samedi 30 mars 2013

Wreck-it Ralph


2012

Alias: Les mondes de Ralph

Cinéaste: Rich Moore

Notice SC
Notice Cinéprofil
Notice Imdb

Vu en dvd




J'ai été plutôt surpris de découvrir la présence de John Lasseter dans le staff des producteurs exécutifs. Mais finalement, cela explique bien des choses, notamment cette qualité dans le scénario. Peut-être même la relation qui relie Ralph et Vanellope. Elle ressemble énormément à cet attachement ravissant entre Jack Sullivan et Bouh dans "Monstres et cie".

Ici, c'est bien la thématique de plus en plus courante dans le cinéma américain des 20-30 dernières années qui voit exposée la richesse de la "différence". Tous ceux qui dépassent, tous ceux qui dérogent aux règles sociales élémentaires, qui échouent à entrer dans les petites cases établies de la communauté, apparaissent comme des monstres. Les freaks de Ted Browning ne sont plus des êtres difformes mais l'erreur est à situer plutôt dans le statut social déviant, l'attitude qui fait sortir du troupeau. Voilà ce qui rend désormais ignoble au yeux de tout le monde. Or, le cinéma entend démontrer le contraire. Peut-être qu'à force de voir des freaks prendre des armes et massacrer tout le monde, le problème apparait aujourd'hui comme une tragédie nationale incontournable. Rien d'irréprochable là dedans a priori. Mais peut-être aussi que la structure narrative qu'offre ce genre d'évolution de personnages devient une ritournelle bien attrayante, correcte et facile, avec rebondissements et pics émotionnels livrés clés en main? Faudrait voir à pas non plus s'avachir sur ses acquis, hm! Et c'est vrai que par moments, on a la nette impression que le film récite une histoire mille fois vue, qu'on connait maintenant par cœur.

Ce film met en scène un bon gars musclé, qui en a marre d'être le méchant d'un jeu vidéo et d'être considéré par conséquent comme une sous merde. Il rencontre dans sa révolte une petite fille qui bugue, qui pixelise sous le coup de l'émotion et qui connait donc le même problème d'exclusion. La souffrance qu'ils éprouvent est évoquée avec assez de délicatesse et de subtilité pour dégager des accents de sincérité qui ne peuvent pas vraiment laisser indifférent. L'émotion est joliment dessinée. Les couleurs, les formes, les textures sont suffisamment attrayantes de maitrise pour que les spectateurs soient charmés.
Pas sûr que ce soit un grand dessin animé cependant, parce qu'il passe par des chemins déjà défrichés auparavant avec plus de verve, notamment par Pixar comme je le disais en préambule. Reste qu'il offre un agréable moment de cinéma et que les bambins sont émus, c'est bien là l'essentiel.

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