lundi 9 janvier 2012

L'exercice de l'Etat



2011
Alias: L'exercice de l'État

Cinéaste:Pierre Schöller
Comédiens:Olivier Gourmet -Michel Blanc -Zabou Breitman -Laurent Stocker -Jacques Boudet -Sylvain Deblé

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en salle

Je suis déçu dans la mesure où je ne pensais pas que le propos du film serait d'une telle banalité. "Faire de la politique corrompt les hommes ; même ceux qui paraissent les plus intransigeants, sont à la merci de vendre leur âme pour conserver ce pouvoir si chèrement acquis" : voilà en gros le postulat du scénario. Et ma foi, je ne crois pas être un horrible cynique en disant que ce discours est assez convenu, archi connu, et dit, et répété depuis la nuit des temps.

Alors certes, je n'irais pas jusqu'à dire que le film est mauvais, loin de moi cette pensée car les acteurs sont formidables, la mise en scène est bonne également.

D'autre part, si l'idée me semble faible, au moins est-elle présentée avec finesse : le changement politique et moral que connait le personnage d'Olivier Gourmet est traité avec réalisme et subtilité, tout en douceur, tout en crédibilité.

Évidemment, avec un acteur de cette envergure, le défi est plus facile à relever. Olivier Gourmet est un très grand acteur qui n'impose pas seulement son physique de bucheron et sa voix de stentor. Jaillit de son jeu une justesse époustouflante. J'ai d'ores et déjà beaucoup d'admiration pour ce type.

Dans un rôle un peu plus court que par le passé, Michel Blanc fait une prestation remarquée dans un personnage plus réservé, presque mutique, un fervent admirateur d'André Malraux et donc, finalement, le représentant d'une vision politique que de nos jours on voudrait croire plus morale, plus haute, plus honnête et désintéressée, plus pure peut-être et qui appartiendrait par conséquent à un passé lointain, révolu... On touche là au mythique. De quoi donner l'envie d'être cynique ou misanthrope. Miroir sans concession de sa propre fêlure pour celui d'Olivier Gourmet, ce personnage est donc extrêmement important. Michel Blanc le tient parfaitement.

La mise en scène réserve quelques agréables surprises, de l'inattendu heureux pour le spectateur, relançant l'intérêt pour le devenir des personnages, leurs trajectoires. Avec une direction d'acteurs convenable, le film trace sa route avec sobriété.

Non, le problème pour moi ne se situe pas là, mais bien dans la portée de cette histoire trop anodine, trop conventionnelle en fin de compte. Tout ça pour ça.

2 commentaires:

  1. Le film trace sa route... évidemment!
    Pour ma part, à côté des "banalités" que vous relevez, j'ai trouvé à ce film un rôle de décryptage intéressant pour ce qui touche à la préparation de la communication ministérielle, qu'il s'agisse de préparer une interview, d'avoir trouvé d'avance la p'tite phrase ou le lieu original que retiendront les média, de savoir sur quelle chaîne et dans quelle émission il faut s'exprime... ou d'utiliser les bons mots (qu'on vous souffle) au bon moment!
    (s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola

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  2. Moui, mais là encore, rien de neuf. On sait déjà que l'expression de l'exercice de l'Etat se manifeste d'abord ou sur la place publique sur le plan médiatique et communicationnel, plus que dans les actes, qui sont relégués (faute au politiquement correct) dans les arcanes, dans les officines, que les bruits des portes qui claquent remontent insensiblement, fort heureusement, mais pas des chemins bien compliqués, parce que l'accès à l'exercice de l'Etat commande toute une machinerie de charmes divers et variés. On le voit très bien en ce moment. On est en plein dedans. Bref, tout cela n'est pas un scoop. Je n'ai pas d'exemple précis, mais je suis sûr que d'autres l'ont déjà filmé.
    Reste que si ce n'est pas nouveau, la mise en scène est bien faite, que c'est très plaisant à voir, que Gourmet est toujours aussi captivant. J'aime quand même ce film, je déplore juste le manque de surprise.

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