dimanche 26 août 2018

Stand by me



1986

Titre original : Stand by me

Cinéaste: Rob Reiner
Comédiens: River Phoenix - Wil Wheaton - Kiefer Sutherland

Notice SC
Notice Imdb

Vu à la télé

-------------------------------



Très jolie balade à laquelle nous invite Rob Reiner. Stand by me est un film de jeunesse, intelligent, empreint de nostalgie évidente et dont la mélancolie légère génère une poésie et une émotion d’une rare qualité.

Le film est la plupart du temps dans la suggestion ou pour être plus précis dans une contemplation suggestive. On suit quatre gamins le temps du voyage à pied le long d’un chemin de fer, partis à la recherche d’un cadavre en quête de célébrité, surtout en quête d’eux même bien évidemment. Voilà donc pour la trame classique du voyage initiatique.

On pense forcément à Mark Twain quand son Tom Sawyer affublé d’Huckleberry Finn fuguent et jouent aux pirates sur une île déserte du Mississipi. Fuir les parents, l’exclusion, essayer d’accepter sa singularité, sa bizarrerie, ces distinctions qui deviennent difficiles à assumer, surtout aux États Unis où le freak n’est pas chic, le malaise d’être un paria. Entre désœuvrement et la nécessaire solidarité de groupe, les gamins partent donc en quête d’un monde meilleur, en quelque sorte, d’un apaisement éventuel, d’un répit sans doute plus sûrement. Et la vie apporte son lot de désillusions, mais aussi de parenthèses enchantées où le rire, la cohésion et l’amitié rendent le reste tolérables. L’avenir est encore bon. Certains sont plus optimistes que d’autres, ou bien naïfs.

Le scénario de Raynold Gideon et Bruce A. Evans, tiré d’un ouvrage de Stephen King tellement propice aux thématiques de son auteur, respecte infiniment ses personnages, leur intelligence, leur sensibilité et la rude réalité qu’ils vivent.

La direction de ces jeunes comédiens est à ce propos véritablement impressionnante. Wil Wheaton et River Phoenix ont quelques scènes très compliquées à rendre crédibles, et ils s’en tirent vraiment bien. C’est peut-être un chouïa plus schématique pour Corey Feldman ou Jerry O'Connell, il est vrai. Mais l’on peut dire qu’il se dégage de leur jeu un naturel parfois très surprenant, toujours désarmant au final.

Stand by me est un très beau film poétique, flirtant avec les grands thèmes universels de la littérature américaine.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire