mercredi 4 octobre 2017

Vidéo privées



1996

Titre original : Justine : Mon mari filmait mes ébats avec son caméscope...Autre titre: Justine : Vidéo privées.

Auteur: Ardem
Dessinateur: Ardem

Editeur: Media1000 - Dynamite

Notice Bédéthèque
Notice SC

Isbn:2-86564-852-4
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Une des premières œuvres de Ardem pour la collection de Media1000, me semble-t-il. Le style est déjà prometteur et toutes ses caractéristiques sont bel et bien présentes : l’humiliation est au centre de la problématique, l’héroïne glisse doucement de la pudibonderie à une sexualité assumée et surtout, les personnages s’interrogent sur la situation qu’ils vivent.

L’originalité de cette aventure vient du fait que tous les protagonistes sont en quelque sorte interviewés et en répondant comme face caméra (ou au lecteur en l’occurrence, l’impliquant de facto dans le récit). C’est là encore un procédé narratif que Ardem utilise fréquemment et avec justesse.

Les personnages livrent donc leur témoignage intime, rendent la lecture un peu plus crédible malgré l’outrance pornographique du propos et la présentation de rapports humains pour le moins tarabiscotés, extrêmes. En effet, cette histoire de frères qui se partagent la femme de l’un est particulièrement tordue et par conséquent un poil difficile à accepter. Comme toujours avec les scenarii d’Ardem, et plus généralement avec ceux du genre érotique qui par définition s’affranchissent allègrement des barrières sociales.

Mais Ardem réussit à faire passer la pilule en incluant dans son récit de nombreuses cases discursives, qui sortent de la continuité, comme des pauses, des temps de réflexion pour asseoir les possibilités de réalisme.

Par conséquent, la lecture reste plaisante, malgré le propos plus que obscène. Avec cette histoire, on atteint des seuils très élevés dans la pornographie (notamment avec l’urophilie de certains personnages). Aussi le fait que le lecteur soit vraiment immergé dans la lecture est très important, pour ne pas dire primordial en ce qui me concerne, moi qui aurait tendance à déguerpir, à sortir du récit quand cela dépasse mes limites.

Le dessin me plait toujours autant. Il n’y a guère de doute là dessus : j’aime toujours ce trait si caractéristique de Ardem. Et de fait, c’est ce qui me plaît le plus et me pousse actuellement à chercher ses autres œuvres bédé (signées Alain Mounier dès lors qu’elles sortent du cadre érotique).

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