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vendredi 23 juin 2017

Ambre, le banquet de Crassus



1991

Titre original : Ambre, le banquet de Crassus
Autre titre : Vae Victis tome 01

Auteur: Simon Rocca
Dessinateur : Jean-Yves Mitton

Editeur: Soleil noir

ISBN:2-87764-077-9

Notice SC
Notice Bédéthèque

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Mitton et Rocca se proposent de nous immerger dans l’Histoire antique et plus particulièrement dans les méandres bien compliqués de la guerre des Gaules. L’entreprise est osée tant les données politiques sont rendues compliquées par un grand nombre de peuples gaulois et germains impliqués, aux ambitions parfois diamétralement opposées.
Par conséquent, les Gaules sont un enchevêtrement dense de peuples aux diplomaties très difficiles à comprendre. D’ailleurs, l’album, malgré les efforts évidents concédés à éclaircir ce magma confus d’alliances, peine à trouver une réelle efficacité didactique. Devant ce style de planches très chargées en détails et en texte, comme condensées, le lecteur peut rester en retrait tant certains passages demeurent rébarbatifs.
Mais, a priori, je dirais que l’idée de prendre comme héroïne principale une gauloise et d’en faire le fil conducteur à travers cette histoire alambiquée me séduit d’emblée, prometteuse. Je suppose, vu le grand nombre d’albums à suivre, que la série réussit à asseoir ce personnage et à le mettre suffisamment en bien en scène pour cela perdure.
Le trait de Mitton est un trait ancien, qui rappelle celui qu’on voyait dans les petits formats des années 50 à 70, proche de l’école franco-belge, mais un peu moins rond, plus saillant et vif. On pense à Ric Hochet, à Rahan, etc, si l’on brasse large. J’aime beaucoup ce trait même s’il manque parfois de réalisme curieusement et surtout même s’il est très marqué par son époque. Je crois savoir que Mitton a travaillé dans les petits formats un temps. Rien d’étonnant donc.

Ce premier épisode est très linéaire, se bat continuellement avec ses soucis pédagogiques (si je puis dire) car il entend expliquer ce que sont les enjeux politiques à la veille du déclenchement de la guerre des Gaules. Tâche ingrate, ardue qui pèse d’un trop grand poids sur la lecture. Mais le trait plein de détails, bien que daté, me plait toujours autant.

jeudi 25 août 2016

Quetzalcoatl, Tome 1 : Deux fleurs de maïs



1997

Titre original : Quetzalcoatl, Tome 1 : Deux fleurs de maïs

Auteur: Jean-Yves Mitton
Dessinateur: Jean-Yves Mitton
Editeur: Glénat

ISBN: 2-7234-2321-2

Notice SC
Notice Bédéthèque

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Ce premier tome d’une longue série nous fait entrer de plein-pied dans une histoire qui regorge de violences, où la question fondamentale de la civilisation est posée avec force illustrations. La découverte de l’Amérique par une Europe encore baignée d’obscurantisme, on ne peut plus sûre d’elle même et gonflée de cette arrogance enracinée au cœur, cette découverte de cultures différentes est une catastrophe, pour les uns comme pour les autres, une confrontation de civilisations qui donne lieu à de multiples tragédies, un changement de paradigmes qui bouleverse de fonds en comble les certitudes de chacun.

C’est à ce choc que Mitton (au dessin comme au scénario) s’essaie avec cette série. Voilà un thème qui lui est cher : la conquête romaine, les Huns ou les Vikings sont l’objet d’autres séries de Mitton.

Ce premier tome commence par montrer doucement le fossé entre les Européens et les les Mexicains. La violence vient aussi bien des tribus mexicaines entre elles. Mais déjà le rapport colonial, avec la façon dont est traitée l’héroïne principale (“Deux fleurs de maïs” ou “Maïana”), montre bien la violence du sentiment de supériorité des Européens, violence politique autant que spirituelle et culturelle.

J’ai particulièrement apprécié la forme que fait prendre Mitton à son récit, en flash-backs, avec d’incessants allers-retours entre l’interrogatoire de Maïana et les souvenirs qu’elle évoque. Astucieux, ce récit est prenant.L’apport humoristique de certains personnages n’est peut-être pas des plus heureux. On comprend bien que l’auteur essaie d’aérer un peu son histoire, trop horrible, mais je ne suis pas certain qu’il y parvienne comme ça.

Quoiqu’il en soit, je suis heureux de retrouver du Mitton pur sucre : avec du sang et des larmes. L’histoire des conquistadores se prête merveilleusement à son univers bédé, si gourmand de turpitudes en tout genre, en tout “mauvais genre” devrais-je dire. J’ai hâte de mettre la main sur le tome 2.

vendredi 13 mai 2016

Chroniques barbares tome 1



1994

Titre : Chroniques barbares, tome 01

Auteur: Jean-Yves Mitton
Dessinateur: Jean-Yves Mitton
Editeur: Soleil productions

Notice SC

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Très bien équilibré, dans un scénario haletant heurtant l’Histoire à la violence, comme souvent avec les bédés de Mitton. La montée en pression est constante, mais la tension s’installe d’entrée avec le massacre du monastère.

Âpre, très violent, le récit ne s’interrompt que rarement. Peu de temps de respiration. L’invasion viking maintient le rythme. La panique des habitants, la cohue de la foule urbaine condensent toutes les angoisses. Ça tonne, ça hurle, la folie, la peur sont sur toutes les planches.


Ce premier tome est un cri continu et représente bien l’horreur qu’ont pu être ces événements, même si on imagine que Mitton concentre en un temps , en un lieu l’ensemble des monstruosités perpétrées à cette période.

Mais l’évolution du héros, le moinillon, recèle également une part d’humour qui, sans adoucir le propos, le rend plus attrayant. Je ne suis pas sûr que ce soit du cynisme. En tout cas, cet humour très noir, cramoisi, est bienvenu.


Associé à la pincée d’érotisme -habituelle chez Mitton- qu’apporte le personnage de Hilge, l’humour évoque la tradition farceuse, volontiers égrillarde du Moyen-Age. À l’évidence Mitton s’y essaie sciemment.

Le dessin me plaît toujours autant, bien qu’il ne soit en rien exceptionnel. J’aime ces grands plans d’ensemble, ces paysages auxquels Mitton s’adonne manifestement avec délectation. L’album en a quelques-uns de très beaux.

Ce premier tome entame la série sur des chapeaux de roues. Son final invite de façon naturelle à y retourner.

mercredi 20 avril 2016

Lupa la louve


1998

Attila... mon amour, tome 1
Lupa, la louve

Auteur: Jean-Yves Mitton
Dessinateur: Franck Bonnet
Editeur: Glénat

Notice SC


J'aime bien ce que fait Mitton : allier la grande Histoire à un conte anecdotique quelquefois crapoteux et rendre ainsi un récit âpre. L'Histoire devient rugueuse. Il rajoute par ici de la violence, par là une pincée d'érotisme. Mitton, c'est de la bédé historique label "mauvais genre" : ça sent le dessous de bras et c'est un peu pervers, comme un bon western spaghetti. L'humour n'est jamais bien loin non plus, malgré les horreurs décrites. On frôle les interdits tout en suivant un modèle formel des plus classiques.
En effet, moi qui adore l'école franco-belge, je suis servi. Que ce soit avec Rocca ou ici Franck Bonnet, le trait ressemble assez à ce qu'a fait Chéret sur Rahan. Il y a là un académisme, à l'ancienne, qui me plaît bien.

Concernant cette série sur Attila, je la découvre alors que je connais déjà Les chroniques barbares, Vae Victis et Quetzacoatl. J'avance donc en terrain à peu près connu.
Ce premier tome n'est pas des plus flamboyants, faut avouer. L'action est mollassonne, se déroulant essentiellement dans le camp d'Attila, sous sa tente même. Peu de mouvements, peu de ruptures. On cause beaucoup et le tempo paraît s'allonger.

Néanmoins, on ne s'ennuie pas pour autant. On reste attentif et curieux. En fait, on s'attend à ce que cela décolle, et de fait, la fin de l'histoire arrive si brutalement qu'on se trouve un peu con au bout, avec un "ah bon" maousse costaud. Petite frustration qui grandit alors quand on considère l'album dans son ensemble. Certes, il a bien présenté le personnage d'Attila et cette Lupa, mais guère plus.
C'est un album introductif très bref. J'aurais préféré plus de nerf pour entamer cette série.
Le dessin est fort correct. L'aspect formel historique m'a plu. Les détails font vrais, comme ce joli plan aérien du camp d'Attila par exemple. Les dialogues ne sont pas extraordinaires, mais ont le mérite d'être à peu crédibles ou du moins vivants, percutants.


Espérons que le deuxième tome sera un peu plus pêchu.