomme et pourtant une part de sa filmographie me rattache inéluctablement à lui. Les Rambo sans contestation possible, les Rocky dans une moindre mesure et ce Demolition man en font un personnage attachant sans doute. Mais là on est dans la construction d'un lien tellement personnel, si difficile à expliciter et à partager, quelque chose qui a à voir avec le développement de l'individu autant que du cinéphile, avec les écrans de l'adolescence en somme. M'enfin, il me faut accepter l'idée que j'aime bien cet acteur malgré le fait que son registre de jeu soit assez restreint ; inconvénient qu'il a su magnifiquement éluder en axant la quasi intégralité de sa carrière sur son physique baraqué, imposant sa musculature comme un outil d'expression certes limité mais dont l'étendue s'est révélée tout de même universelle. C'est en soi un exploit qui n'est pas à la portée du premier Dolph Lundgren venu.

Quant à sa médiocrité de jeu, tout est relatif : il n'est ni Charlton Heston, ni Steve Reeves, sans doute à situer entre ces deux-là. Encore impressionnant dans "Rambo", il déroule sur "Demolition man" une prestation pas loin d'être correcte, presque bonne. Il s'essaie à teinter sa composition d'une pointe de comédie. L'effort est louable. Juste l'effort parce que le résultat fait un peu pitié. Dans les scènes d'action, il retrouve une maitrise virile et appuyée comme il se doit.

La confrontation avec un Wesley Snipes caricatural, système du mal sans faille humaine se suit sans grande palpitation, évidemment, selon un schéma ludique archi-connu fait d'explosions, coups de poings et de flingues, de verres et de mâchoires brisées. Ce n'est pas là non plus que j'ai trouvé quelque matière à m'enticher du film.

Alors Sandra Bullock? Je sais que la demoiselle est souvent -pour ne pas dire toujours- décriée, voire conspuée. Elle souffre d'une image de petite écervelée, bourgeoise sans saveur, une fadasse crétine. Il est vrai qu'elle a fait quelques choix professionnels douteux, comme cela arrive fréquemment à Hollywood mais je la trouve craquante. Bon, ça, à la limite, c'est une histoire intime qui ne peut se contrer mais, honte sur moi et ma famille jusqu'à la 10e génération, je la trouve également bonne comédienne. Non, non, sans déconner! Cela n'apparait pas évident sur ce "Demolition man", certes! Je vous le concède. Elle n'a pas non plus, loin de là, la maitrise technique, l'assurance d'une Ginger Rogers mais il y a quelque chose de pimpant, un dynamisme et un sourire frais, sincère qui m'émeuvent à chaque fois. Cela traduit quelque chose d'autre qu'une joie de vivre imbécile, celle de l'idiote du village, non, non, cette femme possède une force et un fond de jeu plus riche qu'il n'y parait. Je l'aime bien en tout cas. Comme Stallone. Voilà, il se dégage de ces deux-là des émotions qu'ils parviennent à partager avec une certaine facilité.

Non, décidément je ne vois guère d'éléments pouvant expliquer le sentiment qui m'anime devant cette petite merde de film.

On est d'accord que rien ne suscite la moindre activité intellectuelle et qu'il s'agit bien d'un lien plus émotionnel ou affectif, mais si flou que je peine à en dessiner la silhouette.

Peu m'importe après tout que le film soit foncièrement mauvais puisqu'il me fait passer un bon moment. N'est-ce pas là l'essentiel du cinéma? Ne peut-on pas aimer l'intelligence de "Ma nuit chez Maud", l'éprouvante violence de "Requiem pour un massacre" et la benête lourdeur de "Demolition man"? Chez moi oui en tout cas.

Trombi:
Nigel Hawthorne:

Benjamin Bratt:

Bob Gunton:

Lara Harris et Glenn Shadix:

Denis Leary (à droite):

Bill Cobbs:

Steve Kahan:

Andre Gregory:

Troy Evans:

Paul Perri:

Rosemarie Lagunas:

Rob Schneider:

Stewart Skelton:

Jack Black :

Dan Cortese:

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