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dimanche 17 juin 2018

Didier



1997

Titre original : Didier

Cinéaste: Alain Chabat
Comédiens: Alain Chabat - Jean Pierre Bacri

Notice SC
Notice Imdb

Vu en dvd

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Didier a sur le papier  toutes les chances de se bananer en beauté, de tomber dans le ridicule du nanar ou pire, dans les oubliettes des navets improbables. Admettez qu’il faut un sacré culot pour oser faire un film où le public doit admettre qu’un chien est transformé en homme, plus encore que des personnages sensés prennent cela sérieusement en considération.

On n’est pas loin de la dégringolade quand Jean Pierre Bacri

réalise que ce type bizarre qu’il a retrouvé à poil un matin dans la panière du chien est effectivement le chien métamorphosé. Mais au-delà du comique de la scène, surtout du visage de Bacri quand il s’en rend compte, le jeu du comédien est d’une précision et d’un naturel qui forcent à la fois le respect et la conviction du spectateur. C’est sûrement l’atout maître sur lequel repose le film : le sérieux et la rigueur de Jean Pierre Bacri tout le long du film.

Je n’oublie pas  non plus le jeu particulièrement canin de Alain Chabat, notamment dans le regard. Cette façon d’entendre le sermon de son maître tout en feignant de ne pas l’écouter qu’ont les chiens qui se font engueuler est par exemple irrésistible (du moins pour qui a déjà eu un chien en tout cas). Et par conséquent, se joue un gentlemen agreement, une sorte de convention entre spectateurs et acteurs, l'acceptation d’une énormité ayant pour unique objectif de se divertir. Quand on a adhéré à ce postulat, le film fait le boulot.

Il est amusant aujourd’hui de voir que le film reste marqué par son époque, que ce soit dans la mode vestimentaire et capillaire mais également par l’habillage musical, très 90’s. Il est à parier qu’en continuant à prendre de la bouteille, le film gagnera en force documentaire sur les années 90.
Trombi:
Caroline Cellier:
Isabelle Gélinas:
Zinedine Soualem et Lionel Abelanski:
Claude Berri et Jérôme Seydoux:
Sylvie Lachat:
Constantin Alexandrov:
Josiane Balasko:
Serge Hazanavicius:
Jean-Marie Frin:
Chantal Lauby:
Michel Hazanavicius et Olivier Doran:
Michel Bompoil:
Nathalie Levy-Lang:
Michel Cordes:
Philippe Chany et Jacques Vincey:
Pierre Brichese:
Isabelle Alexis:
 Alex Berger: (droite, right)
Cathy Bouchentouf:
Eric Collado:
Dominique Besnehard:
Dimitri Radochevitch et Dieudonné:
Tanino Liberatore et Dominique Farrugia:

lundi 29 mai 2017

Gazon maudit



1995

Titre original : Gazon maudit

Cinéaste: Josiane Balasko
Comédiens: Josiane Balasko - Victoria Abril - Alain Chabat - Ticky Holgado

Notice SC
Notice Imdb

Vu en dvd

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Une éternité que je n’avais pas vu ce film dont je gardais un assez bon souvenir, notamment pour quelques joyeuses scènes entre Alain Chabat et Josiane Balasko. Je m’attendais pour tout dire à ce qu’il me donne l’impression d’avoir vieilli.

Or, à ma grande surprise, au delà bien entendu de son esthétique années 80 naturellement très marquée, je vois ce jour un film qui a de la tenue et un regard toujours contemporain. L’humour y est toujours aussi bon, percutant.

Construit sur le bouleversement très violent qu’un macho, un poil arriéré par définition, se voit contraint d’accepter, une véritable révolution dans son existence, le scénario joue sur cette douleur affective et narcissique.

Entre amour et ego meurtri, Alain Chabat 
aborde son rôle sur une large palette d’émotions. Il le fait avec assez de talent pour ne pas déborder et tomber dans la caricature, bien que ce péril soit si proche d’arriver.

De la même manière, Josiane Balasko
campe une homosexuelle très garçonne, mais non dénuée de sensibilité et donc avec une certaine dose de réalisme. D’aucuns diront qu’elle n’était pas obligée de la jouer aussi camionneur rustique, m’enfin, le parti pris résolument comique lui a sans doute commandé d’en rajouter dans le cliché pour heurter davantage son adversaire masculin du moment. Ça peut se comprendre.

Entre eux deux, la sauce espagnole au goût d’Avril printanier signe la Victoria d’une très belle actrice, mêlant sensualité et tendresse, passion et sourires. J’aime beaucoup Victoria Abril,
son explosivité, comme sa délicatesse, une grande comédienne. Almodovar ne s’y est pas trompé.

Hors de question d'oublier dans la distribution le superbe rôle attribué à un 4e larron tout aussi festif : Ticky Holgado.
Dans les seconds rôles français des années 90, cet acteur a su se faire une belle place. Avec Une époque formidable, peut-être s'agit-il là d'un de ses meilleurs rôles. Très émouvant, son personnage un peu paumé, naïf et gentil, très doux et con à la fois a de quoi toucher. Le comédien rond sait très bien le jouer, ajoutant quelque chose de merveilleusement délicat et qui n'appartient qu’à lui. Comment ne pas aimer Ticky Holgado? Je ne sais pas faire, désolé.

De ce quatuor émane une alchimie pétillante, un dynamisme dans les échanges comme dans l'enchaînement des situations qui assure à l'humour une place prépondérante mais pas non plus systématique : par moments, le film se laisse aller à d'autres émotions, notamment quand les personnages sont désemparés devant leur échec, leur souffrance.

Sur le plan technique ou de la mise en image, Josiane Balasko n'a jamais été une grande cinéaste, mais son film reste un objet très correct, sobre, propre. Rien de notable vient rehausser le film. Rien non plus vient le rabaisser. Balasko filme de façon très académique, sans bavure ni relief. Tout repose sur le talent des comédiens à donner de la vie à un scénario par ailleurs bien écrit, assez riche, vif et émouvant.

Trombi: