jeudi 5 janvier 2012

Die hard



1988
Alias: Piège de cristal


Cinéaste:John McTiernan
Comédiens
:Alan Rickman -Bruce Willis -Bonnie Bedelia -William Atherton -Hart Bochner -James Shigeta

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en dvd

En revoyant ce film pour la 114e fois, je n'arrêtais pas de me dire à quel point John McTiernan est un cinéaste génial. Je lui vouerais volontiers un culte à ce type-là. Dans le genre étroit du film d'action, ce "Die Hard" se pose là, comme un monument!

La précision de la mise en scène est pour le moins époustouflante. L'invention dont fait preuve son metteur en scène place le film sur le podium des 3 meilleurs films d'action que j'ai vu. Je me demande même si ce n'est pas LE meilleur, tout bêtement. Après l'avoir vu tant et tant de fois, je n'ai toujours à déplorer aucune usure, aucun scorie, aucun motif à chouiner. Bien au contraire, je prends un plaisir presque enfantin à redécouvrir ce chef d'œuvre, un délice au tempo millimétré, à l'équilibre parfait.

Il ne me reste plus qu'à dégoter le film au format blu-ray et je pourrai profiter au maximum de cet exceptionnel habillage dont McTiernan sait à merveille parer son film : l'hymne à la joie censé représenter le snobisme du groupe terroriste européen porte très mal son nom. Un certain nombre de très profondes fosses au fond de l'océan Atlantique sépare les deux continents. Le scénario s'amuse à fustiger la condescendance des Européens à l'égard des Américains. Le fossé culturel s'élargit dans le fracas des armes, mais les mots et les allusions également constituent matière à rabaisser l'autre, le sauvage ou le guindé. L'orgueil démesuré de Hans (Alan Rickman) est une cible privilégiée qui pimente l'affrontement avec John McClane (Bruce Willis).

Bien entendu, le film charrie son lot de bonnes grosses ficelles, notamment le problème de couple que l'intrigue va se charger de régler dans les explosions et les tirs d'uzis ou bien la charge ultra-violente qui s'attache à la moindre scène d'action.

Les coups de poing évoquent le tabassage de barbaques dans les abattoirs à la mode Rocky Balboa. Les corps sont maltraités, ça se coupe, ça saigne, on a mal. Et le héros souffre et le spectateur serre les dents pour lui. Comme le dit le titre espagnol, il est dur à tuer.

Les dialogues n'emportent pas toujours la mise mais à certains moments ils parviennent à donner ce petit coup de pouce pour créer quelque peu l'atmosphère. Une once de légèreté dans un monde de brutes et le film reprend de l'altitude.

Je ne sais pas si c'est l'unicité du lieu, mais cette espèce de huis-clos dans la tour condense les appréhensions. L'unité de temps sur une soirée appuie cette sensation de course, où le temps est raccourci, haletant. Cette configuration scénaristique est tellement bien conduite que le récit apparait d'une évidence, d'une fluidité extraordinaire, qui décuple le plaisir à le suivre.

Film consubstantiel américain où un banal type devient un super-héros pour retrouver sa famille dans la violence et le mot cool approprié, liant New-York et Los Angeles, les USA et le Japon, Beethoven et Run DMC, blancs et noirs, ce "Die hard" est si bien potelé qu'on mord dedans avec avidité et que le jackpot poussera tout le monde à produire par la suite trois autres exemplaires, plus ou moins folichons.

Un dernier mot sur les deux héros du film : Alan Rickman d'abord, un anglais pur jus dont la face altière épouse à la perfection la vanité de son personnage, est un méchant gigantesque de perfidie et l'impose au pinacle des "mauvais garçons" de l'histoire du cinéma. Si! Chapeau bas!

Face à lui, Bruce Willis
ferait presque pale figure. Oh, ce serait exagéré que ça ne m'étonnerait qu'à moitié! Découvert pour ma part sur la petite lucarne de mon adolescence face à la blonde Cybill Shepherd, dans "Clair de lune", une série un peu folle et délicieusement jubilatoire, l'acteur faisait aussi bien le clown que le coup de poing, en héros belmondien, arrosé au bourbon et au rock'n roll, une figure attachante. Dans son registre finalement très limité, l'acteur est plutôt efficace. On ne lui demande pas la lune, alors profitons de ce qu'il sait faire, il le fait bien. Il récidive ici avec peut-être un peu plus de gravité, les enjeux premiers ne l'invitant guère à faire risette. Excellent, il n'en demeure pas moins qu'il aura du mal à sortir de ce rôle. Citez un autre grand film avec Bruce Willis...

Incontournable. Bâti avec les doigts des anges, ce film est un Sauternes, Château Yquem, meilleur millésime. Inestimable amour.

Trombi:
Bonnie Bedelia:

Reginald VelJohnson:

Paul Gleason:

William Atherton:

Hart Bochner:

James Shigeta:

Alexander Godunov:

De'voreaux White:

Andreas Wisniewski:

Clarence Gilyard Jr.:

Dennis Hayden:

Al Leong:

Robert Davi:

Grand L. Bush:

Hans Buhringer:

Matt Landers:

Dustyn Taylor:

Betty Carvalho:

David Ursin:

Kip Waldo:

Tracy Reiner:

Robert Lesser:

2 commentaires:

  1. "Citez un autre grand film avec Bruce Willis..."

    12 Monkeys ?
    The Sixth Sense ?

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  2. Si vous enlevez 12 monkeys, que vous retranchez Le 6e sens, que vous oubliez Sin City, que Die Hard 3 soit omis, qu'un obus éclate et vous fasse passer à côté de Pulp Fiction, que vous considériez qu'Hudson Hawk est une daube, et bien qu'est-ce qu'il reste? Pas grand chose. Pas un seul grand film!

    Bien entendu, pour dissiper tout malentendu, je tiens à signaler que je suis parfaitement conscient de mes limites subjectives. ;-)

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