samedi 7 novembre 2009

Columbo: Entre le crépuscule et l'aube



1974

Titre original : Columbo - Dawn's early light
Titre francophone : Columbo: Entre le crépuscule et l'aube

Saison 4, épisode 3

Réalisateur: Harvey Hart
Comédiens: Peter Falk - Patrick McGoohan

Notice Imdb

Vu en dvd




Très bon épisode. On l'apprend rapidement, de suite même. Le pré-générique est très particulier. Sans musique aucune, dans un silence seulement déchiré par le froissement d'un papier journal ou le débit de l'eau d'un robinet, on assiste à une drôle de besogne. Un homme transpire à grosse goutte au dessus d'un obus qu'il dévisse, dont il sort la poudre et la remplace par quelques barrettes de plastic. Cet homme est le n°6, Patrick McGoohan, les cheveux blancs, quelques rides mais l’œil toujours aussi vif et perçant, la mine encore plus impressionnante. Cette scène pré-générique est bien faite, percutante. Son traitement volontiers austère, à la rigueur militaire est à l'image de tout l'épisode.



Prenant place dans une académie militaire, l'enquête est menée par un Peter Falk différent, moins à l'aise devant cette figure de très grand médaillé. Comprenant que s'il veut nouer tous les liens de cette affaire, il doit s'imprégner de l'atmosphère qui règne dans ce lieu clos,

Columbo séjourne au milieu des cadets pendant quelques jours et apparaît alors un homme plus qu'un lieutenant. Souvent réveillé en plein milieu de la nuit ou dès potron-minet, c'est en débardeur, le cheveu hirsute et la mine pâteuse, que l'on découvre un type encore moins apprêté qu'à l'habitude, ce qui en soi relève de l'exploit.

Cette académie militaire offre une très belle scène pour un crime. Cet univers sévère et fruste où hiérarchie et autorité sont les clés de voûte d'un quotidien difficile condense à merveille les éléments dramaturgiques et esthétiques. L'architecture originale des lieux, à la fois moderne et classique, avec ses murs de chaux blancs, purs, ses escaliers en colimaçon, avec son dallage en échiquier évocateur, impose un jeu de silence et d'échos bien effrayants, propices à accentuer le suspense lugubre.

La réalisation -si elle n'avait eu la mauvaise idée d'y coller une photographie baveuse sur les extérieurs- s'approprie intelligemment les lieux, leur donne même une place, un rôle à jouer indéniable dans l’écheveau criminel que dépeint l'intrigue. C'est très finement écrit et réalisé.

En plus de cela, vient s'ajouter au joli tableau décrit jusque là une distribution très efficace. Pas besoin de présenter Patrick McGoohan qui dans les personnages froids et inquiétants ferait grelotter de jalousie n'importe quel iceberg. Maître redoutable, il dessine un être dont la discipline de vie confine à l'obsession ascétique et lui donne un sens, de manière imperturbable et sans la moindre réserve.

Personnage ô combien effrayant. Le bougre réussit la gageure de le faire sourire! J'ai beaucoup d'admiration pour ce comédien irlandais (ne vous fiez pas à son lieu de naissance, New-York).

Aficionado de la comédie romantique "Quand Harry rencontre Sally", je ne pouvais laisser passer la très bonne prestation de Bruno Kirby qui apparaît au générique sous le nom de Bruce Kirby Junior aux côtés de son père, Bruce Kirby Senior of course.

Pour en finir avec ce très bon épisode, on a droit à un dénouement tout aussi bon : irréfutable, formidablement spectaculaire et très bien lié au caractère du meurtrier.
Chapeau!
Képi, béret, casque, calot, etc.

Trombi:
Mark Wheeler:

Tom Simcox:
Burr DeBenning:

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